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A Tourcoing, Gérald Darmanin réunit ses soutiens... et Elisabeth Borne
Gérald Darmanin réunit dimanche ses soutiens dans son fief de Tourcoing (Nord), une fête revendiquée "populaire" à laquelle s'est invitée in extremis Elisabeth Borne, alors que LR fera sa rentrée au même moment dans les Alpes-Maritimes.
Samedi après-midi, la cheffe du gouvernement a tranché: "Elle s'y rendra", a confirmé son entourage. Sa présence à l'événement organisé par le ministre de l'Intérieur a longtemps été incertaine, tant le raout nordiste doit refléter les ambitions de Gérald Darmanin pour 2027.
Car le locataire de la place Beauvau a pris de court l'ensemble de la classe politique en affichant au début du mois son intérêt pour la prochaine présidentielle. "Le fait est que dans (quatre) ans, une victoire de Madame Le Pen est assez probable. Face à cela, il ne nous faudra qu'une ou un candidat", a-t-il lancé jeudi, en accusant au passage la majorité de ne pas assez écouter les "classes populaires".
La veille, Elisabeth Borne lui avait fait remarquer que "2027, c'est bien loin", énième manifestation d'agacement de celle qui vient de la gauche à l'endroit de l'ex-cadre de LR.
En faisant le voyage à Tourcoing, la cheffe du gouvernement tente ainsi d'affadir les velléités sécessionnistes de Gérald Darmanin. "Elle y va pour appeler les uns et les autres à l'unité", souligne l'un de ses proches. Au risque de donner l'impression de l'adouber? "Il voit sa présence comme un signe de reconnaissance du débat d'idées qu'il a lancé", s'est en tout cas empressé de faire savoir l'entourage du ministre.
Jean-Luc Mélenchon, en pleine université d'été de son parti, a lui aussi pris le temps de commenter: "Elisabeth Borne assume la centralité de Gérald Darmanin. À Tourcoing, l'après Macron est commencé", a-t-il estimé sur le réseau social X.
"C'est la fin de Renaissance", le parti macroniste, a observé le chef du Parti socialiste Olivier faure. "Je l'ai toujours dit, il va rassembler la droite et l'extrême droite", a-t-il ajouté avant de prédire: "ils vont se dévorer mutuellement, ça va être sanglant".
L'événement a déjà engrangé une centaine de retours positifs parmi les parlementaires, tandis qu'une dizaine de membres du gouvernement doit également faire le déplacement, dont le ministre du Travail Olivier Dussopt.
Au MoDem de François Bayrou, qui goûte peu la stratégie de M. Darmanin, seul le député Philippe Vigier devrait être présent.
- Ciotti dans les Alpes-Maritimes -
Sur le fond, entre les stands de saucisse-frites-bière, trois thèmes doivent être abordés à Tourcoing: travail, écologie et autorité.
Le discours de celui qui avait rejoint Emmanuel Macron au lendemain de sa victoire de 2017 entend donc s'adresser aux "classes populaires", à l'instar de Nicolas Sarkozy lors de sa conquête de l'Elysée il y a plus de quinze ans. Le mentor politique, jamais renié, lui a d'ailleurs apporté un soutien appuyé dans son dernier livre.
Mais Gérald Darmanin sait également se faire iconoclaste: il cite régulièrement l'Insoumis François Ruffin, chantre des questions sociales, ou le patron du PCF, Fabien Roussel. Les deux ont toutefois protesté de cette tentative d'association.
Quid de LR? Quelques élus Les Républicains - dont Julien Dive et Alexandre Vincendet - doivent également se rendre dans le Nord au meeting de leur ancien compagnon. Dans le même temps, se déroulera la rentrée politique du patron du parti de droite, Eric Ciotti dans les Alpes-Maritimes.
A l'exception du président du Sénat, Gérard Larcher, les principaux ténors du parti - notamment Laurent Wauquiez, Bruno Retailleau, Olivier Marleix, Rachida Dati ou David Lisnard - doivent se rendre au Cannet, près de Cannes, afin de transmettre un message d'unité.
Selon son entourage, Eric Ciotti entend "exprimer ses attentes" avant la grande réunion prévue mercredi par Emmanuel Macron avec tous les chefs de partis politiques, quelques jours après l'idée d'un recours au référendum évoquée par le président de la République.
Or, Eric Ciotti plaide depuis plusieurs mois pour "redonner la parole aux Français" sur l'immigration.
Mais une consultation populaire sur la question ne semble pas à l'ordre du jour du gouvernement, un projet de loi devant être présenté à l'automne. Avec, pour le porter, un certain Gérald Darmanin.
O.Bulka--BTB