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Guerre au Moyen-Orient: journée de montagnes russes pour le pétrole
Les cours du pétrole ont connu de spectaculaires variations lundi, oscillant de plus de 20 dollars entre le début et la fin de journée, dans un marché mis à cran par la guerre en Moyen-Orient.
Dans une déclaration inattendue à une journaliste de la chaîne CBS, le président américain Donald Trump a déclaré en fin de journée que la guerre était "quasiment" finie, faisant valoir que l'Iran n'avait plus de "marine" ni de "communications" ou de "force aérienne".
Cela a fait plonger les cours dans les échanges électroniques après la clôture.
Le Brent, référence internationale pour le pétrole, est passé brièvement sous les 84 dollars le baril. Vers 20H10 GMT, il chutait de 8,68% par rapport à sa clôture quelques heures plus tôt, à 90,93 dollars.
Son équivalent américain, le baril de WTI, lâchait 7,11% à 88,00 dollars.
Dans son échange avec la journaliste de CBS, Donald Trump a par ailleurs dit qu'il "réfléchissait à prendre le contrôle" du détroit d'Ormuz.
Cela a ravi les investisseurs alors que la navigation est pratiquement bloquée dans ce passage stratégique pour le commerce mondial, où transite environ 20% du pétrole consommé chaque jour.
Et nettement contrasté avec la panique du début de séance.
A la reprise des marchés après la pause hebdomadaire, les cours avaient été entraînés dans une spirale haussière sans précédent, le Brent grimpant jusqu'à 119,50 dollars, le WTI jusqu'à 119,48 dollars.
"Compte tenu des évènements géopolitiques du weekend, un certain nombre d'investisseurs ont cherché à acheter du pétrole", craignant de ne pas pouvoir le faire plus tard, commente auprès de l'AFP Andy Lipow, de Lipow Oil Associates.
C'était la première fois depuis 2022 et les retombées de la guerre en Ukraine que les cours dépassaient les 100 dollars.
Des mécanismes de vente automatique associés à la possibilité que les pays du G7 puisent dans leurs réserves stratégiques d'hydrocarbures ont mis un coup de frein à cette envolée dans la journée.
Les ministres des Finances du groupe se sont dit "prêts" à le faire, assurant toutefois qu'il n'était pas encore temps de recourir à cette option.
Cela pourrait engendrer la libération de 25 à 30% des stocks constitués sous l'égide de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), soit 300 à 400 millions de barils, d'après Ole R. Hvalbye, de SEB, interrogé par l'AFP, qui s'appuie sur des informations du Financial Times.
"En cas de perturbation de l'approvisionnement en pétrole, les deux paramètres à prendre en compte sont le volume perturbé, c'est-à-dire la quantité qui nous manque, et la durée, c'est-à-dire la durée de la perturbation", souligne auprès de l'AFP Clayton Seigle, chercheur au Center for Strategic and International Studies.
Depuis le début du conflit, les cours sont en forte hausse, de plus de 25%.
Les investisseurs s'inquiétent des difficultés d'exportation des hydrocarbures issus du Golfe mais aussi désormais des ralentissements de production, les capacités de stockage des pays producteurs étant proches de leur niveau de remplissage.
A l'issue de la séance régulière lundi, lee prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en mai, a terminé à 98,96 dollars (+6,76% par rapport à la clôture vendredi).
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en avril, a pris 4,26% à 94,77 dollars.
G.Schmid--VB