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EDF: des résultats semestriels jeudi et bien des défis financiers à venir
EDF dévoile jeudi ses résultats du 1er semestre, forte du redémarrage de plusieurs de ses réacteurs nucléaires mais toujours contrainte par de gigantesques besoins de financement et une dette abyssale.
Le groupe a connu un printemps plus serein en termes de capacités de production, avec des problèmes de corrosion sur certains de ses réacteurs en cours de traitement, et, pour ses barrages, un niveau, à cette époque de l'année, plus favorable que l'an dernier.
En 2022, la production nucléaire de l'énergéticien avait chuté à 279 terawattheure (TWh), son plus bas niveau depuis 30 ans, sur fond de difficultés industrielles (découverte du problème de corrosion et décalage des calendriers de maintenance pour cause de Covid).
Dans un message publié vendredi en ligne, EDF a confirmé qu'elle atteindrait entre 300 et 330 TWh cette année, visant 335 à 365 en 2025. Le tout ne pourra venir que de ses 56 réacteurs existants, mis en service entre 1979 et 2002, puisque les nouveaux réacteurs EPR2 ne sont espérés au mieux qu'à partir de 2035.
L'Etat, qui a renationalisé à 100% le groupe désormais retiré de la Bourse, met la pression sur l'entreprise et son patron, Luc Rémont, arrivé il y a moins d'un an.
La ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher insiste sur un objectif de 400 TWh en 2030.
"400 TWh en 2030, c'est l'objectif que vous vous fixez maintenant et que nous allons retenir notamment pour juger la performance opérationnelle des dirigeants de la maison EDF", a-t-elle spécifié lundi à l'occasion d'une visite à la centrale du Bugey dans l'Ain, choisie par le gouvernement pour accueillir deux futurs réacteurs.
"Nous allons bâtir un plan d'investissement destiné à nous ramener le plus proche possible de 400 TWh", avait anticipé Luc Rémont, le 19 juillet lors d'une audition à l'Assemblée nationale.
- Défis herculéens -
Outre le vieillissement de son parc, l'électricien doit gérer un empilement de dossiers industriels et financiers complexes, liés au lancement de nouveaux projets de réacteurs et à la nécessité de financer aussi l'essor de sa production renouvelable (éolien et solaire).
EDF va devoir doper ses investissements à 25 milliards d'euros par an, un niveau "sans commune mesure" dans son histoire, a prévenu Luc Rémont.
Il y a la facture du "grand carénage", le programme qui vise à moderniser et prolonger la durée de vie des centrales au-delà de 40 ans, dont le coût réévalué avoisine les 66 milliards d'euros.
Le gouvernement porte aussi un programme de six à 14 réacteurs EPR, estimés à 51,7 milliards d'euros pour les six premiers.
Comment les financer? EDF, lestée d'une dette de 64,5 milliards d'euros en 2022, ne peut le faire seule.
Plusieurs options sont avancées, dont des prêts à taux zéro et la mobilisation du livret A, a listé récemment le gouvernement, promettant, par la voix du ministre de l'Economie Bruno Le Maire, de consulter la représentation nationale en vue d'une décision d'ici à fin 2024. Le tout en ayant l'aval de Bruxelles, généralement peu favorable aux aides d'Etat.
Surtout, le gouvernement et EDF vont devoir s'accorder sur le prix du nucléaire, au moment où le premier vient de décider la fin du bouclier tarifaire qui allégeait la facture énergétique des Français.
Le PDG d'EDF a déjà fait savoir qu'il considérait comme une source de "sous-rémunération de l'entreprise" le système actuel, imposé par Bruxelles et consistant à le contraindre à vendre de l'électricité à bas prix à ses concurrents. Ce mécanisme dit de l'Arenh doit toutefois s'éteindre au 1er janvier 2025.
L.Janezki--BTB