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Moyen-Orient: les Bourses tempèrent leurs pertes avant la trêve de Pâques
Les Bourses européennes ont réduit leurs pertes jeudi en clôture avant la trêve de Pâques jusqu'à mardi, dans l'attente de nouveaux développements sur le front du Moyen-Orient.
Lancées à la baisse par les derniers propos de Donald Trump qui ont affolé les prix du pétrole, les marchés des actions à Paris (-0,24%), Francfort (-0,56%) et Milan (-0,20%) ont finalement limité les dégâts.
A Francfort, l'action de Lufthansa a fortement reculé (-3,42 %) au jour de l'annonce d'une offre d'achat non contraignante sur la TAP Air Portugal. Morgan Stanley a dégradé la note de Lufthansa, par crainte de coûts des carburants durablement élevés.
A Paris, sans surprise, TotalEnergies a enregistré la meilleure progression du jour (+2,40% à 79,42 euros l'action).
Le géant pétrolier français a fait des gros bénéfices en mars, en achetant au Moyen-Orient la quasi-totalité des cargaisons de pétrole exportables sans passer par le détroit d'Ormuz, selon des experts.
C'est également grâce à la bonne tenue des pétrolières (+2,64% pour BP et +2,90% pour Shell) que Londres a terminé en hausse de 0,69%.
La journée avait commencé sous le signe d'un nouveau coup de froid soufflé par Donald Trump. Le président américain a dissipé l'espoir d'une fin prochaine de la guerre contre l'Iran qu'il menace de ramener à "l'âge de pierre" en le frappant "extrêmement durement au cours des deux à trois prochaines semaines".
- Le WTI plus cher que le Brent -
Ses propos ont repoussé aux calendes grecques la réouverture du détroit d'Ormuz, point de passage de 20% de la production mondiale de brut et de gaz.
Signe que l'inquiétude sur le prix des carburants gagne les Etats-Unis, le WTI, référence américaine du brut, vaut désormais plus cher que Brent de la mer du Nord.
Le baril WTI s'échangeait à 111 dollars (+10,87%), lors d'un pointage à 16H10 GMT. Le Brent de la mer du Nord progressait aussi mais dans une moindre mesure (+6,13% à 107,36 dollars).
"On avait impression que la détente était proche. Les messages (de Trump) n'ont pas changé (...) mais il y a cette phrase que le marché n'a pas aimé: +S'il n'y a pas d'accord, nous allons frapper chacune de leurs centrales électriques très durement et probablement simultanément+", indique à l'AFP Alexandre Baradez, responsable de l'analyse marché chez IG France.
"Les marchés ont réduit leurs pertes un peu avant 17H00 après une information Bloomberg selon laquelle l'Iran serait en train de rédiger un protocole avec Oman concernant la navigation dans le détroit d'Ormuz", souligne l'analyste.
Dans le brouillard des déclarations contradictoires de Donald Trump, le champion du monde des gestionnaires d'actifs BlackRock cherche la bonne stratégie et les bonnes affaires.
"Nous privilégions tout particulièrement ce que nous appelons +l'électro-tech+ : les batteries, l'électronique de puissance et les moteurs électriques au cœur de l'IA, de l'énergie, des infrastructures et de la défense", lit-on dans les commentaires hebdomadaires de BlackRock.
Des analystes tentent de prendre du recul et de voir les évolutions à moyen terme.
"Si les marchés semblent encore privilégier le scénario d'une perturbation temporaire, le risque est qu'ils soient bientôt contraints d'intégrer un scénario de conflit prolongé, aux conséquences économiques bien plus lourdes", relèvent Tiffany Wilding, économiste, et Andrew DeWitt, gérant de portefeuille, chez PIMCO.
- L'étau des taux-
La perspective d'une poursuite de la guerre ravive la peur d'une inflation qui s'installerait dans l'économie mondiale, ce qui fait remonter les taux d'intérêt des dettes souveraines en Europe, après l'accalmie des derniers jours.
Le taux allemand, référence sur le continent européen, flirtait encore jeudi avec les 3,00%, contre 2,98% la veille. Il a grimpé depuis le début du conflit à des sommets plus vus depuis 2011, alors qu'il atteignait environ 2,70% avant la guerre.
Son équivalent français est revenu à 3,68% après une pointe à 3,75% à la mi-journée (3,20% avant la guerre). Le taux d'intérêt italien redescendait à 3,85% sur 10 ans après une pointe à 3,95% peu avant 14H00 GMT.
Ces taux montent avec les risques d'inflation, car les créanciers demandent des garanties face à l'érosion de la valeur de leur capital prêté. Les investisseurs tablent en outre sur une politique monétaire des banques centrales plus restrictive, pour combattre cette inflation.
I.Stoeckli--VB