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Bas-Rhin: un mineur de 14 ans interpellé après l'agression d'une enseignante
Une enseignante a été agressée au couteau mercredi au collège de Benfeld (Bas-Rhin) par un de ses élèves de 14 ans, qui se trouve entre la vie et la mort après s'être lui-même poignardé dans le cou au moment de son arrestation.
L'adolescent "de presque 15 ans", fasciné par les armes et le nazisme, "a été héliporté, il a été opéré, il est actuellement sédaté pour au moins 48 heures et ses jours sont en danger", a indiqué la procureure de la République de Strasbourg, Clarisse Taron.
La victime, une professeure de musique, sexagénaire, a été blessée au visage. Mercredi en fin d'après-midi elle était hors de danger, mais toujours hospitalisée, notamment "pour assurer son suivi psychologique", a poursuivi la magistrate.
L'adolescent, sans antécédents judiciaires et qui n'était pas signalé comme un élève violent, l'a agressée vers 8h00, au moment où elle entrait en salle de cours avec une autre classe. Il a vite pris la fuite, sans s'en prendre à d'autres personnes.
Deux enquêtes ont été ouvertes, l'une pour tentative d'homicide sur personne chargée d'une mission de service public, l'autre sur les conditions d'interpellation du collégien, même si "le parquet n'a pas d'inquiétude particulière sur le comportement des forces de gendarmerie", selon Clarisse Taron.
Interpellé alors qu'il avait pris la fuite à vélo, l'adolescent s'est porté des coups de couteau au cou au moment où il a été rattrapé. "Il ne s'est pas montré menaçant avec les gendarmes", a précisé le général Gwendal Durand, chef de groupement de la gendarmerie du Bas-Rhin.
- "Fascination vis-à-vis d'Hitler" -
En situation de handicap, l'adolescent avait été placé alors qu'il était encore bébé. Il avait été victime de violences de la part d'une famille d'accueil qui a été condamnée en 2024, a précisé la procureure.
La ministre démissionnaire de l'Education nationale, Elisabeth Borne, a précisé qu'il avait "écopé d'une sanction disciplinaire avec une exclusion temporaire" du fait de sa "fascination vis-à-vis d'Hitler, vis-à-vis aussi des armes".
"En début de semaine, il a de nouveau dessiné des symboles 'SS' sur un cahier et une procédure disciplinaire était prévue", a-t-elle ajouté.
Le mineur, en classe de 3e, était "très suivi par l'équipe éducative de l'établissement" et "en fragilité scolaire", a précisé à l'AFP un porte-parole du rectorat.
Les faits ont eu lieu peu après le début des cours dans une classe du collège Robert Schuman de Benfeld, une ville d'environ 6.000 habitants. Cet établissement de quelque 720 élèves n'est pas en zone "REP ni REP+" et "la grande majorité des parents" sont issus de catégories socio-professionnelles "assez élevées", a témoigné auprès de l'AFP une enseignante du collège, qui a demandé l'anonymat. Cependant "comme dans tout collège, il y a des éléments perturbateurs", a-t-elle ajouté.
José, 16 ans, ancien élève de l'établissement qui a suivi les cours de l'enseignante, se dit "choqué". "Elle a vraiment toujours le sourire, et je comprends pas comment on a pu faire ça à une personne si bienveillante, si gentille", dit-il à l'AFP.
Une cellule d'urgence a été activée pour accompagner les collégiens et les personnels. Les cours doivent reprendre jeudi, selon la ministre.
Ce drame est un "événement isolé", survenu dans un "collège calme qui a un encadrement exemplaire", a estimé Jacky Wolfarth, maire de la ville.
- Santé mentale -
Pour Jean-Rémi Girard, président du syndicat enseignant Snalc, "on sait qu'il y a des élèves qui peuvent péter des câbles". Après la crise du Covid, "il y a eu des effets sur la santé mentale de nos élèves", et donc de l'"inquiétude" chez les professeurs.
"Ce drame ne doit pas devenir un fait divers de plus ni être instrumentalisé dans des polémiques ou récupérations politiques indignes", a réagi de son côté Morgane Verviers, secrétaire générale de l'UNSA Education dans un communiqué.
Selon un rapport remis fin août au gouvernement, on constate que depuis 2016 "20% des mis en cause porteurs d'une arme sont des mineurs, avec 3.000 jeunes par an" interpellés en possession d'une arme blanche.
Pour lutter contre ce fléau, l'ancien Premier ministre François Bayrou avait demandé la mise en place d'un "protocole" de détection des problèmes de santé mentale dans tous les établissements scolaires à partir de cette rentrée, sans débloquer toutefois de nouveaux moyens.
Depuis plusieurs mois, la police mène des fouilles aléatoires de sacs devant les collèges ou lycées.
A.Zbinden--VB