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La mobilisation des taxis prolongée jusqu'à samedi à Paris et à Pau
Au lendemain de réunions avec le gouvernement jugées "pas satisfaisantes" par les représentants syndicaux, des fédérations de taxis ont annoncé mercredi "continuer le mouvement" jusqu'à samedi à Paris et à Pau.
"On continue les mouvements. On demande à chacun de s'organiser pour faire des rotations", a déclaré à l'AFP Emmanuelle Cordier, présidente de la Fédération nationale du taxi (FNDT).
Le boulevard Raspail, près des ministères, où les chauffeurs enchaînent depuis neuf jours les nuits de mobilisation à Paris, s'était en partie vidé dans la nuit de mardi à mercredi.
En fin de journée mercredi, ils étaient environ 200 et d'autres devraient "arriver dans la nuit", a assuré à l'AFP Mme Cordier, ajoutant qu'une "majorité" d'adhérents avaient décidé de "continuer le mouvement".
A Pau, fief du Premier ministre François Bayrou, 150 taxis étaient présents mercredi selon le président de l'Union nationale des taxis Rachid Boudjema, qui affirme que la Coordination rurale, syndicat agricole, a rejoint la contestation sans plus de précisions.
Les chauffeurs de taxis sont notamment mobilisés contre une convention qui modifie leur rémunération pour le transport de patients, qui représente pour certains une part significative de leur chiffre d'affaires, notamment en zone rurale.
La nouvelle tarification, qui doit entrer en vigueur le 1er octobre, prévoit une prise en charge de 13 euros par l'Assurance maladie, puis un tarif kilométrique.
La décision de prolonger la protestation est "cohérente", selon Claude Voltzenlogel, 48 ans, secrétaire général adjoint du Syndicat Départemental des Artisans du Taxi du Bas-Rhin (SDAT 67). "Une équipe reste deux jours sur place et repart. Le roulement est important."
- Absence "d'avancées significatives" -
Mardi, deux réunions se sont tenues au ministère des Transports puis au ministère de la Santé, sans déboucher sur des mesures jugées suffisantes.
Des contrôles renforcés ont été annoncés pour limiter la maraude et le "racolage" des VTC et des réunions techniques sont prévues jusqu'au 11 juin, mais les représentants syndicaux déplorent une absence "d'avancées significatives".
Dès mercredi, le ministre des Transports Philippe Tabarot a voulu marquer le coup en assistantà une opération de contrôle de VTC, concurrents directs des taxis, devant la gare de Lyon à Paris, zone qui leur est interdite sans réservation préalable.
"Je suis très ouvert à la concurrence dans les transports. Mais une concurrence juste doit être une concurrence équitable", a expliqué à la presse Philippe Tabarot.
"J'aurai l'occasion de rencontrer à la fois les VTC et de convoquer mardi les plateformes pour évoquer [...] la question d'éradiquer progressivement les sociétés écrans qui sont entre les conducteurs et les plateformes, [...] qui ne payent pas les taxes et les impôts dans notre pays et qui exploitent certains travailleurs", a ajouté le ministre.
"J'ai demandé d'arrêter à mes gars hier soir vers 23h, parce qu'on n'a rien obtenu", avait confié mercredi matin à l'AFP Pino, taxi parisien très suivi sur les réseaux sociaux et organisateur de mouvements de contestation, invoquant le "repos" nécessaire de "ses gars". Aucune action n'a eu lieu dans la journée aux abords des aéroports, dans les gares parisiennes ou autour du stade Roland-Garros.
A.Kunz--VB