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L'escalade des tensions commerciales affole les marchés mondiaux
Un vent de panique s'est emparé des marchés mondiaux vendredi après la réponse ferme de Pékin aux droits de douane américains, laissant craindre une escalade des tensions commerciales entre les deux premières puissances économiques du globe.
Déjà ébranlées par la nouvelle offensive douanière américaine, les Bourses mondiales ont plongé de plus belle après les annonces de Pékin.
En Europe, vers 14H30 GMT, la Bourse de Francfort chutait de 4,57%, Paris de 4,25% et Londres de 4,53%. Zurich s'enfonçait de 5,24%, Milan dégringolait de 6,82% et Madrid de 6,09%.
Wall Street n'y échappe pas, le Dow Jones fondant de 3,07%, l'indice Nasdaq de 3,48% et l'indice élargi S&P de 3,47%.
La veille, les marchés américains avaient déjà subi une très forte baisse. Le Dow Jones avait chuté de 3,98%, le Nasdaq de 5,97%, au plus bas depuis mars 2020, et l'indice élargi S&P 500 de 4,84%, sa plus forte baisse en clôture depuis juin 2020.
Vendredi matin à Tokyo, l'indice vedette Nikkei de Tokyo avait clôturé en baisse de 2,75% à 33.780,58 points, tandis que dans les derniers échanges, Hong Kong cédait 1,69%.
"Les mesures de rétorsion de la Chine annoncent le début d'une escalade" entre les deux géants économiques de la planète, tout "ce que le marché craint", commente Alexandre Baradez, responsable de l'analyse marchés à IG France.
Le gouvernement chinois a annoncé vendredi qu'il allait imposer des droits de douane de 34% sur toutes les importations de biens américains à partir du 10 avril, en réplique aux nouvelles taxes imposées par les Etats-Unis sur les produits chinois, en saisissant dans la foulée l'Organisation mondiale du commerce international (OMC).
Une réplique rapide et ferme à la salve de nouveaux droits de douane annoncée par Donald Trump jeudi, qui portait les taxes sur les produits chinois à 54% au total.
"L'annonce des droits de douane réciproques de cette semaine par les États-Unis représente le changement le plus radical de la politique commerciale mondiale de ces dernières décennies", affirment les analystes de Deutsche Bank.
Le retour du spectre de la récession
L'onde de choc provoquée par les annonces douanières américaines a ravivé les craintes d'une possible "récession aux Etats-Unis et à plus grande échelle", souligne Guillaume Chaloin, directeur de la gestion actions de Delubac AM.
Les cours du pétrole, très sensibles aux évolutions de la consommation mondiale, étaient touchés de plein de fouet.
Vers 14H30 GMT, le prix du baril de Brent de la mer du Nord chutait de 7,41% à 64,90 dollars. Son équivalent américain, le WTI, plongeait de 8,20% à 61,86 dollars le baril.
Jeudi déjà, les prix de l'or noir s'étaient déjà effondrés de plus de 6% en séance, pour terminer en baisse de plus de 3%.
"Les craintes d'une récession signifient moins d'industrie et moins de consommation de pétrole", de quoi faire plonger valeurs industrielles et pétrolières.
A Londres, Shell dévissait de 4,84% et BP de 5,28%. A Paris, TotalEnergies abandonnait 4,54%. A Milan enfin, Eni chutait de 4,49%. A Wall Street, Exxon Mobil (-3,71%), Chevron (-5,17%), ConocoPhilips (-6,75%) dégringolaient.
Côté industrie, ArcelorMittal chutait de 10,22% à Paris et Saint-Gobain de 8,26%. A Londres, Glencore abandonnait 9,66%. A Francfort, l'industriel Thyssenkrupp perdait 11,63%.
Cap sur les valeurs refuges
Face au chaos commercial, les investisseurs se ruent vers toute valeur refuge qui leur permettrait de constituer une réserve de valeur, avec en premier lieu le marché de la dette, qui garantit un rendement aux investisseurs, est aussi l'un des grands gagnants de la guerre commerciale.
Les emprunts souverains se détendent très nettement, signe de l'appétit des investisseurs.
Le taux auquel les Etats-Unis empruntent à échéance dix ans atteignait 3,93% vers 14H30 GMT contre 4,03% à la clôture jeudi. L'équivalent allemand passait de 2,65% à 2,53%, le français de 3,37% à 3,30%.
Côté devises, les valeurs refuges traditionnelles comme le yen et le franc suisse sont recherchées.
Vers 14H30 GMT, la devise helvétique prenait 0,45% face au billet vert, à 0,8524 franc suisse pour un dollar. La devise nippone gagnait 0,77%, à 145,43 yens pour un dollar.
Les financières souffrent
Conséquence de la détente des taux d'emprunts des Etats: "les valeurs financières se font attaquer", remarque Guillaume Chaloin.
"Comme les valeurs bancaires reposent sur le prix de l’argent", la baisse des taux d'emprunts long est "beaucoup moins favorable au business des banques et leurs marges", poussant ainsi les valeurs bancaires dans le rouge, poursuit-il.
Vers 14H30 GMT à Wall Street, Morgan Stanley perdait 6,31%, Lazard 6,33% et Bank of America 6,05%.
A Paris, BNP Paribas dévissait de 6,64%, et Société Générale dégringolait de 11,35%. Crédit agricole perdait 5,31%.
A Londres, Standard Chartered perdait 5,99% quand NatWest fondait de 8,29% et Barclays de 9,21%.
C.Bruderer--VB