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Libye: Haftar veut une répartition équitable des revenus pétroliers avant fin août
Khalifa Haftar, l'homme fort de l'Est de la Libye, a appelé lundi à une répartition équitable des recettes pétrolières, donnant jusqu'à fin août pour que ce soit fait.
Une "Haute commission chargée de mettre en place les dispositions financières en vue d'une gestion équitable des fonds publics" et des revenus pétroliers doit être mise en place, a indiqué le maréchal Haftar lors d'une allocution lundi devant des officiers de son armée, réunis à son quartier général à Rajma (25 km à l'est de Benghazi).
Il a annoncé "un délai jusqu'à fin août pour que cette commission complète sa mission". Faute de quoi, "les forces armées seront prêtes à répondre aux instructions le moment venu", a-t-il prévenu sans donner plus de précisions.
Dotée des réserves de pétrole les plus abondantes d'Afrique, la Libye est plongée dans le chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011 et secouée par des divisions entre l'est et l'ouest du pays.
Deux gouvernements s'y disputent le pouvoir depuis plus d'un an: l'un installé à Tripoli (ouest) et reconnu par l'ONU, dirigé par Abdelhamid Dbeibah, l'autre dans l'Est, soutenu par le très puissant maréchal Khalifa Haftar.
Les recettes du pétrole, principale source de revenus du pays et très souvent au coeur des querelles entre camps rivaux, sont en revanche gérées par la Compagnie nationale de pétrole et la Banque centrale, basées à Tripoli.
Le 24 juin, Oussama Hamad, chef du gouvernement parallèle installé dans l’Est, avait menacé de bloquer les exportations d'hydrocarbures, exigeant une saisie des revenus pétroliers gérés par ses rivaux dans l'Ouest.
Dans un message fin juin sur Twitter, l’ambassadeur des Etats-Unis Richard Norland a "exhorté les acteurs politiques libyens à renoncer aux menaces d'un blocage pétrolier, hautement néfaste à l'économie libyenne et aux Libyens".
Le message de Washington a été mal reçu par le camp de l'Est, qui y voit une ingérence dans les affaires internes des Libyens, et qualifié "d'insulte" par le maréchal Haftar.
"Les ambassadeurs de certains pays, surtout le dénommé Norland (...) ont échoué à contribuer à la solution de la crise libyenne et ont, au contraire, approfondi les différends entre Libyens", a-t-il lancé lors de son discours diffusé lundi par la chaîne Libya al-Hadath.
"Cessez de fourrer votre nez dans les affaires des Libyens", qui finiront par s'entendre sans vos "ingérences", a-t-il fustigé sous les applaudissements de ses officiers.
M.Ouellet--BTB