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L'Union européenne trouve un accord sur une nouvelle génération d'OGM
Les députés européens et les Etats membres de l'UE ont scellé un accord dans la nuit de mercredi à jeudi pour autoriser des plantes issues de nouvelles techniques génomiques (NGT) dans l'agriculture au sein de l'Union.
Qualifiées de "nouveaux OGM" par leurs détracteurs, ces NGT permettent de modifier le génome d'une plante mais sans introduire d'ADN étranger, contrairement aux OGM de première génération.
Les semences obtenues par NGT sont donc bien des organismes génétiquement modifiés mais ne sont pas "transgéniques".
Variétés résistantes à la sécheresse ou aux maladies, moins gourmandes en pesticides, blé pauvre en gluten... Les grands syndicats agricoles soutiennent ardemment ces biotechnologies, qui inquiètent les organisations environnementales.
Au Parlement, l'eurodéputée suédoise Jessica Polfjärd (PPE, droite), rapporteure de ce texte, s'est réjouie d'une "avancée majeure".
- Changement climatique -
"Cette technologie permettra de cultiver des plantes résistantes au changement climatique et d'obtenir des rendements plus élevés sur des surfaces plus réduites", a-t-elle assuré.
Le centriste français Pascal Canfin a lui aussi salué une "excellente nouvelle", avec "davantage de solutions" face aux pénuries d'eau.
Le compromis scellé dans la nuit assouplit les règles actuelles pour une partie des NGT, dites de catégorie 1, qui, sous réserve d'un nombre limité de mutations, seront considérées comme équivalentes aux variétés conventionnelles.
Les NGT résistantes aux herbicides ou produisant des insecticides ne seront pas autorisées sur le marché, au nom de la durabilité.
Et dans l'agriculture biologique, aucune NGT ne sera autorisée.
L'autorité européenne de sécurité alimentaire (EFSA) s'était montrée favorable à l'approche de Bruxelles visant à autoriser une partie des NGT.
Plus prudente, l'agence sanitaire française, l'Anses, avait quant à elle préconisé dans un avis de 2024 une évaluation "au cas par cas" des "risques sanitaires et environnementaux" avant toute mise sur le marché.
Le débat sur ces biotechnologies est tendu en Europe, où cette technique "d'édition" génomique était jusqu'ici classée dans la catégorie des OGM, tous interdits à la culture, à l'exception du maïs Monsanto 810, cultivé sur de petites surfaces en Espagne et au Portugal.
La simplification des règles était réclamée par la puissante organisation agricole Copa-Cogeca, comme par les grands semenciers, au nom de la compétitivité européenne face aux Etats-Unis et à la Chine, qui autorisent les NGT.
Le Copa-Cogeca, qui regroupe les syndicats agricoles majoritaires, appelait à "libérer le potentiel" des NGT afin de placer "l'Europe sur un pied d'égalité avec ses principaux concurrents".
- Absence d'étiquetage -
Des organisations environnementales et le secteur de l'agriculture biologique dénoncent à l'inverse une pente dangereuse, qui pourrait faire "courir des risques majeurs pour notre agriculture et notre alimentation", avance l'ONG Pollinis.
L'une de ses responsables Charlotte Labauge pointe notamment l'absence d'étiquetage dans les produits finaux, "une atteinte grave aux droits fondamentaux des consommateurs" selon elle.
D'après l'accord, la présence de NGT de catégorie 1 devra figurer sur les sacs de semences achetés par les agriculteurs, mais pas dans l'étiquetage du produit final.
Les débats se sont éternisés de longs mois au sein de l'Union européenne sur cette question de la traçabilité ainsi que sur les brevets dont pourront bénéficier ces NGT.
Les eurodéputés et certains Etats membres redoutaient que ces brevets viennent déstabiliser le secteur agricole.
Des ONG mettent aussi en garde contre une concentration de brevets onéreux aux mains de multinationales, au détriment de petits agriculteurs.
Au Parlement, le socialiste français Christophe Clergeau a critiqué le compromis scellé dans la nuit. "On joue aux apprentis sorciers, on enlève aux consommateurs leur liberté de choix" et "on jette les agriculteurs dans les bras de grands groupes internationaux", a-t-il affirmé à l'AFP.
Cet accord doit désormais être approuvé une dernière fois par les Etats membres et le Parlement européen, pour entrer en vigueur.
Entre la phase de test des nouvelles variétés et leur commercialisation, il faudra plusieurs années avant que des aliments produits avec des NGT arrivent dans les assiettes des Européens.
C.Koch--VB