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"Conclave" des retraites: le Medef inflexible sur les 64 ans, pas sur le reste
A une semaine de la fin prévue du "conclave" sur les retraites, le Medef a dévoilé un peu son jeu mardi, refusant d'abaisser l'âge légal de 64 ans mais proposant quelques aménagements sur la pénibilité et sur la maternité.
"Dans un esprit de responsabilité pour notre pays", le Medef préconise ainsi "le maintien de l'âge légal du départ en retraite à 64 ans", dans un document recensant ses propositions, transmis à la presse.
Sur l'usure professionnelle, "nous sommes prêts à avancer car nous avons conscience qu'il y a des situations professionnelles plus exigeantes que d’autres, pouvant avoir un impact sur la santé", indique en revanche l'organisation patronale.
Au "sujet des femmes", le Medef dit avoir pour "priorité" de "faire en sorte que la maternité n'impacte pas le déroulement de carrières".
Mais l'organisation patronale demande que ces aménagements de la réforme Borne se fassent sans "remettre en cause l'équilibre financier" de celle-ci, et "sans alourdir le coût du travail pour les entreprises françaises" ou pour les salariés.
Le Medef propose de financer ces mesures en resserrant "de manière très significative" le dispositif des carrières longues, qui s'est "progressivement éloigné de sa cible originelle" et cible aujourd'hui un public trop large, estime-t-il.
Il propose également de supprimer la surcote parentale mise en place par la réforme Borne.
- "Bougé sur l'âge" -
Interrogée sur franceinfotv, Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, ne s'est pas montrée découragée par le refus du Medef de revenir sur l'âge légal. "S'ils ont pu avancer sur la question de la pénibilité, sur la question de la situation des femmes, on va pouvoir aussi parler de la question de l'âge", a-t-elle indiqué, en rappelant que la CFDT voulait "un bougé sur l'âge".
La proposition du Medef d'évoluer sur pénibilité et maternité, mais pas les 64 ans, "est light", a jugé auprès de l'AFP Cyril Chabanier, numéro un de la CFTC, qui dit attendre la suite au conclave.
François Hommeril, à la tête de la CFE-CGC, balance entre deux sentiments. "Est-ce qu'on ne laisserait pas de côté le sujet des 64 ans, pour essayer de réparer les injustices que cette réforme a crée ?", s'interroge-t-il ainsi d'abord auprès de l'AFP. En ajoutant qu'il "ne valide pas" et ne validera "jamais les 64 ans".
Sur la pénibilité et l'usure, le Medef propose notamment de revoir le compte professionnel de prévention pour que celui-ci prenne en compte la manipulation de charges lourdes, les postures pénibles ou les vibrations mécaniques, une ouverture vis-à-vis de la CFDT qui réclame depuis longtemps la prise en compte de ces trois critères.
Le Medef propose également de "modifier le dispositif de l'inaptitude/invalidité qui concerne aujourd'hui près d'une personne sur 7 qui liquide sa retraite", en "abaissant l'âge de départ de 62 ans à 61 ans".
- Reprise en main des partenaires sociaux -
S'agissant des femmes, l'organisation patronale suggère de "permettre aux femmes ayant acquis des trimestres supplémentaires liés à la maternité de bénéficier d'une amélioration de leur niveau de pension en modifiant le calcul du salaire annuel moyen".
Ce dernier serait "calculé non plus sur les 25 meilleures années mais sur 23 ou 24 années, ce qui mécaniquement améliorera leur niveau de pension".
Les propositions du Medef ne disent pas en revanche comment revenir à l'équilibre du régime des retraites en 2030, comme l'a demandé le gouvernement de François Bayrou. Pour l'instant, et malgré la réforme Borne, un trou de 6,6 milliards d'euros est toujours attendu en 2030.
Le Medef se contente de suggérer "une reprise en main du régime des salariés du privé par les partenaires sociaux", dans lesquels ceux-ci "auraient à leur main les leviers permettant le pilotage d'un régime de retraite : le niveau des pensions, l'âge de départ, le niveau des cotisations".
Patronat et syndicats piloteraient le système dans le respect d'une "règle d'or à l'instar de celle" déjà en vigueur à l'Agirc-Arrco, le système de retraites complémentaires du privé déjà cogéré par le patronat et les syndicats.
Cette "règle d'or" interdit à l'Agirc-Arrco de s'endetter et la contraint à adapter en permanence ses dépenses à ses ressources.
D.Schlegel--VB