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Wall Street insatisfaite de la division au sein de la Fed, le dollar s'en réjouit
La Bourse de New York a été stoppée mercredi dans son élan haussier par les commentaires du président de la Réserve fédérale assurant que les membres de l'institution ont des vues "très différentes" sur le futur de la politique monétaire, des propos qui ont fait bondir le dollar.
La Fed a réduit sans surprise mercredi ses taux d'intérêt pour la deuxième fois d'affilée face aux risques pesant sur le marché du travail "ces derniers mois".
La baisse, d'un quart de point, ramène les taux directeurs dans une fourchette comprise entre 3,75% et 4%. Mais la décision n'a pas fait l'unanimité en son sein.
Et les responsables de l'institution "ont exprimé des vues très différentes sur la conduite à adopter en décembre. Une réduction supplémentaire des taux directeurs lors de la réunion de décembre n'est pas acquise, loin de là", a affirmé Jerome Powell en conférence de presse.
Alors que Wall Street évoluait largement dans le vert depuis le début de journée, ces commentaires ont temporairement poussé tous les indices de la place américaine dans le négatif.
Vers 15H10 GMT, le Dow Jones perdait finalement 0,11%, l'indice élargi S&P 500 lâchait 0,08%. Le Nasdaq, à forte coloration technologique, gagnait lui 0,36%, à l'approche des résultats d'entreprise de plusieurs géants du secteur.
"Les dissensions au sein du comité remettent en question le narratif d'une Fed systématiquement accommodante", a commenté Florian Ielpo, responsable de la recherche macroéconomique de Lombard Odier IM.
Selon lui, "les marchés (boursiers, ndlr) ont progressé sur la conviction que la Fed s'engageait dans une trajectoire de baisse des taux" mais l'opposition de deux membres à la décision de mercredi "contredit cette vision consensuelle."
Le gouverneur Stephen Miran, récemment promu par le président Donald Trump, voulait - comme le mois précédent - une baisse plus forte, d'un demi-point. Ce n'est pas une surprise, il l'avait largement médiatisé.
A l'inverse, le président de la Fed régionale de Kansas City, Jeffrey Schmid, ne voulait pas de baisse du tout. Il avait fait comprendre dans un discours au début du mois qu'il trouvait l'inflation trop élevée pour assouplir davantage la politique monétaire.
Mercredi, la prise de parole de Jerome Powell a dopé le dollar, qui prenait vers 19H10 GMT 0,53% face à la monnaie unique européenne, à 1,1588 dollar pour un euro. Une baisse des taux directeurs d'une banque centrale affaiblit la devise locale, qui est perçue comme moins attractive.
Les taux d'emprunts de l'Etat américain étaient aussi poussés vers le haut, l'échéance à dix ans évoluant autour de 4,05% contre 3,98% à la clôture la veille.
K.Hofmann--VB