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L'étendue de la dette de la France début 2025 dévoilée jeudi
L'Insee dira jeudi si la dette colossale de la France, qui dépasse 3.300 milliards d'euros, a encore gonflé au premier trimestre, en pleines turbulences politiques pour le pays qui s'escrime à résorber son lourd déficit public.
Le gouvernement, en quête d'un budget pour 2026 et menacé de censure par la gauche après l'échec des négociations sur les retraites entre les partenaires sociaux, réunit le même jour un "comité d'alerte" sur les aléas susceptibles d'affecter des finances publiques.
Dans ce domaine, la deuxième économie de la zone euro derrière l'Allemagne en est aussi l'un des cancres.
Sa dette, qui atteignait 3.305,3 milliards d'euros ou 113% du produit intérieur brut (PIB) fin 2024, est la troisième par ordre d'importance après la Grèce et l'Italie. Une somme énorme alimentée par les crises financières, sanitaires et inflationnistes, qui ne pesait que 57,8% du PIB fin 1995, selon l'Institut national de la statistique.
Le déficit public (5,8% du PIB), était le pire de la zone euro l'an dernier. Le gouvernement entend le ramener sous le plafond européen de 3% du PIB à l'horizon 2029, après des objectifs de 5,4% en 2025 et 4,6% en 2026.
- "Année blanche" -
Pour y parvenir, il a prévu un effort budgétaire d'une cinquantaine de milliards d'euros cette année, qu'il compte poursuivre à hauteur de 40 milliards en 2026 dans un contexte contraint par la volonté de la France de se réarmer et la hausse du coût de la dette, en voie de devenir le premier poste de dépense.
Une feuille de route a été promise par le Premier ministre François Bayrou à la mi-juillet, avant la présentation du projet de budget dont l'examen parlementaire à l'automne s'annonce périlleux pour la survie du gouvernement.
"Vu la situation budgétaire calamiteuse, le budget de 2026 implique des mesures d'austérité impopulaires, rendant son adoption aussi difficile, sinon plus, que celui de 2025", commente Bruno Cavalier, chef économiste d'Oddo BHF, dans une note.
Le gouvernement souhaite en priorité maîtriser les dépenses publiques, en évitant une augmentation d'impôts, en répartissant l'effort entre Etat, Sécurité sociale et collectivités locales.
"Toutes les pistes sont étudiées, sans tabou", a affirmé sa porte-parole Sophie Primas, mercredi sur franceinfo, y compris celle d'une "année blanche" — un gel des dépenses qui seraient reconduites sans tenir compte de l'inflation.
Comme ils l'avaient fait en début d'année pour permettre l'adoption du budget 2025, les ministres de l'Economie, Eric Lombard, et des Comptes publics, Amélie de Montchalin, recevront tous les groupes politiques à Bercy avant le 11 juillet.
- "Exercice de communication" -
Mais bâtir un compromis s'annonce ardu tant l'instabilité politique continue de secouer la France plus d'un an après la dissolution de l'Assemblée nationale.
"Ce qui aujourd'hui est en train d'être construit par ce gouvernement est à la fois responsable et crédible", a affirmé dimanche Mme de Montchalin au Grand Jury RTL/Le Figaro/Public Sénat/M6.
Elle a reconnu toutefois des discussions "difficiles" avec les ministères, priés de présenter des économies lors de consultations qui s'achèvent cette semaine, avant l'arbitrage de Matignon.
"Tous les partis politiques sont occupés des prochaines élections, municipales en 2026 et présidentielle en 2027. N'importe quel prétexte peut donc servir à satisfaire leur clientèle électorale", estime Bruno Cavalier.
A cette situation française difficile s'ajoute la forte incertitude internationale liée notamment à la hausse des droits de douane américains ou aux tensions au Proche-Orient, qui pèse sur la croissance.
L'Insee et la Banque de France l'attendent à 0,6% en 2025, et le gouvernement à 0,7%, un fort ralentissement par rapport à 2024 (1,1%).
Amélie de Montchalin a promis mercredi de communiquer "en toute transparence" sur la situation des finances publiques lors du "comité d'alerte" réunissant pour la deuxième fois depuis avril parlementaires, élus locaux et partenaires sociaux. Elle a assuré qu'il n'y aurait pas de "plongeon" des recettes comme celui qui avait contribué à creuser le déficit en 2023 et 2024.
Mais l'Association des maires de France (AMF) y voit "un nouvel exercice de communication" plutôt qu'une "véritable réunion de travail".
O.Schlaepfer--VB