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ALEX BODI ȘI AMBASADORUL REPUBLICII SUDANUL DE SUD, GUM DOMINIC MATIOK, DISCUTĂ LA BERLIN DESPRE POSIBILITATEA ÎNFIINȚĂRII UNUI CONSULAT ONORIFIC LA BUCUREȘTI
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Afghanistan: les autorités talibanes célèbrent le deuxième anniversaire de leur retour au pouvoir
Le gouvernement taliban doit marquer mardi le deuxième anniversaire de sa prise de contrôle en Afghanistan par un défilé militaire dans le lieu de naissance du mouvement, ainsi que par d'autres célébrations de son retour fracassant au pouvoir.
Les drapeaux de l'Emirat islamique d'Afghanistan, nom donné au pays par ses nouveaux dirigeants, flottent aux points de contrôle de sécurité de la capitale, tombée le 15 août 2021 lorsque le gouvernement soutenu par les Etats-Unis s'est effondré et que ses dirigeants se sont exilés.
Au cours des deux années qui ont suivi, les autorités talibanes ont imposé leur interprétation austère de l'islam dans le pays, les femmes subissant durement les lois qualifiées par les Nations unies d'"apartheid des sexes".
Le défilé, comprenant des dizaines de véhicules militaires et d'armes laissés par les forces internationales après un retrait chaotique de plusieurs semaines, est prévu à Kandahar, berceau du mouvement taliban et d'où le chef suprême reclus, Hibatullah Akhundzada, gouverne par décret.
Ailleurs, des convois de talibans doivent parcourir les rues de Herat (ouest), et à Kaboul, le ministère de l'Education organisera une célébration dans une école d'un quartier de la ville où étaient autrefois rassemblés des diplomates aujourd'hui peu nombreux, le gouvernement taliban n'étant toujours pas reconnu officiellement par un autre pays.
La communauté internationale continue de se demander comment et si elle doit s'engager avec les autorités talibanes, les restrictions des droits des femmes - qui sont exclues de la vie publique ainsi que des voies d'accès à l'emploi et à l'éducation - constituant un obstacle majeur dans les négociations sur l'aide et la reconnaissance.
Un groupe d'experts de l'ONU a dénoncé lundi les promesses non tenues faites par les autorités talibanes d'instaurer un régime plus souple que celui qu'elles avaient mis en place lors de leur premier passage au pouvoir, de 1996 à 2001.
"Malgré les assurances données par les autorités talibanes de facto selon lesquelles toute restriction, notamment en termes d'accès à l'éducation, serait temporaire, les faits sur le terrain ont démontré l'existence d'un système accéléré, systématique et global de ségrégation, de marginalisation et de persécution", ont pointé les experts dans un communiqué.
- "Retrouver leur liberté" -
A l'approche de cet anniversaire, les femmes afghanes ont exprimé leur peur et leur désespoir face à la perte de leurs droits, certaines ayant organisé de petites manifestations, le visage masqué pour beaucoup d'entre elles.
Les Afghans ont également fait part de leur appréhension face à la crise économique et humanitaire qui sévit depuis la prise du pouvoir des autorités talibanes, avec l'assèchement de l'aide et l'imposition de sanctions.
Rahatullah Azizi, un agriculteur de 35 ans, explique à l'AFP qu'il avait l'habitude de vivre de ses récoltes, mais qu'il a désormais "juste assez à manger".
Il exprime toutefois son soulagement quant à l'amélioration de la situation en matière de sécurité, notant qu'il peut désormais circuler librement la nuit sans craindre d'être agressé.
Mais si la sécurité s'est considérablement améliorée au cours des deux dernières années, l'Etat islamique reste une menace, et les tensions se sont accrues avec le Pakistan en raison d'une augmentation des attaques dans les zones frontalières partagées par les deux pays.
Les autorités talibanes se sont engagées à ce que le territoire afghan ne soit pas utilisé par des groupes armés étrangers pour organiser des attaques dans d'autres pays, mais cela reste une pierre d'achoppement.
Pendant que certains Afghans célèbrent la fin des combats et le règne des autorités talibanes, d'autres y voient un sombre anniversaire.
"Toutes les filles et les femmes d'Afghanistan veulent retrouver leur liberté", met en avant Hamasah Bawar, une ex-étudiante.
P.Anderson--BTB