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Moyen-Orient: les Bourses européennes accentuent leur repli, peur d'une "guerre énergétique totale"
Trois des quatre grandes Bourses européennes reculaient de 2% et plus jeudi à la mi-journée, sur fond d'envolée des prix de l'énergie avant les messages aux marchés de la Banque centrale européenne (BCE) dans l'après-midi.
Peu après 12H30 GMT, Francfort enregistrait le plus fort recul (-2,56%), devant Milan (-2,46%) et Londres (-2,19%), dont les pertes oscillaient autour de 2%. Le CAC 40 perdait 1,83%.
A 13H30 GMT, Wall Street devrait ouvrir sur la même tendance baissière. Les contrats à terme sur les trois indices reculaient (-0,37% pour le Dow Jones, -0,54% pour le Nasdaq et -0,38% pour l'indice composite S&P 500).
Même en léger ralentissement à la mi-journée, la hausse des prix du pétrole et du gaz inquiétait les marchés boursiers.
A 11H15 GMT, le baril de Brent, référence mondial du brut, s'échangeait à 113,92 dollars (+6,09% par rapport à la veille). Son équivalent américain du WTI valait 97,30 dollars (+1,02%).
En début de journée, le Brent est même monté jusqu'à 118,03 dollars, soit une hausse de 10% par rapport à la veille.
Le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne en matière de gaz naturel, augmentait de 17,47% à 64,21 euros le mégawattheure.
Ces dernières 24 heures, les grands sites pétroliers et gaziers du Moyen-Orient autour du Golfe ont été pris pour cible, laissant craindre une crise d'approvisionnement et non plus seulement d'acheminement.
"L'escalade géopolitique a franchi un nouveau cap", a noté l'analyste John Plassard, responsable de la stratégie d'investissement de Cité Gestion Private Bank.
"Les marchés des actions sont actuellement mus par a) la peur, b) les attaques contre les installations de GNL (gaz naturel liquifié) au Qatar et c) le fait que la Fed ne soit pas pressée de venir au secours des marchés", a jugé Neil Wilson, analyste de Saxomarkets.
"Israël a attaqué le champ gazier de South Pars en Iran, provoquant des représailles de Téhéran, qui a lancé des frappes contre le terminal de gaz naturel liquéfié de Ras Laffan au Qatar et menacé d'autres attaques contre d'autres Etats du Golfe", a-t-il rappelé.
Au Koweït jeudi matin, deux raffineries ont aussi été incendiées après une attaque de drones.
Wall Street avait clôturé à la baisse mercredi soir, après la conférence de presse du président de la banque centrale américaine (Fed) Jerome Powell. A New York, le Dow Jones a reculé de 1,63%, l'indice Nasdaq a perdu 1,46% et l'indice élargi S&P 500 a lâché 1,36%.
- Statu quo pour la BoE -
La Banque d’Angleterre (BoE) a laissé jeudi son taux directeur inchangé à 3,75%, dans le sillage de la Fed la veille, repoussant à une échéance indéterminée le retour à son objectif d’inflation, en raison de l'explosion des prix de l'énergie avec le conflit au Moyen-Orient.
"La guerre au Moyen-Orient a poussé les prix de l’énergie à l’échelle mondiale", "cela est déjà visible à la pompe, et, si cela dure, cela contribuera à des factures d’énergie plus élevées pour les foyers cette année", a déclaré le gouverneur de l'institution monétaire, Andrew Bailey.
Mercredi, la Fed a comme prévu maintenu inchangé son taux directeur, mais Jerome Powell a prévenu que "les répercussions des événements au Moyen-Orient sur l'économie américaine (étaient) incertaines". "A court terme, la hausse des prix de l'énergie fera grimper l'inflation globale", a-t-il averti.
"Personnellement, j'ai trouvé les remarques de Powell plutôt équilibrées. Il a même dit que s'il y a des progrès sur l'inflation d'ici la mi-année, on pourrait voir une baisse des taux. Mais au final, personne ne sait", a souligné Ipek Ozkardeskaya, analyste de la banque Swissquote.
- Dans l'attente de la BCE -
Les marchés vivent désormais dans l'attente de la réunion de la BCE jeudi après-midi.
Comme la Fed, la BCE ne devrait pas relever ses taux face à la hausse du pétrole et aux risques d'inflation. Mais le message de sa présidente Christine Lagarde sera également étudié à la loupe.
"Le communiqué de la BCE sera probablement restrictif, laissant éventuellement entrevoir un resserrement de la politique monétaire plus tard cette année, en fonction de la durée du conflit au Moyen-Orient et de son impact à moyen terme sur les prix du pétrole", prévoit Ipek Ozkardeskaya.
Sur le marché de la dette, les taux d'intérêt des Etats repartaient à la hausse jeudi: 2,98% pour le rendement à dix ans des emprunts de l'Allemagne contre 2,94% à la clôture la veille. Son équivalent français a atteint 3,68%, contre 3,60%.
S.Spengler--VB