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Brésil : manifestations pro-Bolsonaro après les sanctions américaines
Des milliers de sympathisants de Jair Bolsonaro sont descendus dans les rues de plusieurs villes du Brésil dimanche, après l'annonce par Washington de surtaxes douanières contre le pays sud-américain et de sanctions contre le juge chargé du procès de l'ex-président d'extrême droite.
À Sao Paulo, Rio de Janeiro ou Brasilia, la plupart des manifestants étaient vêtus en vert et jaune, les couleurs du Brésil, et certains brandissaient des drapeaux des Etats-Unis ou des pancartes "Merci Trump".
"Il ne peut pas parler, mais nous pouvons parler à sa place", a scandé le député Marco Feliciano, haranguant les manifestants massés sur l'Avenue Paulista, artère emblématique de Sao Paulo, où a eu lieu la principale manifestation.
Un membre de l'entourage de Jair Bolsonaro a envoyé à l'AFP une vidéo de l'ex-président (2019-2022), en bermuda et maillot de l'équipe brésilienne de football, regardant sur son téléphone des images des manifestations.
- "Violateur des droits humains" -
Mercredi, le département américain du Trésor a infligé des sanctions financières au juge de la Cour suprême Alexandre de Moraes, en charge du procès Bolsonaro.
Le même jour, Donald Trump a invoqué une "chasse aux sorcières" visant son allié d'extrême droite pour justifier une surtaxe douanière de 50% sur certains produits brésiliens exportés vers les Etats-Unis, une mesure qui doit entrer en vigueur le 6 août.
Accusé d'avoir conspiré pour se maintenir au pouvoir malgré sa défaite électorale face au président actuel de gauche Luiz Inacio Lula da Silva en 2022, Jair Bolsonaro encourt une lourde peine de prison lors du procès qui devrait être bouclé dans les prochaines semaines.
Sur la plage de Copacabana, où a eu lieu la manifestation à Rio de Janeiro, le sénateur Flavio Bolsonaro, fils aîné de l'ex-président, s'est félicité des sanctions infligées au juge Moraes: "la plus grande démocratie du monde l'a désigné comme un violateur des droits humains".
- "Négocier à conditions égales" -
Dimanche, Lula a évoqué la surtaxe punitive sur les produits brésiliens exportés vers les Etats-Unis lors d'un événement du Parti des Travailleurs, sa formation politique, à Brasilia.
"Nous voulons négocier (...), nous ne voulons pas nous battre. Mais qu'ils ne pensent pas qu'on a peur", a déclaré le président de la première économie d'Amérique Latine. "Nous voulons négocier à conditions égales, nous voulons être respectés à notre juste valeur", a-t-il insisté.
Présent à la manifestation à Brasilia, Erick Fabiano estime que la surtaxe douanière imposée par Washington "n'est pas de la faute de Bolsonaro". "C'est de la faute de Lula, qui provoque Trump depuis longtemps déjà".
"Je suis 100% d'accord avec ces sanctions. Comme on n'a pas trouvé de solution ici, il a fallu que cela vienne de là-bas", affirme pour sa part Maristela dos Santos, manifestante à Rio.
Arborant un drapeau américain sur ses épaules, cette enseignante de 62 ans ne redoute pas l'impact économique de la surtaxe douanière annoncée par Washington.
"Ce qui m'inquièterait, c'est que le Brésil devienne comme le Venezuela et qu'on ne trouve plus de quoi manger au supermarché", argumente-t-elle, estimant que sous le gouvernement de gauche de Lula, le Brésil risque de subir les mêmes problèmes de graves pénuries que les Vénézuéliens sous le régime du président socialiste Nicolas Maduro.
Paulo Roberto, entrepreneur de 46 ans, trouve aussi que les droits de douane punitifs sont un mal nécessaire afin de faire pression sur le Parlement brésilien pour qu'il approuve une loi d'amnistie en faveur de Jair Bolsonaro.
"Parfois il faut savoir faire quelques pas en arrière pour aspirer à plus de liberté et une meilleure qualité de vie à l'avenir", assure cet homme aux bras musclés couverts de tatouages.
P.Staeheli--VB