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Sixième jour de combats au Soudan où l'ONU veut une trêve pour la fin du ramadan
Explosions et tirs ont secoué jeudi Khartoum, au sixième jour des combats meurtriers entre l'armée soudanaise et les paramilitaires menés par deux généraux rivaux, sans répit malgré les appels à une trêve pour la fin du ramadan vendredi.
Réagissant pour la première fois depuis le début des hostilités, le général , chef de l'armée, a affirmé qu'il n'y aurait pas "de discussions politiques" avec son rival , dit "Hemedti", à la tête des Forces de soutien rapide (FSR): soit il cesse de "vouloir contrôler le pays", soit il se fera "écraser militairement".
Après une réunion virtuelle avec l'Union africaine, la Ligue arabe et d'autres organisations régionales, le patron de l'ONU Antonio Guterres a appelé à un cessez-le-feu d'"au moins trois jours" pour l'Aïd el-Fitr, la fête qui marque vendredi la fin du jeûne musulman du ramadan.
Depuis le 15 avril, les affrontements, principalement dans la capitale et la région du Darfour (ouest), ont fait "plus de 330 morts et 3.200 blessés", selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). Des explosions ont aussi retenti jeudi à El-Obeid, à 350 kilomètres au sud de la capitale.
Mais Tagrid Abdine, une architecte de 49 ans à Khartoum, n'est "pas optimiste". "Ca fait trois ou quatre fois qu'on annonce un cessez-le-feu mais les deux camps ne l'ont jamais respecté", dit-elle à l'AFP.
"On aimerait que les combats s'arrêtent pour l'Aïd, mais on sait que ça n'arrivera pas", se lamente de son côté Abdallah, un autre habitant de la capitale.
Dans la métropole de plus de cinq millions d'habitants, de nombreuses familles ont épuisé leurs dernières victuailles et n'ont plus d'électricité ni eau courante. Certaines se pressent sur les routes pour fuir raids aériens et combats de rue.
- Balles perdues -
"A 4h30 du matin, on a été réveillés par les raids aériens. On a fermé toutes les portes et les fenêtres parce qu'on a peur d''une balle perdue", raconte à l'AFP un autre habitant de Khartoum, Nazek Abdallah, 38 ans.
A quelques dizaines de kilomètres de là, la vie suit son cours et des maisons s'ouvrent pour accueillir les déplacés. Traumatisés, ils ont roulé ou marché des heures durant.
Pour se mettre à l'abri, ils ont dû subir les questions ou les fouilles des hommes postés aux check-points des FSR du général Daglo et de l'armée du général Burhane, chef de facto du Soudan depuis le putsch qu'ils ont mené ensemble en 2021.
Surtout, ils ont dû progresser au milieu des cadavres qui jonchent les bords de route et éviter les zones les plus dangereuses, repérables aux colonnes de fumée noire qui s'en échappent.
Entre 10.000 à 20.000 personnes, en majorité des femmes et des enfants, sont passés au Tchad voisin, selon le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).
Des deux côtés, pleuvent les annonces de victoire et les accusations mutuelles, impossibles à vérifier sur le terrain tant le danger est permanent.
L'armée de l'air, qui vise les bases et les positions des FSR disséminées dans les zones résidentielles, n'hésite pas à larguer des bombes, parfois au-dessus d'hôpitaux, ont témoigné des médecins.
- Militaires américains déployés -
En cinq jours, "70% des 74 hôpitaux de Khartoum et des zones touchées par les combats ont été mis hors d'usage", selon leur syndicat: bombardés, ils n'ont plus aucun stock pour opérer ou bien des combattants en ont pris le contrôle, chassant médecins et blessés.
Dans la capitale, "des enfants sont cachés dans des écoles et des garderies au milieu des combats et des hôpitaux pour enfant ont été forcés d'évacuer face aux frappes aériennes", ajoute l'Unicef.
Les humanitaires ont pour la plupart été forcés de suspendre leur aide, cruciale dans un pays où plus d'un habitant sur trois souffre de la faim en temps normal.
Trois employés du Programme alimentaire mondial (PAM) ont notamment été tués au Darfour au début des combats.
Au milieu du chaos général, l'Egypte est parvenue, via une médiation des Emirats arabes unis, à évacuer "177 de ses soldats" stationnés sur une base aérienne du Nord, selon les deux pays.
Et 27 autres, capturés par les paramilitaires puis remis à la Croix-Rouge, sont à l'ambassade à Khartoum, selon l'armée égyptienne.
Jeudi, les Etats-Unis ont annoncé dépêcher des militaires dans la région du Soudan pour faciliter une éventuelle évacuation de leur ambassade.
C.Meier--BTB