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Guerre au Moyen Orient: les marchés apathiques face à la libération des stocks de pétrole
Les marchés financiers restent apathiques face à l'annonce d'un déblocage record des stocks stratégiques de pétrole pour tenter d'enrayer une flambée des prix du baril due à la guerre au Moyen Orient.
Les 32 pays membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) ont déjà décidé "à l'unanimité" mercredi de libérer sur les marchés 400 millions de barils de pétrole provenant de leurs réserves stratégiques, le déblocage "le plus important" de l'histoire de l'institution, a annoncé mercredi l'AIE.
Sans conséquence sur les marchés pour l'instant. Vers 15H00 GMT, peu après l'annonce, le prix du Brent de la mer du Nord progressait de 3,30% à 90,70 dollars, en ligne avec l'autre référence, le WTI (+3,22%, 86,14 dollars). Les deux références mondiales du brut avaient grimpé de 5% en début de séance en Europe.
L'annonce n'a eu que peu d'effets sur les prix du brut car elle a été "anticipée" par les marchés, "donc intégrée dans les prix", souligne Alexandre Baradez, responsable de l'analyse des marchés à IG France, interrogé par l'AFP.
La libération de barils de pétrole provenant des réserves stratégiques n'a qu'un "pouvoir de stabilisation" sur les prix du brut, estime-t-il.
Du côté des bourses, New York a commencé la journée sans direction claire: peu avant 15H00 GMT, le Dow Jones reculait de 0,27%, l'indice Nasdaq progressait de 0,40%, et l'indice élargi S&P prenait 0,12%.
Les principales bourses européennes reculaient sans céder à la panique. Après avoir cédé plus de 1% en début de séance, Paris perdait 0,17%, Francfort accusait un recul plus accentué (1,17%) et Milan baissait de 0,69%. Londres cédait 0,44%.
- "Très difficile à prévoir" -
Les cours des hydrocarbures grimpent depuis le début du conflit, le brut ayant même frôlé les 120 dollars le baril en début de semaine, en raison des perturbations que le conflit provoque dans ce détroit où transite 20% de la production mondiale de pétrole, mais aussi de gaz naturel liquéfié (GNL).
Les ministres de l'Energie du G7 avaient déjà affirmé dans un communiqué commun être "prêts" à prendre "toutes les mesures nécessaires", face à cette hausse des prix, en coordination avec l'Agence internationale de l'énergie (AIE).
Reste que l'incertitude demeure et les investisseurs restent prudents.
"Libérer les réserves stratégiques de pétrole pour faire baisser les prix peut sembler être une solution rapide, mais l'histoire montre que ce n'est souvent qu'un soulagement temporaire", prévient John Plassard, responsable de la stratégie d'investissement de Cité Gestion Private Bank.
"Les événements liés à la guerre en Iran continuent de se précipiter et demeurent très difficiles à prévoir", relève de façon plus générale Andreas Lipkow, analyste pour CMC Market.
Depuis une dizaine de jours, les marchés vivent au rythme de la guerre au Moyen-Orient, lancée le 28 février par les frappes israélo-américaines sur l'Iran suivies de représailles de Téhéran contre plusieurs pays de la région.
Le blocage du détroit d'Ormuz, qui commande l'entrée du Golfe, cristallise les inquiétudes des décideurs politiques, des investisseurs et des consommateurs.
Les Gardiens de la Révolution iraniens ont affirmé mercredi avoir frappé un navire battant pavillon libérien et un vraquier (ndr: navire transportant des marchandises en vrac) thaïlandais qui s'étaient engagés dans le détroit d'Ormuz en ignorant leurs "avertissements".
Les indices boursiers avaient nettement rebondi en Europe mardi après que le président américain eut assuré que le conflit était "quasiment" fini, provoquant un recul des prix du pétrole. Donald Trump a répété mercredi qu'il "ne restait pratiquement rien à frapper" en Iran et que le conflit se finirait "bientôt", dans un entretien téléphonique avec le site Axios.
Mais "les investisseurs attendent maintenant des preuves concrètes" et "un retour au calme dans le détroit d'Ormuz", indique John Plassard.
- Les taux grimpent-
Signe de tension: les taux d'intérêt de la dette souveraine des pays européens repartent à la hausse avec les craintes d'un regain d'inflation sur le continent en raison de la flambée des prix de l'énergie.
A 15H00 GMT, le taux d'intérêt à dix ans de la dette allemande, référence en Europe, atteignait 2,92%, contre 2,83% la veille en clôture. Son équivalent français grimpait à 3,55%, contre 3,44% mardi soir.
Dans ce contexte, la présidente de la Banque centrale européenne (BCE) Christine Lagarde a affirmé mardi que l'institution monétaire ferait tout ce qui est "nécessaire" pour que "l'inflation soit sous contrôle" malgré la flambée des prix de l'énergie provoquée par la guerre au Moyen-Orient.
Hors zone euro, le taux d'intérêt britannique à échéance dix ans atteignait 4,68%, contre 4,55%.
T.Zimmermann--VB