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Procès réseaux sociaux: la plaignante affirme avoir été accro à YouTube, où elle passait "tout (son) temps"
La plaignante du procès de Google et Meta a affirmé jeudi avoir été accro à la plateforme vidéo YouTube sur laquelle elle passait, très jeune, "tout (son) temps", avant de fréquenter Instagram de façon intensive.
L'audition de Kaley G.M. est considérée comme l'un des temps forts de ce procès civil lors duquel un jury doit déterminer si les deux géants de la tech ont sciemment conçu leurs applications pour encourager la consommation compulsive de contenus par les jeunes utilisateurs.
Aujourd'hui âgée de 20 ans, la jeune femme a raconté, en réponse aux questions de son avocat Mark Lanier, avoir commencé à fréquenter le site de streaming vidéo dès 6 ans, avant d'ouvrir seule un compte, deux ans plus tard.
Elle a expliqué n'avoir alors rencontré aucun obstacle lié à son âge et aux restrictions théoriquement en place sur la plateforme, qui ne permet officiellement pas à un jeune de moins de 13 ans de s'inscrire.
Dans la foulée, elle a mis en ligne sa première vidéo, dans laquelle elle se mettait en scène en train de jouer au jeu vidéo Animal Jam.
YouTube n'a mis en place un système d'estimation de l'âge basé sur les usages et sur l'intelligence artificielle (IA) qu'en 2025 aux Etats-Unis.
"J'étais jeune et je passais tout mon temps" sur YouTube, a affirmé celle qui est aujourd'hui assistante shopping. "J'ai essayé de m'arrêter, mais ça ne marchait pas."
"Avez-vous le sentiment que vous étiez accro à YouTube?", a interrogé Mark Lanier. "Oui", a répondu Kaley G.M.
Arrivée très tôt sur les plateformes, notamment Instagram à 9 ans, la plaignante affirme que leur consommation a contribué à provoquer chez elle dépression, anxiété et troubles de l'image de soi.
"Je ne pense pas qu'on m'ait demandé mon âge" quand elle a créé son compte Instagram, a-t-elle commenté jeudi. Tout comme YouTube, le réseau social est théoriquement interdit aux moins de 13 ans.
Rapidement, Kaley G.M. s'est mise à fréquenter l'application de façon intensive. Des documents versés au dossier ont montré qu'il lui était arrivé d'y passer 16 heures en une journée.
- Dépression à 10 ans -
Elle dit avoir été victime de cyberharcèlement sur Instagram mais avoir continué à utiliser le réseau social régulièrement.
"Quand je n'étais pas dessus", a-t-elle décrit, "j'avais l'impression que j'allais rater quelque chose."
La plaignante a commencé à ressentir de l'anxiété à 9 ans, avant de faire une dépression à 10 ans, période durant laquelle elle dit avoir pratiqué l'automutilation.
Elle a depuis reçu un diagnostic de trouble dysmorphique corporel, caractérisé par une obsession portée à certains traits physiques considérés comme des défauts.
"Arrivez-vous aujourd'hui à vous accepter telle que vous êtes?", lui a demandé son avocat. "Pas vraiment", a-t-elle répondu, précisant qu'il lui fallait généralement trois à quatre heures de préparation avant de sortir de chez elle.
Malgré ce parcours, Kaley G.M. a avoué continuer à consulter ces plateformes actuellement parce que "c'est trop dur de s'en passer".
Ce procès civil est considéré comme un test important pour l'avenir de centaines d'autres procédures similaires en cours aux Etats-Unis.
Le jury ne doit pas se prononcer sur les contenus publiés sur la plateforme, qui est protégée de toute responsabilité par la loi américaine, mais sur la stratégie de ces grands groupes, taxés d'avoir volontairement poussé à la surconsommation d'images et de vidéos.
TikTok et Snapchat étaient initialement aussi mis en cause dans ce dossier, mais ils ont conclu un accord amiable avec Kaley G.M. avant l'ouverture du procès.
Outre les procédures menées individuellement, un dossier global, à l'échelle nationale, suit également son cours devant une juge fédérale d'Oakland (Californie).
Meta est aussi en procès ce mois-ci au Nouveau-Mexique, où un procureur accuse le groupe de privilégier ses bénéfices à la protection des mineurs contre les prédateurs sexuels.
F.Fehr--VB