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Pesticides, eau: le patron de la FNSEA appelle à de "nouvelles actions" à partir du 26 mai
Le président de la FNSEA Arnaud Rousseau appelle à "de nouvelles actions" à partir du 26 mai, pour soutenir une proposition de loi visant à "lever les contraintes" pour les agriculteurs et favorisant l'accès à des pesticides, un sujet qui divise les syndicats agricoles.
"A partir du 26 mai, nous appelons, avec les Jeunes Agriculteurs, à une nouvelle manifestation, à de nouvelles actions, parce que nous considérons aujourd'hui que, après avoir manifesté, travaillé, subi tout ce qui se passe sur le plan politique (...) les promesses qui nous sont faites ne sont pas là et c'est intolérable pour nous", a-t-il déclaré jeudi sur RMC.
C'est le 26 mai que doit débuter à l'Assemblée nationale l'examen de ce texte porté par le sénateur LR Laurent Duplomb. Adopté au Sénat en première lecture et actuellement en commission à l'Assemblée, il est considéré comme "vital" par la FNSEA car il répond, selon le syndicat, aux attentes des exploitants après la crise de l'an dernier.
M. Rousseau estime que la parole donnée par le gouvernement "n'est pas tenue" car le texte, qui prévoit notamment de faciliter le stockage de l'eau, l'accès aux pesticides ou l'agrandissement des élevages, est "détricoté" en commission à l'Assemblée.
La semaine dernière, devant la commission du Développement durable, la proposition a subi un important revers, avec la suppression d'un article ouvrant la voie à des dérogations environnementales pour certains projets de prélèvements et stockage d'eau.
La Coordination rurale (CR) a relayé jeudi la "vive inquiétude" d'agriculteurs "notamment sur les questions liées à la gestion de l’eau, des traitements et à la gouvernance de l’Anses", l'agence sanitaire en charge d'évaluer la dangerosité des pesticides et leur autorisation en France.
La CR, qui se dit dans un communiqué "très attentive aux discussions", n'a pour sa part toutefois pas appelé ses membres à l'action.
- "Inacceptable" -
En revanche, mercredi soir, devant la commission des Affaires économiques, les députés ont approuvé la réintroduction dérogatoire d'un insecticide de la famille des néonicotinoïdes interdit en France, mais autorisé ailleurs en Europe.
Ce pesticide, l'acétamipride, est nocif pour les pollinisateurs, mais réclamé par les filières de la betterave ou la noisette, qui estiment n'avoir aucune autre solution pour lutter contre les ravageurs. A contrario, les apiculteurs mettent en garde contre "un tueur d'abeilles" et demandent quelle souveraineté alimentaire imposerait de "tuer une filière pour en sauver une autre".
La Confédération paysanne, 3e syndicat agricole, s'est dite jeudi déterminée à se mobiliser contre un retour des néonicotinoïdes en France.
"On laisse croire que la profession souhaiterait voir baisser les normes environnementales, c'est faux. La FNSEA, ce n'est pas le monde agricole", a affirmé Thomas Gibert, un porte-parole de la Confédération paysanne, lors d'une conférence de presse à Bagnolet.
"Ce texte est inacceptable" pour la santé du vivant et "ne propose rien sur la question centrale du revenu des paysans", a-t-il souligné.
Générations Futures a de son côté "condamné l’irresponsabilité des députés ayant voté en faveur des dispositions relatives à ces substances", au regard de leur "dangerosité".
"Nous ne pouvons nous satisfaire d’une politique allant de dérogation en dérogation sur des périodes successives de trois ans. Il faut désormais une ligne claire de maintien de l’interdiction et de soutien au développement des alternatives", a appelé l'ONG.
Les débats ont été vifs sur ces questions entre députés. La réintroduction dérogatoire adoptée mercredi soir devra concerner les filières en situation d'impasse.
"Nous n'avons aucune certitude sur ce qui se passera à la fin, ce que voteront les députés. Il est important pour nous de nous mobiliser et de nous faire entendre", a précisé M. Rousseau à l'AFP.
Interrogé sur la mobilisation envisagée, il a indiqué qu'elle aurait lieu "à la fois à Paris et en province", avec sans doute des "actions ponctuelles" à une époque de l'année où les agriculteurs sont occupés dans leurs exploitations, avant les récoltes.
C.Koch--VB