-
Ethiopie: l'armée fédérale est entrée dans Mekele, capitale du Tigré, selon une source humanitaire
-
Dans l'Eure, des milliers de personnes manifestent contre l'usage des pesticides
-
Espagne : manifestations monstres pour le logement, après le rejet des mesures du gouvernement
-
Les Houthis accusent Ryad de pilonner Sanaa, qu'ils contrôlent, incendie sur un site saoudien d'Aramco
-
Mode/Paris : Allure légère pour contexte lourd chez Hermès
-
Equipe de France : Jacquet le bienheureux
-
Brésil : Lula et Flavio Bolsonaro bouclent leur campagne avant un scrutin serré
-
Des milliers de personnes manifestent contre l'usage des pesticides dans l'Eure
-
Equipe de France : Dembélé, le débat relancé
-
Espagne : après le rejet des mesures du gouvernement, des manifestations monstres pour le droit au logement
-
La Russie appelle les diplomates et étrangers à quitter Kiev, ciblée à répétition
-
La Corée du Nord affirme avoir lancé un missile balistique utilisant l'IA
-
Fortes explosions entendues dans la capitale yéménite, aux mains des combattants Houthis
-
GP de Bahreïn en Malaisie: Verstappen (Red Bull) s'élancera juste devant Hamilton (Ferrari)
-
Ethiopie: les forces tigréennes quittent Mekele, capitale du Tigré
-
Fin de quinquennat lugubre pour la Macronie
-
Vol flydubai: l'enquête établit un "acte terroriste"
-
Cancer du sein avant 40 ans: plus agressif, plus toxique et une vie sociale bouleversée
-
La responsabilité climatique des pétroliers devant la Cour suprême
-
Changement climatique : en Belgique, un tapis vert sur les canaux de Gand
-
Venezuela: lumière dans le ciel pour les morts, 100 jours après le double-séisme
-
La Bulgarie accueille les restes attribués au tsar Samouil
-
Législatives en Lettonie, entre menace russe et coût de la vie
-
Ligue des nations: Olise, le sauveur des Bleus
-
Ligue des nations: premier accroc pour les Bleus de Zidane
-
Affaire Cornell: la gouverneure de New York veut changer la loi sur les victimes de viol en état d'ébriété
-
Wall Street termine en hausse, l'emploi plaide pour un statu quo de la Fed
A 200% de droits de douane sur l'alcool européen, "le business s'arrête", craignent les professionnels
Les professionnels du vin et des spiritueux français ont exprimé jeudi "stupéfaction" et "consternation" après que Donald Trump a menacé de porter à 200% les droits de douane des alcools européens si l'UE ne retirait pas son projet de taxe sur le bourbon.
"A 200%" de droits de douane, "le business s'arrête", a prévenu Nicolas Ozanam, directeur de la Fédération française des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS).
Cela reviendrait à tripler le prix de la bouteille vendue. Inimaginable pour le secteur, partagé jeudi entre "stupéfaction, consternation et sentiment d'urgence pour trouver une solution", a dit M. Ozanam à l'AFP.
La nouvelle serait "particulièrement inquiétante" pour la France, observe Sylvain Bersinger, chef économiste d'Asterès, car celle-ci "représente environ la moitié des exportations européennes de boissons alcoolisées vers les États-Unis".
La patrie du champagne, du cognac et du bordeaux a exporté en 2024 pour 3,9 milliards d'euros d'alcools aux Etats-Unis, soit un quart des exportations du secteur.
"Les vins et spiritueux ne doivent pas être l'otage d'une escalade commerciale", a réagi dans la soirée le président du Comité Champagne, David Chatillon, invitant "les deux parties à trouver une solution négociée".
"Notre secteur génère 70.000 emplois en France (...) et n'accepte pas d'être sacrifié du fait de décisions politiques européennes qui ne le concernent pas", a aussi estimé le Bureau national interprofessionnel du cognac (BNIC), pour qui "le marché américain est (le) premier débouché".
Le pays représente aussi le premier marché des vins de Bordeaux, selon le Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux, qui n'a pas souhaité réagir dans l'immédiat aux menaces américaines.
- Peu ou pas de droits de douane actuellement -
Donald Trump a menacé jeudi d'imposer des droits de douane de 200% sur les vins et alcools de l'UE, si elle ne retirait pas les taxes de 50% annoncées sur le whisky et le bourbon américains.
Bruxelles a annoncé ces taxes mercredi en représailles aux surtaxes américaines de 25% sur l'acier et l'aluminium.
"On ne comprend pas ce que fait la Commission européenne, (...) ça n'a aucun sens", a estimé M. Ozanam.
Mais "on ne peut pas se laisser terrasser par des menaces de cet ordre", a estimé le Premier ministre François Bayrou, en marge d'un déplacement à Lyon. "Il importe que nous montrions, nous, Européens, (...) que nous ne cédons pas à ce genre de menaces", a-t-il ajouté, balayant l'idée d'abandonner la taxe sur le bourbon.
"Nous n'avons jamais voulu qu'il y ait une augmentation des droits de douane", a souligné le ministre du Commerce extérieur, Laurent Saint-Martin, sur BFMTV. "Nous ne voulons pas d’une guerre commerciale mais l’Europe ne va pas se laisser faire si les Etats-Unis continuent à menacer les exportations européennes", a-t-il ajouté, appelant à poursuivre le dialogue pour convaincre les Américains de faire machine arrière.
Les droits de douane américains sur le vin français sont aujourd'hui à un niveau très bas, autour de 10 centimes d'euro le litre, selon la FEVS. Les spiritueux étaient eux exonérés de taxes depuis un accord transatlantique de 1997.
Ce dernier avait permis, selon le lobby du secteur Spirits Europe, un boom des échanges jusqu'en 2018, quand la précédente administration Trump avait lancé sa première guerre commerciale sur l'acier et l'aluminium.
- Secteur déjà fragilisé -
Les spiritueux subissent déjà depuis l'automne une surtaxe de Pékin, son autre grand marché, en contentieux avec l'UE, ce qui a entraîné une baisse de 25% des exportations de cognac et d'armagnac vers la zone Chine/Hong-Kong/Singapour.
"On savait que ça allait nous tomber dessus, mais 200%... Les Etats-Unis sont notre deuxième marché export en valeur et en volume", s’est alarmé jeudi Olivier Goujon, directeur de l’interprofession armagnac, appelant le gouvernement à "prendre le sujet à bras le corps".
A 200% de taxes, une bouteille de champagne vendue une soixantaine de dollars passerait à plus de 180, souligne Vitalie Taittinger, présidente de la maison de champagne éponyme: "le prix risque de devenir inaccessible pour le consommateur", alors que les Etats-Unis sont le deuxième marché à l’exportation après le Royaume Uni.
Depuis son retour à la Maison Blanche, le président américain a multiplié les annonces de droits de douane, comme moyen de pression sur les Etats tiers, de protection de certains secteurs industriels et source de revenus pour l'Etat fédéral.
burs-pla-max-lam-cho/jum
P.Vogel--VB