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Moyen-Orient: les marchés mondiaux retiennent leur souffle avant l'ultimatum de Trump
Les marchés mondiaux sont restés suspendus mardi au dernier ultimatum de Donald Trump à l'Iran pour débloquer le détroit d'Ormuz, certains opérateurs voulant croire à une prolongation du délai.
En Europe, la Bourse de Paris a terminé sur un petit recul de 0,67%, Francfort a perdu 1,06%, Londres a cédé 0,84% et Milan 0,47%.
A Wall Street, le Dow Jones a reculé de 0,18% tandis que l'indice Nasdaq a grappillé 0,10% et l'indice élargi S&P 500 a glané 0,08%.
Le président des États-Unis a donné jusqu'à 20H00, heure de Washington (00H00 GMT), à Téhéran pour rouvrir la navigation dans le détroit d'Ormuz, menaçant d'éradiquer "une civilisation entière" si l'Iran s'y opposait.
Environ un cinquième du brut mondial transite habituellement par ce passage stratégique, mais Téhéran orchestre sa quasi-paralysie pour faire pression sur les Etats-Unis, avec un trafic maritime réduit d'environ 90% à 95% par rapport à avant la guerre.
"Les marchés sont une fois de plus sous tension alors que le conflit entre les États-Unis et l'Iran entre dans une phase critique, les investisseurs se retrouvant de facto à +trader+ contre un nouveau compte à rebours fixé par l'administration Trump", commente Daniela Hathorn, analyste de Capital.com.
Mais certains opérateurs "sont convaincus que le pire scénario va être évité", estime auprès de l'AFP Patrick O'Hare, de Briefing.com, d'où le mouvement modéré des cours à Wall Street.
Le Premier ministre pakistanais, qui joue un rôle clé de médiateur dans la guerre au Moyen-Orient, a notamment exhorté mercredi Donald Trump à prolonger de deux semaines son ultimatum.
Le président américain "est au courant de la proposition et il y aura une réponse", a dit mardi sa porte-parole Karoline Leavitt.
"Le marché ne croira au pire scénario que lorsqu'il le verra de ses propres yeux", soutient Patrick O'Hare. "Il a déjà connu ce type de situation par le passé avec ce président."
Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump a multiplié les annonces grandiloquentes, qu'il a régulièrement contredites lui-même par la suite. Un phénomène désigné par les marchés par l'acronyme "Taco" ("Trump se dégonfle toujours").
Le WTI plus cher que le Brent
Les prix du pétrole ont terminé en ordre dispersé mardi, mais la prudence reste de mise.
Après avoir progressé brièvement de près de 5% en séance, le prix du baril de West Texas Intermediate, référence américaine, pour livraison en mai, s'est finalement contenté d'un gain de 0,48%, à 112,95 dollars.
Le baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juin, a pour sa part reculé de 0,55% à 109,27 dollars.
"Le marché est nerveux, et cela se reflète dans les cours", résume auprès de l'AFP Stephen Schork, de The Schork Group.
"Le WTI se négocie actuellement (...) à un prix plus élevé que le Brent, ce qui est anormal", relève-t-il. Le Brent étant généralement "4 à 5 dollars plus cher" que le WTI.
"Toute volatilité ou inquiétude se répercute dans le prix du contrat qui expirera en premier", explique-t-il.
Dans le cas présent, le contrat WTI arrive à échéance avant celui du Brent.
"Le pétrole est devenu de fait le principal canal de transmission du risque sur l'ensemble des marchés. Ses mouvements se répercutent désormais directement sur tout, des rendements obligataires aux actions, et même aux cours de l'or", ajoute Matt Britzman.
Les taux d'emprunt obligataire restent élevés
En plus des prix du brut élevés, "les rendements obligataires sont également soutenus, reflétant un resserrement des conditions financières et des inquiétudes inflationnistes", note Daniela Hathorn, analyste de Capital.com.
Référence en Europe, le taux d'emprunt de la dette allemande à dix ans dépassait encore les 3% (3,08%) mardi, contre 2,99% la veille. Son équivalent français s'établissait à 3,77% contre 3,67% précédemment.
Les taux augmentent avec les risques d'inflation car les créanciers exigent un rendement plus fort de leurs investissements pour se protéger de la perte en valeur du montant de leurs créances.
F.Fehr--VB