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Branle-bas face aux droits de douanes et à la "disparition" de l'ancien ordre commercial mondial
"Le monde tel qu'on le connaissait a disparu" a affirmé dimanche le Premier ministre britannique Keir Starmer, après la flambée de droits de douanes imposée par Washington, dont les retombées anticipées sur l'économie mondiale ont déclenché un branle-bas général.
La décision du président américain Donald Trump d'imposer des droits de douanes additionnels d'au moins 10% sur une grande partie des produits importés par les Etats-Unis signifie que "les anciens postulats ne peuvent plus être considérés comme acquis", a estimé Keir Starmer dans une tribune au journal conservateur The Sunday Telegraph.
"Le nouveau monde est moins régi par des règles établies, et davantage par des accords et des alliances", a-t-il insisté.
La décision américaine a déjà suscité un vent de panique sur les marchés financiers ces derniers jours et l'inquiétude reste de mise avant la réouverture des Bourses mondiales lundi.
"C'est une révolution économique et nous allons gagner", a fait valoir le président américain sur sa plateforme Truth Social samedi, reconnaissant que "ce ne sera pas facile" pour les Américains eux-mêmes.
Durant le week-end, les dirigeants européens ont multiplié les contacts. Keir Starmer s'est entretenu avec le président français Emmanuel Macron samedi, et ils ont convenu qu'une guerre commerciale n'était "dans l'intérêt de personne".
Les ministres du Commerce extérieur des pays de l'Union européenne doivent se réunir lundi à Luxembourg pour préparer "la réponse européenne aux Etats-Unis".
L'UE s'est vu imposer des droits supplémentaires de 20% sur ses exportations vers les Etats-Unis. Ils doivent entrer en vigueur le 9 avril. L'UE a promis d'ouvrir des "négociations sérieuses" avec Washington contre ces taxes "injustifiées".
La Chine n'a elle pas tardé à riposter, en dégainant des droits de douanes de 34% sur ses importations en provenance des Etats-Unis, le même niveau annoncé par Donald Trump à l'égard des exportations chinoises vers les Etats-Unis, augurant d'une guerre commerciale entre les deux premières puissances économiques mondiales.
- négociations -
Certains pays ont déjà montré patte blanche, tandis que d'autres ont entamé des négociations avec Washington.
Le président du Zimbabwe Emmerson Mnangagwa a annoncé samedi qu'il suspendrait tous les droits de douane sur les marchandises importées des Etats-Unis, quelques jours après que Donald Trump a annoncé des droits de 18% contre ce pays pauvre d'Afrique australe.
Donald Trump a affirmé avoir eu une "discussion très productive" avec le plus haut dirigeant vietnamien, le secrétaire général du parti communiste To Lam, après avoir annoncé vouloir taxer à 46% les produits venus de ce pays d'Asie du Sud-Est.
Au Bangladesh, touché par des droits de douanes de 37%, le chef du gouvernement provisoire Muhammad Yunus, a tenu une réunion d'urgence samedi à Dacca pour répondre aux craintes du secteur textile de son pays, deuxième plus grand fabricant de vêtements au monde. Le gouvernement est actuellement en discussion avec Washington.
A Londres, relativement moins mal loti que d'autres grandes économies avec le taux minimal de 10%, le gouvernement travailliste de Keir Starmer a lancé une consultation auprès du monde économique sur une éventuelle riposte.
"La priorité immédiate est de rester calme et de se battre pour le meilleur accord possible", a insisté Keir Starmer dimanche. "Cependant, toutes les options restent sur la table", a-t-il insisté.
Le Premier ministre s'est dit "prêt à utiliser la politique industrielle pour protéger les entreprises britanniques de la tempête".
Samedi, le constructeur automobile Jaguar Land Rover a annoncé suspendre en avril ses expéditions vers les Etats-Unis, le temps d'analyser l'impact des droits de douanes.
Le gouvernement britannique espère aboutir à un accord de partenariat économique bilatéral plus large qu'il négocie depuis des semaines avec Washington, et qui pourrait supprimer tout ou partie de ces droits.
"Je ne conclurai un accord que s'il est bénéfique pour les entreprises britanniques et la sécurité des travailleurs", a prévenu Keir Starmer.
A.Ruegg--VB