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La Corée du Nord clouée au pilori sur les droits humains au Conseil de sécurité de l'ONU
La Corée du Nord a été clouée au pilori jeudi au Conseil de sécurité de l'ONU pour ses "violations atroces" des droits humains contre sa population qui lui permettent de développer ses programmes d'armements nucléaires et balistiques, malgré des sanctions internationales.
A la demande des Etats-Unis qui président en août le Conseil de sécurité, une réunion publique de deux heures a été exclusivement consacrée aux "violations" des droits fondamentaux par le régime de Pyongyang. Une première depuis 2017.
Entourée de diplomates de plus de 50 Etats, au siège des Nations unies à New York, l'ambassadrice américaine Linda Thomas-Greenfield a dénoncé dans une déclaration commune à la presse "des violations et atteintes aux droits humains liées de manière inextricable aux armes de destruction massive et au développement de missiles balistiques de la RPDC", la République populaire démocratique de Corée, son nom officiel.
En séance publique au Conseil, le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme Volker Türk, via une liaison vidéo, avait auparavant jugé que les "violations" des libertés et droits par la Corée du Nord "soutenaient la croissance de la militarisation" du régime communiste.
Par exemple, a détaillé M. Türk, "le recours à grande échelle au travail forcé -- y compris de prisonniers politiques, d'écoliers pour les récoltes --, la confiscation des salaires de travailleurs à l'étranger, tout cela soutient l'appareil militaire de l'Etat et sa capacité à fabriquer des armes".
Le Conseil a aussi invité un jeune "représentant de la société civile", qui a fui la Corée du Nord et s'est réfugié en Corée du Sud.
Lisant un texte en anglais, Ilhyeok Kim a dénoncé "l'isolement" et les "punitions" de la population nord-coréenne, "le sang et la sueur" du peuple pour "la vie luxueuse des dirigeants".
"Mais le gouvernement n'en a cure, il se soucie uniquement de préserver son pouvoir en développant des armes nucléaires", a affirmé le jeune homme.
"Les violations et atteintes des droits humains que vous venez de relater sont si atroces qu'elles sont inimaginables", lui a répondu, émue, l'Américaine Thomas-Greenfield, fustigeant "le contrôle totalitaire et répressif de la société par (le dirigeant nord-coréen) Kim Jong Un".
La Russie, qui comme la Chine était opposée à cette réunion du Conseil, a dénoncé par la voix de son ambassadeur adjoint Dmitry Polyansky "le cynisme et l’hypocrisie des Etats-Unis et de leurs alliés".
La Corée du Nord est soumise depuis 2006 à des sanctions internationales, accrues à trois reprises en 2017.
Les mesures prises cette année-là à l'unanimité par le Conseil de sécurité pour contraindre Pyongyang à interrompre ses programmes d'armements nucléaire et balistique limitent notamment ses importations de pétrole.
Depuis 2017, le Conseil est désuni face à la Corée du Nord.
En mai 2022, Pékin et Moscou avaient mis leur veto à de nouvelles sanctions et aucune résolution ou déclaration du Conseil n'ont été adoptées depuis, malgré plusieurs tirs de missiles nord-coréens.
I.Meyer--BTB