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ALEX BODI ȘI AMBASADORUL REPUBLICII SUDANUL DE SUD, GUM DOMINIC MATIOK, DISCUTĂ LA BERLIN DESPRE POSIBILITATEA ÎNFIINȚĂRII UNUI CONSULAT ONORIFIC LA BUCUREȘTI
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Pakistan: un tribunal suspend la condamnation de l'ex-Premier ministre Imran Khan
Un tribunal d'Islamabad a suspendu mardi la condamnation à trois ans de prison pour corruption de l'ancien Premier ministre pakistanais Imran Khan, selon l'un de ses avocats, mais il n'est pas certain que celui-ci sera immédiatement libéré.
"Le tribunal a accepté notre requête, ce qui revient à suspendre" la condamnation qui avait entraîné l'inéligibilité pour cinq ans d'Imran Khan, a indiqué à l'AFP l'avocat, Gohar Khan.
Le tribunal a également ordonné la remise en liberté sous caution de l'ex-Premier ministre, mais l'avocat a expliqué craindre que son client, qui est poursuivi dans plus de 200 affaires, soit immédiatement réarrêté.
"Nous avons présenté une requête séparée devant le tribunal lui demandant d'émettre une décision interdisant aux autorités de l'arrêter dans toute autre affaire", a-t-il ajouté.
"Si les autorités l'arrêtent à nouveau (...), cela ira à l'encontre de ses droits légaux", a-t-il insisté.
Imran Khan, chassé du pouvoir par une motion de censure en avril 2022, avait été condamné le 5 août à trois ans de prison pour corruption, et immédiatement emprisonné.
La Commission électorale l'avait écarté quelques jours plus tard pour ce motif de toute participation à des scrutins électoraux pendant cinq ans.
Accusé d'avoir reçu, lorsqu'il était au pouvoir, des cadeaux dont il a sous-estimé la valeur avant de les revendre au prix fort, l'ancienne star de cricket reconvertie en politique estime que ces poursuites sont motivées par des considérations politiques visant à l'empêcher de se représenter.
Les avocats de M. Khan ont annoncé mardi qu'ils se rendraient aussitôt à la prison de la ville d'Attock, à environ 60 kilomètres de la capitale Islamabad, où il est détenu.
Mais le commentateur politique pakistanais Omar Quraishi a déclaré à l'AFP qu'il "reste à voir si l'ancien Premier ministre sera libéré et s'il l'est, quand", en raison des nombreux dossiers auxquels il est confronté.
- Critiques contre l'armée -
M. Khan, 70 ans, est l'homme politique le plus populaire du Pakistan et accuse l'armée de chercher à l'empêcher de prendre part aux prochaines élections.
Il avait déjà été arrêté pour corruption en mai, et détenu pendant trois jours avant d'être libéré.
Son arrestation avait déclenché de violents affrontements entre les forces de l'ordre et ses partisans, qui avaient fait au moins neuf morts.
À la suite de sa libération, son parti, le Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI), a été la cible d'une campagne de répression avec des milliers d'arrestations, des actes d'intimidation et le musellement de la presse.
M. Khan avait accédé au pouvoir en 2018 grâce à une vague de soutien populaire, à un manifeste anti-corruption et au soutien de la puissante armée pakistanaise.
Lorsqu'il a été évincé, les analystes ont expliqué que c'était parce qu'il avait perdu le soutien des principaux généraux.
Après son éviction, M. Khan avait d'ailleurs émis des critiques sans précédent contre l'armée.
Il a plusieurs fois accusé un officier supérieur d'avoir comploté pour l'assassiner en novembre lors d'un meeting électoral, où il avait été blessé par balle à une jambe.
Les critiques directes à l'encontre de l'armée sont rares au Pakistan, car considérées comme une ligne rouge à ne pas dépasser, au risque de se retrouver dans le viseur de l'appareil sécuritaire.
Le Parlement a été dissous le 9 août et un gouvernement intérimaire, dirigé par des technocrates, a été chargé de superviser les prochaines élections.
Ce scrutin doit avoir lieu dans les 90 jours après la dissolution, selon la Constitution. Mais le gouvernement a laissé entendre qu'il pourrait être repoussé, car la commission électorale a besoin de temps pour redessiner les limites des circonscriptions électorales après la publication des données du dernier recensement effectué en mai.
O.Lorenz--BTB