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Le diesel atteint de nouveaux records aux Etats-Unis, renforçant l'inquiétude sur le coût de la vie
Alors que le coût de la vie est le principal sujet de campagne pour les élections de mi-mandat aux Etats-Unis, le prix du diesel, largement utilisé dans les transports et l'agriculture, a atteint vendredi un nouveau record.
Ce carburant a ainsi atteint 5,85 dollars (5 euros) le gallon (3,8 litres), selon les données publiées par l'association automobile américaine (AAA), battant le record précédent qui remontait à 2022, alors en contrecoup de l'invasion russe de l'Ukraine.
Les prix de l'énergie ont bondi depuis le déclenchement par les Etats-Unis d'une guerre contre l'Iran, Téhéran ayant notamment riposté en bloquant le détroit d'Ormuz, axe maritime majeur pour le transport d'hydrocarbures.
S'ils ont depuis reflué - comparé au plus au plus haut atteint début avril, au plus fort du conflit -, les cours du pétrole brut restent autour de 90 dollars le baril.
Mais ce sont surtout les capacités de raffinage qui posent question: les raffineries du Golfe ont subi plusieurs attaques ces derniers mois et les navires transportant du pétrole ou ses dérivés sont moins nombreux à franchir le détroit qu'avant le conflit.
Dans le même temps, les attaques ukrainiennes sur les raffineries russes a fait chuter la production de produits raffinés provenant de cette région, réduisant un peu plus la disponibilité.
Conséquence: le problème est mondial et les prix des carburants augmentent partout: le litre de sans plomb au Royaume-Uni a ainsi atteint 163 pence (environ 1,90 euro) et le diesel 185 pence (2,15 euros) vendredi, au plus haut depuis la début de la guerre au Moyen-Orient, et les prix devraient encore augmenter, estime le Club automobile britannique RAC.
En France, le SP95-E10, carburant le plus consommé, a atteint 2,090 euros le litre, au plus haut là encore depuis le début de la guerre, selon un calcul de l'AFP à partir de données gouvernementales.
Fin juillet, le patron d'ExxonMobil, Darren Woods, expliquait sur CNBC que l'industrie faisait face à "des contraintes de capacité des raffineries".
"Les prix à la pompe sont établies par la demande et la livraison des produits raffinés, pas du brut", entraînant dans le contexte actuel une décorrélation entre prix du pétrole et de l'essence, avait-t-il ajouté.
- Pression sur l'inflation -
Pour tenter de combler ce déficit, les raffineries américaines tournent à 98% de leurs capacités.
Mais dans le même temps, selon plusieurs experts, des pays tels que la Chine ou l'Inde, autres producteurs majeurs de produits raffinés, limitent volontairement l'exportation de leurs productions.
Dans les stations-service américaines, l'essence ordinaire est aussi repartie à la hausse ces derniers temps, à 4,15 dollars le gallon en moyenne. Cela reste néanmoins inférieur au record pour cette catégorie (5,05 dollars), qui avait également été touché en 2022, selon l'association.
La question du diesel est d'autant plus sensible aux Etats-Unis que le carburant est consommé à 75% par le secteur des transports et 14% par les industries et l'agriculture, la consommation des ménages étant comparativement minime, selon les données de l'administration américaine de l'énergie (EIA).
Les transports et l'industrie sont d'ores et déjà des secteurs concernés par une forte hausse de leurs coûts, rappelait mercredi la Réserve fédérale américaine (Fed), dans sa revue régulière sur les conditions économiques du pays, le "Livre beige".
Les Américains doivent d'ores et déjà faire face à une inflation persistante, à 3,4% en juillet selon l'indice CPI, et le maintien des coûts de l'énergie à un niveau élevé ne laisse pas entrevoir de répit sur ce front, même si les entreprises admettent avoir de plus en plus de difficulté à répercuter ces coûts sur le prix final.
Selon l'Alliance américaine des épiceries indépendantes, le carburant représente entre 15% et 30% du total des coûts pour certains produits alimentaires.
"C'est très négatif pour la profession", a pointé Derrick Austin, agriculteur de Caroline du Nord (est) interrogé par l'AFP, d'autant que "les prix des engrais vont rester élevés jusqu'au moins l'année prochaine à cause du détroit d'Ormuz".
"Nous devons récupérer le maïs et le soja dans les champs et planter le blé", a-t-il ajouté, "c'est très décourageant".
B.Wyler--VB