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Tentative de coup d'Etat au Niger, le président Bazoum retenu
Une tentative de coup d'Etat est en cours mercredi au Niger où le président Mohamed Bazoum est retenu par des membres de la garde présidentielle après des pourparlers ayant échoué.
"C’est avec stupeur et consternation" que la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest (Cédeao) "a pris connaissance de la tentative de coup d’Etat au Niger", indique un communiqué de l'organisation régionale qui "appelle les auteurs de cet acte à libérer immédiatement et sans condition le président de la République démocratiquement élu".
Une source proche de la présidence interrogée par l'AFP a affirmé que cette tentative était "vouée à l'échec".
"Au terme des pourparlers, la garde présidentielle a refusé de libérer le président, l'armée lui a lancé un ultimatum", a déclaré une autre source proche de la présidence sous couvert de l'anonymat, à la suite d'un "mouvement d'humeur" de membres de la garde présidentielle qui ont bloqué l'accès de la présidence à Niamey.
Dans un message publié sur Twitter, rebaptisé "X", ensuite supprimé, la présidence du Niger avait indiqué que "des éléments de la garde présidentielle (GP) ont engagé un mouvement d'humeur anti-républicain et tenté en vain d'obtenir le soutien des forces armées nationales et de la garde nationale".
"L’armée et la garde nationale sont prêtes à attaquer les éléments de la GP impliqués dans ce mouvement d’humeur s’ils ne reviennent pas à de meilleurs sentiments", ajoutait la présidence en affirmant que "le président de la République et sa famille se portent bien".
Des soldats, le doigt sur la gâchette, debout ou assis dans des pick-up équipés de mitrailleuses, étaient visibles devant le siège de la télévision publique à Niamey et dans les rues y menant, sans toutefois entraver la circulation, a constaté un journaliste de l'AFP.
Aucun dispositif militaire particulier n'était en revanche visible dans le quartier de la présidence, la circulation y était normale et aucun coup de feu n'a été entendu.
Dans les premières heures de la matinée, l'accès à la présidence avait été bloqué en raison du mouvement des membres de la GP.
"Il s'agit d'un mouvement d'humeur de la garde présidentielle, mais des pourparlers sont en cours avec le président" Mohamed Bazoum, avait alors indiqué une source proche de la présidence avant d'annoncer qu'ils avaient échoué.
- Putschs avortés en 2021 et 2022 -
Aucune information n'a dans un premier temps filtré sur le contenu de ces "pourparlers".
"J’ai parlé au président et à des amis ministres, ils vont bien", a déclaré un député du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS, au pouvoir), Kalla Moutari.
Le Niger, pays partenaire privilégié de la France dans le Sahel en proie à la violence jihadiste dans plusieurs parties de son territoire, est dirigé par le président démocratiquement élu Mohamed Bazoum, au pouvoir depuis avril 2021.
L'histoire de ce pays vaste, pauvre et désertique est jalonnée de coups d'Etat.
Depuis l'indépendance de cette ex-colonie française en 1960, il y en a eu quatre: le premier en avril 1974 contre le président Diori Hamani, le dernier en février 2010 qui a renversé le président Mamadou Tandja. Sans compter les tentatives de putsch, nombreuses.
Le 31 mars 2021, le gouvernement nigérien avait annoncé l'arrestation de plusieurs personnes après une tentative de coup d'Etat présumée, deux jours avant la prestation de serment du président Mohamed Bazoum.
Le "cerveau" présumé de cette tentative de coup d'Etat, Sani Gourouza, un capitaine de l'armée de l'air, avait été arrêté au Bénin voisin et remis aux autorités nigériennes.
En avril 2022, Ousmane Cissé, ancien ministre nigérien de l'Intérieur d'un régime de transition militaire (2010-2011) avait été écroué pour son implication présumée dans ce putsch raté.
Une arrestation "également en lien avec un dernier coup d'Etat déjoué en mars 2022, alors que le président Bazoum se trouvait en Turquie", selon un officiel nigérien, mais les autorités n'avaient pas communiqué publiquement sur ce deuxième putsch manqué.
En février, M. Cissé a été relaxé faute de preuves, mais cinq des militaires présentés comme les principaux meneurs de la tentative de putsch de 2021, ont été condamnés à 20 ans de prison, dont Sani Gourouza.
En janvier 2018, neuf militaires et un civil avaient été condamnés par un tribunal militaire nigérien à des peines de cinq à quinze ans de prison pour avoir tenté de renverser en 2015 l'ex-président Mahamadou Issoufou, prédécesseur de Mohamed Bazoum.
Parmi les militaires condamnés figurait le général Souleymane Salou, ancien chef d'état-major et ex-membre de la junte qui avait renversé le président Mamadou Tandja.
E.Schubert--BTB