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ALEX BODI ȘI AMBASADORUL REPUBLICII SUDANUL DE SUD, GUM DOMINIC MATIOK, DISCUTĂ LA BERLIN DESPRE POSIBILITATEA ÎNFIINȚĂRII UNUI CONSULAT ONORIFIC LA BUCUREȘTI
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Niger : les militaires au pouvoir s'en prennent à la France à la veille d'un important sommet
Les militaires qui ont pris le pouvoir par un coup d'Etat à Niamey ont accusé mercredi la France, normalement un allié du Niger, d'avoir libéré des jihadistes et violé l'espace aérien du pays, à la veille d'un important sommet sur cette crise.
Les dirigeants des pays membres de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao), opposés au coup d'Etat au Niger, donnent toujours la priorité à la diplomatie, tout en maintenant la menace d'intervention armée.
Ils doivent se réunir jeudi lors d'un sommet de la Cedeao à Abuja, la capitale du Nigeria, pour évaluer la situation au Niger.
Mercredi soir, un ex-émir de l'Etat de Kano (nord du Nigeria) et proche du président nigérian Bola Tinubu, qui dirige actuellement la Cedeao, a tenté une médiation avec le régime militaire à Niamey.
"Nous avons parlé avec le chef de l'Etat", le général Abdourahamane Tiani, nouvel homme fort du Niger, et "nous allons retourner au Nigeria pour transmettre au président" Bola Tinubu un "message" du général, a déclaré l'ex-émir, Sanusi Lamido Sanusi, à la télévision nationale nigérienne.
Mardi, une délégation conjointe de la Cedeao, de l'Union africaine (UA) et de l'ONU n'avait pu se rendre à Niamey, sa mission ayant été annulée par les militaires pour des raisons de "sécurité", face à la "colère" des "populations".
Le report de la visite de cette délégation s'ajoutait à un autre signe de défiance des nouveaux dirigeants nigériens: la nomination lundi soir d'un Premier ministre civil, Ali Mahaman Lamine Zeine, qui semble être la première étape vers la désignation d'un gouvernement de transition.
S'envolant pour Abuja mercredi soir, le président de Guinée-Bissau Umaro Sissoco Embalo a lancé: "Le seul président que nous reconnaissons (au Niger), c'est (le président renversé Mohamed) Bazoum".
"Si vous ne voulez pas d'un gouvernement ou d'un président, sanctionnez-le par les urnes (...) Les coups d'Etat doivent être bannis", a-t-il ajouté, estimant que la Cedeao, dont son pays et le Niger font partie, jouait son existence après les putsch dans trois autres Etats membres (Mali, Guinée, Burkina Faso) depuis 2020.
- Inquiétudes pour Bazoum -
Les Etats-Unis ont exprimé mercredi leur inquiétude à propos des conditions de détention du président Bazoum, détenu depuis le coup d'Etat du 26 juillet dans sa résidence présidentielle.
"Nous sommes fortement inquiets pour sa santé et sa sécurité ainsi que celle de sa famille", a déclaré le porte-parole du département d'Etat Matthew Miller, à la suite d'un appel entre le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken et M. Bazoum.
Selon M. Miller, les inquiétudes des Etats-Unis sur la santé du dirigeant étaient l'une des raisons pour lesquelles l'adjointe par intérim du secrétaire d'Etat, Victoria Nuland, avait cherché à rencontrer le président Bazoum lors d'un déplacement inopiné au Niger lundi - en vain. Mme Nuland avait rencontré certains auteurs du coup d'Etat, une réunion à laquelle n'a pas participé le général Abdourahamane Tiani. Les discussions "ont été extrêmement franches et par moment assez difficiles", avait-elle reconnu.
Le Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS) de M. Bazoum a affirmé que le président était séquestré sans eau ni électricité et vivait sur des réserves.
Mercredi, le régime militaire a accusé la France d'avoir violé dans la matinée l'espace arien nigérien, fermé depuis dimanche, avec un avion de l'armée française venu du Tchad, et d'avoir "libéré des terroristes".
Sans faire de lien direct avec cette "libération" de jihadistes, mais dans un même communiqué, le régime nigérien a annoncé que, mercredi matin, "la position de la garde nationale de Boukou", dans la zone des trois frontières entre Niger, Burkina Faso et Mali, "a fait l'objet d'une attaque" dont "le bilan n'est pas encore établi".
"Nous assistons à un véritable plan de déstabilisation de notre pays", affirme le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) au pouvoir à Niamey, dont le but est de le "discréditer" et de "créer une rupture avec le peuple qui le soutient, de créer un sentiment d'insécurité généralisée".
Des accusations aussitôt démenties par Paris. "Le vol effectué ce matin (mercredi) a été autorisé et coordonné avec l'armée nigérienne", a indiqué à l'AFP une source gouvernementale française. "Et aucun terroriste n'a été libéré par les forces françaises".
- Mali et Burkina solidaires -
La France, régulièrement vilipendée lors de manifestations en Afrique de l'Ouest, a fait savoir mardi de source diplomatique qu'elle appuyait "les efforts des pays de la région pour restaurer la démocratie" au Niger.
Plusieurs dignitaires et ministres nigériens ont été arrêtés, le dernier en date connu étant mardi le fils de l'ambassadrice du Niger en France, Aïchatou Boulama Kané, qui avait refusé d'abandonner son poste en dépit de l'injonction des militaires ayant pris le pouvoir.
Le Mali et le Burkina Faso, également dirigés par des militaires ayant pris le pouvoir par la force respectivement depuis 2020 et 2022, ont de leur côté affiché leur solidarité avec le Niger. Ils ont affirmé que si le pays était attaqué par la Cedeao, ce serait "une déclaration de guerre" pour eux.
Mardi, ils ont adressé des lettres conjointes à l'ONU et à l'UA en en appelant à leur "responsabilité" pour empêcher "toute intervention militaire contre le Niger dont l'ampleur des conséquences sécuritaires et humanitaires serait imprévisible".
burx-bam/mba
D.Schneider--BTB