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Nouvelles frappes en Iran à quelques heures du terme de l'ultimatum de Trump
Téhéran a subi de nouvelles frappes mardi quelques heures avant l'échéance de l'ultimatum de Donald Trump, qui menace de détruire des infrastructures essentielles en Iran faute d'accord pour rouvrir le détroit d'Ormuz, vital pour l'approvisionnement mondial en pétrole.
Au 39e jour de l'offensive israélo-américaine, qui a fait plusieurs milliers de morts au Moyen-Orient, principalement dans la République islamique et au Liban, d'où opère son allié, le Hezbollah, les Iraniens sont partagés entre peur et une certaine indifférence face aux avertissements du président américain.
"Je suis terrifiée, et tout le monde dans ce pays devrait l'être aussi", confie à l'AFP Metanat, une étudiante de 27 ans, disant avoir perdu une camarade de classe dans une attaque. "Certains tournent en dérision Trump et ses menaces" mais "c'est une guerre et il n'y a rien de drôle là-dedans".
Morteza Hamidi, retraité de 62 ans, affiche lui "tristesse et pessimisme quant à l'avenir de l'Iran" mais balaye ce nouvel ultimatum qui expire mardi 20H00, heure de Washington (00H00 GMT mercredi). Donald Trump "a changé les dates tellement de fois que nous sommes désormais insensibles à ses menaces", dit-il.
Lundi, Donald Trump a averti que "le pays entier pourrait être détruit en une seule nuit". Il s'est dit prêt à frapper les centrales énergétiques et les ponts iraniens si la République islamique ne débloquait pas Ormuz - une voie maritime dans le Golfe par laquelle transitait précédemment quelque 20% du brut mondial.
L'armée iranienne a fustigé en retour une "rhétorique arrogante", affirmant via un porte-parole que ce genre de déclarations n'avait "pas d'effet" sur ses opérations.
- Le ferroviaire dans le viseur -
Dans la région, les appels à trouver une issue diplomatique se multiplient, même si Iran et Etats-Unis ont rejeté lundi une proposition de médiation avancée par plusieurs pays, dont le Pakistan.
"Les efforts positifs et constructifs déployés par le Pakistan (...) pour mettre fin à la guerre approchent d'une étape critique et délicate", a écrit sur X sans plus de précisions l'ambassadeur d'Iran à Islamabad, Reza Amiri Moghadam.
L'ambassadeur iranien au Koweït, Mohammad Toutounji, a exhorté de son côté les pays du Golfe à tout faire pour éviter une "tragédie", dans une déclaration à l'AFP.
Sur le terrain, Téhéran et sa périphérie ont été secouées ces dernières heures par de nouvelles explosions, selon des médias iraniens. Un journaliste de l'AFP a confirmé avoir entendu une série de détonations depuis le nord de la ville.
L'armée israélienne a revendiqué une "vague" de frappes visant à "endommager" des infrastructures dans la capitale et d'autres régions d'Iran. Et elle a exhorté les Iraniens à s'abstenir de voyager en train jusqu'à 17H30 GMT, laissant augurer de frappes à venir sur le réseau ferroviaire.
Donald Trump a affirmé qu'il ne "s'inquiétait pas" du risque de commettre des crimes de guerre en détruisant des infrastructures à usage avant tout civil. Pour le milliardaire républicain, le "crime de guerre" serait de laisser l'Iran se doter de l'arme nucléaire.
- "Pas assez bien" -
Selon le site d'information américain Axios, des médiateurs, pakistanais notamment, ont soumis l'idée d'un cessez-le-feu de 45 jours.
L'agence de presse gouvernementale Irna a affirmé, sans préciser de source, que l'Iran avait rejeté l'offre, exigeant "la fin des conflits dans la région, un protocole pour le passage sécurisé à travers le détroit d'Ormuz", ainsi que "la reconstruction et la levée des sanctions" contre l'Iran.
Le New York Times a précisé, citant deux responsables iraniens ayant requis l'anonymat, que la République islamique demandait notamment la garantie de ne plus être attaquée et la fin des frappes israéliennes sur le Hezbollah dans le sud du Liban.
En échange, l'Iran serait prêt à lever le blocus du détroit d'Ormuz, en imposant un droit de passage de 2 millions de dollars par navire qui serait partagé avec le sultanat d'Oman, situé de l'autre côté de la voie maritime.
Il utiliserait ces recettes pour reconstruire les infrastructures détruites par les frappes israélo-américaines, plutôt que de réclamer des compensations directes.
Donald Trump a qualifié cette initiative d'étape "très importante" mais l'a jugée "pas encore assez bien pour la soutenir".
Pour Sina Toossi, du Centre pour la politique internationale (CIP) à Washington, il y a peu de chances que la destruction de nouvelles infrastructures en Iran modifie l'attitude de Téhéran car "la guerre a déjà franchi ce seuil".
L'Iran "ne cédera pas sur ses intérêts vitaux, par-dessus tout son contrôle du détroit d'Ormuz, quel qu'en soit le coût", écrit l'analyste sur le site Dissident Foreign Policy.
En représailles, il continue de frapper quotidiennement les pays du Golfe accusés d'aider les Etats-Unis.
Un complexe pétrochimique situé dans l'est de l'Arabie saoudite a été touché dans la nuit de lundi à mardi par des attaques, a indiqué à l'AFP un témoin, quelques heures après que des installations similaires en Iran ont été frappées.
burx-bar/anb
C.Stoecklin--VB