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ALEX BODI ȘI AMBASADORUL REPUBLICII SUDANUL DE SUD, GUM DOMINIC MATIOK, DISCUTĂ LA BERLIN DESPRE POSIBILITATEA ÎNFIINȚĂRII UNUI CONSULAT ONORIFIC LA BUCUREȘTI
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Pakistan : un sénateur peu connu nommé Premier ministre intérimaire jusqu'aux élections
Un sénateur, plutôt méconnu, de la province la moins peuplée du Pakistan, a été nommé samedi Premier ministre par intérim du pays, en attendant la tenue d'élections dans plusieurs mois.
Anwaar-ul-Haq Kakar, 52 ans, originaire de la province du Baloutchistan (sud-ouest), a été choisi par le gouvernement de coalition sortant pour diriger le pays en proie à une crise politique, depuis qu'Imran Khan été chassé de son poste de Premier ministre en avril 2022.
"Nous avons d'abord convenu que quel que soit le Premier ministre, il devrait être issu d'une plus petite province, de manière à ce que les revendications des plus petites provinces soient traitées", a déclaré samedi le chef de l'opposition pakistanaise, Raja Riaz Ahmad, à l'issue d'une réunion avec le Premier ministre sortant, Shehbaz Sharif.
Le Premier ministre par intérim devra diriger le Pakistan jusqu'aux prochaines élections générales et provinciales prévues en novembre. Certains responsables ont néanmoins dores et déjà annoncé qu'elles seraient reportées à l'année prochaine.
M. Kakar "a une carrière politique limitée et ne pèse pas lourd dans la politique pakistanaise", a souligné l'analyste politique Hasan Askari Rizvi, interrogé par l'AFP.
"Cela peut être un avantage car il n'a pas d'affiliation forte avec les principaux partis politiques, mais "l'inconvénient", selon l'analyste, "c'est qu'il pourrait avoir du mal à faire face aux problèmes auxquels il sera confronté, sans le soutien actif de l'establishment militaire".
- Sévère répression -
Le climat politique est particulièrement tendu au Pakistan depuis que Imran Khan a été chassé du pouvoir et a mené une campagne sans précédent contre la puissante institution militaire. Le week-end dernier, le septuagénaire a été condamné pour corruption à trois ans de prison et incarcéré.
Imran Khan, qui n'a pas le droit de se présenter aux élections pendant cinq ans, a fait appel de sa peine et de sa condamnation.
Ces derniers mois, les autorités ont sévèrement réprimé le parti de M. Khan, le Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI). Des heurts meurtriers avaient éclaté en mai entre ses partisans manifestant par milliers dans la rue et les forces de l'ordre. La quasi-totalité des dirigeants du PTI avaient été arrêtés ou contraints de se cacher.
En ayant suivi des cours à l'université de la Défense nationale - anciennement l'école de guerre de l'armée -, M. Kakar serait proche de l'institution militaire, selon l'analyste Ayesha Sidiqqa. "Il semble que l'establishment ait frappé un coup et trouvé quelqu'un qui veillera à ses intérêts plutôt qu'à ceux des politiciens", a-t-elle estimé.
Mercredi, le Parlement a été officiellement dissous et des élections doivent être organisées dans les 90 jours, conformément à la constitution, mais la diffusion le weekend dernier des données du dernier recensement pourrait les repousser.
Le gouvernement a indiqué que la commission électorale avait besoin de temps pour redessiner les limites des circonscriptions électorales, même si la commission électorale n'a pas fait de commentaire direct.
- Poids de l'armée -
Interrogé à la télévision pour savoir si un vote aurait lieu cette année, le ministre de l'Intérieur, Rana Sanaullah, a répondu "non".
Le mois dernier, le parlement a adopté à la hâte une loi donnant au gouvernement intérimaire plus de pouvoir pour négocier avec des organismes internationaux tels que le Fonds monétaire international. Un indice supplémentaire laissant présager qu'il pourrait rester en place pendant un certain temps.
Certains analystes pensent que ce délai pourrait donner du temps aux principaux partenaires de la coalition, à savoir la Pakistan Muslim League-Nawaz (PML-N) et le Pakistan Peoples Party (PPP), pour affûter une stratégie contre le parti de M. Khan.
"Retarder l'élection pourrait simplement irriter davantage le public et galvaniser une opposition qui a déjà souffert de mois de répression", souligne cependant Michael Kugelman, directeur de l'Institut de l'Asie du Sud au Wilson Center.
Les Etats-Unis ont fait savoir mercredi qu'ils suivaient avec inquiétude la situation au Pakistan, craignant que des violences puissent éclater à l'approche des élections.
Au Pakistan, derrière toute élection se cache l'armée, qui a organisé au moins trois coups d'Etat réussis depuis que le pays a été forgé à partir de la partition de l'Inde en 1947.
M. Khan a bénéficié d'un véritable soutien populaire lorsqu'il est arrivé au pouvoir en 2018, mais les analystes estiment que ce n'était qu'avec la bénédiction des puissants généraux du pays, avec lesquels il se serait brouillé dans les mois qui ont précédé son éviction.
R.Adler--BTB