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Moyen-Orient: les marchés mondiaux tiennent bon à défaut d'y voir clair
Les marchés financiers tiennent bon mardi, à défaut d'y voir clair entre la poursuite des frappes au Moyen-Orient, les messages contradictoires du président américain, les prix du pétrole et l'inflation en Europe.
"Pour l’instant, les marchés semblent disposés à s’accrocher à tout signe de désescalade", résume Fawad Razaqzada, analyste de marché pour FOREX.com.
La Bourse de New York a ouvert en hausse mardi, tentant une nouvelle fois de rebondir avec l'espoir d'une fin des hostilités au Moyen-Orient, malgré l'absence de signaux clairs.
Dans les premiers échanges, le Dow Jones prenait 1,12%, l'indice Nasdaq gagnait 1,43% et l'indice élargi S&P 500 s'octroyait 1,19%.
Les quatre grands indices européens progressaient toujours mardi deux heures avant la clôture: Francfort (+0,96%), Paris (+0,76%), Londres (+0,82%) et Milan (+1,08%).
Contrairement aux autres journées, aucun signe extérieur, ne fût-ce qu'une déclaration clairement encourageante, ne semble expliquer cette résilience des Bourses.
Sur le terrain, une série de frappes ont touché mardi plusieurs sites en Iran, selon les médias, après que Donald Trump a renouvelé la veille ses menaces si les discussions entre Washington et Téhéran n'aboutissaient pas "rapidement".
Dans sa dernière déclaration mardi, le président américain s'en est pris aux alliés des Etats-Unis affectés par la fermeture du détroit d'Ormuz. "Allez chercher votre propre pétrole!" ou achetez celui des Etats-Unis, a conclu le président américain.
Selon le Wall Street Journal de mardi, il aurait indiqué à ses conseillers qu'il était prêt à interrompre sa campagne militaire, estimant que forcer la réouverture du détroit d'Ormuz prolongerait le conflit "au-delà de son calendrier de quatre à six semaines".
D'après le quotidien, Washington voudrait tenter d'obtenir de Téhéran par la voie diplomatique le déblocage de cette voie de passage stratégique, par où transite d'ordinaire un cinquième des hydrocarbures mondiaux.
- Prix du pétrole élevé -
Le cours du pétrole, justement, demeurait élevé.
Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en mai, dont mardi est le dernier jour de cotation, montait de 5,36% à 118,60 dollars. Celui pour livraison en juin, davantage échangé, prenait 2,38% à 107,77 dollars.
Aux Etats-Unis, le gallon (3,78 litres) se vend quatre dollars à la pompe pour la première fois depuis 2022, a annoncé mardi l'American Automobile Association (AAA),
"Tant qu'aucun progrès significatif ne sera accompli en faveur de la paix", toute accalmie "devrait rester fragile", justifie Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote Bank.
Les prix du pétrole flambent depuis le début du conflit, en raison de la quasi-paralysie du détroit d'Ormuz. Avant le début de la guerre, ils évoluaient autour de 60 dollars.
"Les prix du pétrole ont connu une flambée à court terme, mais la nature des chocs pétroliers actuels et la structure de l’économie mondiale invitent à la prudence plutôt qu’à l’alarmisme", relativise Jérôme Van der Bruggen, stratégiste en chef de marché pour Indosuez.
- L'inflation au centre des préoccupations-
L'inflation dans la zone euro a grimpé à 2,5% sur un an en mars, contre 1,9% en février, atteignant son plus haut niveau depuis janvier 2025 en raison de l'envolée des prix de l'énergie liée au conflit au Moyen-Orient, selon la première estimation d'Eurostat publiée mardi.
Le spectre du retour de l'inflation sur le continent a fait flamber les taux d'intérêt des dettes souveraines des pays de la zone euro à des sommets ces derniers jours.
Le taux d'intérêt de la dette française à dix ans atteignait lundi 3,73%, au même niveau que la veille en clôture, mais en forte hausse par rapport aux 3,20% d'avant la guerre. Il a dépassé la semaine dernière des records datant de 2009.
Le taux de rendement des titres allemands à même échéance, référence en Europe, atteignait 3,02%, se situant à des sommets depuis 2011.
Une inflation plus élevée réduit la valeur réelle des sommes versées par un emprunteur à ses créanciers. Ces derniers exigent par conséquent des taux d'intérêt plus élevés pour que leur investissement reste rentable.
Les investisseurs tablent en outre sur une politique monétaire des banques centrales plus restrictive, avec des hausses potentielles des taux directeurs pour combattre cette inflation, ce qui a un impact direct sur le coût de la dette des Etats.
R.Buehler--VB