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Cheval de course : la possibilité "d'acheter une patte" sans être millionnaire
Rothschild, Wertheimer, Aga Khan ou encore Tony Parker: sans faire partie de ces grandes fortunes propriétaires de haras, il est possible pour plusieurs milliers d'euros d'acquérir un cheval de course ou d'"acheter une patte".
Durant les ventes de yearlings (pur-sang d'un an révolu) à Deauville qui se déroulent de samedi à lundi, plus de 300 chevaux seront présentés aux enchères, qui avaient atteint l'an dernier des records avec la vente d'une pouliche à 3 millions d'euros.
Un investissement "passion" qui ne garantit aucune rentabilité, préviennent les professionnels. "Est-ce que je peux vous dire que j'ai gagné de l'argent en 40 ans aux courses? Non", assure à l'AFP le président de France Galop, organisme chargé du contrôle de la filière des courses de galop, Guillaume de Saint-Seine, qui compare cet investissement avec l'achat d'art contemporain.
"Pour dire que +vous avez une patte+", il est possible de devenir propriétaire en indivision en achetant au minimum 5% d'un cheval, explique-t-il.
Il faut pour cela déposer un dossier avec notamment des preuves de revenus assurant l'entretien du cheval avant d'être agréé comme associé avec l'aval de France Galop et du service central des courses et jeux du ministère de l'Intérieur.
C'est ce qu'à fait Laurent, 68 ans, en investissant il y a 8 ans dans un cheval avec un ami malgré "une connaissance très limitée de ce milieu".
"On a vécu quelques bonnes expériences, la découverte de quelques champs de course, l'ambiance autour des hippodromes", raconte-t-il mais "avec une réussite qui aurait dû nous inciter à arrêter".
Posséder "5% d'un cheval en région parisienne, c'est 4 à 5 euros par jour de participation aux frais d'entraînement", auxquels s'ajoutent des frais de vétérinaire, des frais de transport, d'assurance, etc, estime Guillaume de Saint-Seine.
- "Des micro-bouts de chevaux" -
"Ce qui peut être fastidieux dans la qualité d'associé, c'est que vous recevez des relevés de compte tous les mois", selon lui.
Il existe alors des "racing clubs" avec "autant d'actionnaires qu'il y a de porteurs de parts" dans la société qui peut posséder plusieurs chevaux, ajoute-t-il, "vous mettez l'argent maintenant et vous n'avez plus rien à payer pendant deux ou trois ans".
C'est par ce biais que Laurent a continué ses investissements. Après avoir été associé "un an ou deux", il prend des parts avec une vingtaine de personnes dans la société Everest Racing créée par Ghislain Bozo, courtier en chevaux de course, et la banque Oddo BHF.
Une façon de "répartir les risques", explique Ghislain Bozo à l'AFP. Dans Everest Racing, "on a fait des parts à 50.000 euros", sans "redemander d'argent pendant 4 ans", détaille-t-il. "Je ne l'ai jamais vendu comme un investissement mais comme une une expérience", dit-il.
Après quatre premières pouliches, Everest Racing acquiert Malavath pour 145.000 euros et la revend un an et demi plus tard 3,5 millions d'euros, puis Lindy pour 90.000 euros et revendue 2 millions de dollars.
Finalement les investisseurs "ont fait +70% de résultats", se réjouit Ghislain Bozo, "les bonnes histoires existent mais il faut juste être prêt à des moments difficiles".
A 26 ans, Thibault de Seyssel, courtier hippique, souhaitant "rendre le plus abordable possible" l’accès à la propriété de chevaux de course, s'est inspiré des Etats-Unis.
Il a eu l'idée d'une plateforme participative où "des nouveaux propriétaires passionnés par les courses hippiques, qui n'ont jamais eu ni l'occasion, ni forcément les moyens d'investir dans un cheval de course" pourront acquérir "des micro-bouts de chevaux", jusqu'à 0,01% de l'équidé.
Son projet, monté avec le groupe Matchem, filiale de la NJJ holding de Xavier Niel, doit d'abord être examiné par l'Autorité des marchés financiers (AMF) car il s'agit d'une plateforme de financement participatif. Il espère un agrément pour 2027.
La France comptait 25.482 chevaux à l'entrainement pour 10.121 propriétaires en 2025, selon des données du site du ministère de l'agriculture.
A.Zbinden--VB