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En Ouzbékistan, une présidentielle taillée pour le sortant Mirzioïev
Le dirigeant sortant de l'Ouzbékistan, Chavkat Mirzioïev, a voté dimanche lors d'une présidentielle anticipée, promise à cet homme de 65 ans, au pouvoir depuis 2016 dans le pays le plus peuplé d'Asie centrale.
Le scrutin avait déjà été reconnu valide dans la matinée par la Commission électorale de cette ex-république soviétique riche en gaz, à la position stratégique au coeur de la région.
D'après la même source, près de 70% des 19,2 millions d'électeurs avaient voté à 17H00 locales (12H00 GMT).
Cette présidentielle sans réel suspense, dont les résultats préliminaires devraient être connus lundi, a été convoquée par M. Mirzioïev dans la foulée du référendum constitutionnel du 30 avril, adopté par plus de 90% des électeurs.
Devant consacrer le projet de "Nouvel Ouzbékistan" plus juste, mantra du président affiché partout, le scrutin du 30 avril a également validé le passage du quinquennat au septennat et autorise Chavkat Mirzioïev à se représenter pour deux mandats supplémentaires.
Des mesures qui permettent au dirigeant de rester théoriquement au pouvoir jusqu'en 2037, après avoir été Premier ministre entre 2003 et 2016.
- "Médicaments gratuits" -
L'issue du vote fait peu de doute : tous les Ouzbeks rencontrés par l'AFP ont assuré qu'ils donneraient leur voix au dirigeant sortant, qui fait face à trois candidats méconnus.
"J'espère que Chavkat Mirzioïev sera le futur président, pour qu'il accélère la lutte contre la corruption, qu'il remarque les problèmes que nous avons avec l'écologie", témoigne Nodira Khidoïatova, cheffe d'entreprise de 57 ans, rencontrée à la sortie d'un bureau de vote, où, comme partout, les isoloirs ne comportent pas de rideaux et les bulletins n'ont pas d'enveloppes.
Et pour les électeurs ne pouvant se déplacer, l'urne est apportée à domicile, a observé l'AFP, tandis que les médias étatiques montrent des images où des flots de personnes se déplacent dans les bureaux de vote, parfois en dansant et en chantant.
Après avoir voté à domicile, Moukhaio Andourazzokova, 84 ans, espère que le "futur président s'occupe des retraités, en fournissant gratuitement des médicaments, et aux jeunes", dans un pays à majorité jeune et à la forte croissance démographique.
Quant à Rousibou Guibadoullina, vendeuse de rue à Krasnogorsk, elle aimerait "demander au président candidat Mirzioïev que la jeune génération puisse se reposer dans des camps de vacances l'été, comme sous l'Union soviétique", dans cette ancienne cité minière où une fresque murale des années cinquante à la gloire de l'URSS est visible sur un immeuble de la place principale.
- Coupure de gaz -
Car les difficultés économiques persistent malgré les progrès, avec de nombreux Ouzbeks devant se rendre en Russie pour nourrir leurs familles.
Soudeur de 40 ans habitant Tachkent, Sounnat Touïtchiev attend du nouveau président qu'il règle les "problèmes de gaz", après un hiver marqué par des coupures à répétition et "améliorer la qualité des routes".
A l'international, l'objectif affiché de M. Mirzioïev est de poursuivre sa politique d'ouverture afin d'attirer des investissements étrangers, en rupture avec le quart de siècle d'isolement de l'Ouzbékistan sous Islam Karimov, dont il était le Premier ministre.
Mais en interne, le paysage politique n'a que peu évolué, avec seulement cinq partis autorisés, tous soutenant peu ou prou la politique présidentielle.
Et ce scrutin ne fait pas exception, avec un immense favori qui fait face à des concurrents quasi-inconnus, bien que les programmes et affiches, en ouzbek et en russe, soient répartis de façon équitable entre les candidats.
Une formule déjà éprouvée lors les scrutins dans les ex-républiques soviétiques d'Asie centrale et pointé du doigt par l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) qualifiant la campagne de "discrète, reflétant l'absence d'opposition au président sortant".
Et des ONG ont critiqué la répression de rares manifestations contre un amendement constitutionnel en juillet 2022 dans le nord du pays, ayant fait 21 morts selon le bilan officiel.
M.Ouellet--BTB