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La BCE prolonge la pause sur les taux, sans s'engager pour la suite
La Banque centrale européenne (BCE) a maintenu ses taux inchangés jeudi, l'inflation étant revenue autour de la cible de 2% et l'économie semblant résiliente.
Le taux de dépôt, référence de la politique monétaire, a été maintenu à 2%, comme depuis juillet, selon un communiqué publié à l'issue de la réunion du conseil des gouverneurs de l'institut monétaire délocalisée à Florence, en Italie.
"L'inflation demeure proche de l'objectif de 2% à moyen terme, et l'évaluation par le Conseil des perspectives d'inflation reste globalement inchangée", indique le communiqué.
L'économie "a continué de croître en dépit du contexte mondial difficile", aidée par un marché du travail jugé "robuste", des bilans d'entreprises "solides" et les effets de l'assouplissement monétaire passé, ajoute l'institution.
Néanmoins, les perspectives restent "incertaines, en particulier en raison des différends commerciaux au niveau mondial et des tensions géopolitiques", selon la BCE.
- La Fed agit -
La BCE reste prudente, confrontée à ces incertitudes pouvant influer sur l'inflation, à la hausse comme à la baisse.
L'agrégat qui avait culminé à 10,6% en 2022, dans le sillage de la flambée des prix de l'énergie liée à la guerre en Ukraine, est revenu autour de l'objectif de 2% ces derniers mois.
La zone euro doit cependant affronter plusieurs défis: les droits de douane imposés par Washington, le conflit commercial sino-américain, et les tensions sur les approvisionnements en semi-conducteurs, susceptibles d'affecter l'industrie européenne.
Une embellie : Donald Trump a annoncé jeudi à l'issue d'entretiens avec son homologue chinois Xi Jinping en Corée du Sud qu'un accord avait été conclu pour une suspension d'un an par Pékin de restrictions sur les terres rares, matériaux cruciaux pour l'industrie mondiale.
La croissance du PIB de la zone euro a, quant à elle, surpris à la hausse au troisième trimestre, à 0,2%, malgré l'effet des chocs tarifaires, a indiqué Eurostat jeudi.
Malgré l'incertitude politique en France, la croissance y a même atteint 0,5% sur la période.
L'Allemagne a quant à elle échappé d'un cheveu à la récession, son économie stagnant (0,0%) de juillet à septembre, en attendant une impulsion venant de l'investissement public.
La "résilience" économique de la zone euro "freine les partisans d'un assouplissement et maintient la BCE dans sa pause de politique monétaire", a commenté Mark Wall, économiste chez Deutsche Bank.
- Débat sur un assouplissement -
La conférence de presse de Christine Lagarde à partir de 13H45 GMT pourrait livrer des indices sur le maintien ou l'évolution du statu quo monétaire de la BCE.
Mercredi, la Réserve fédérale américaine (Fed) a, de son côté, décidé une baisse d'un quart de point de pourcentage, ramenant ses taux dans une fourchette de 3,75% et 4%.
Il s'agit de la deuxième détente de l'année, après celle de septembre, afin de soutenir une économie où le marché du travail montre des signes de faiblesse.
Les gardiens de l'euro pourraient, eux, ouvrir en décembre un débat sur une future baisse des taux, lorsque seront publiées ses projections d'inflation jusqu'en 2028, selon les observateurs.
Michel Martinez, chef économiste Europe à la Société Générale, a déclaré à l'AFP anticiper une nouvelle baisse, mais seulement en mars 2026, lorsque l'inflation devrait " nettement passer sous les 2%, tirée vers le bas par la chute retardée des prix de l'énergie et la fermeté de l'euro ".
L'assureur Allianz prévient: "Si la banque centrale tolère trop longtemps de légers écarts négatifs" de l'inflation par rapport à l'objectif, "elle risque d'être contrainte plus tard d'assouplir plus fortement sa politique ou de maintenir les taux bas plus longtemps".
La BCE a de nouveau souligné jeudi que sa politique monétaire restera guidée par les "données" disponibles et que ses décisions continueront d'être prises "réunion par réunion".
S.Spengler--VB