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ALEX BODI ȘI AMBASADORUL REPUBLICII SUDANUL DE SUD, GUM DOMINIC MATIOK, DISCUTĂ LA BERLIN DESPRE POSIBILITATEA ÎNFIINȚĂRII UNUI CONSULAT ONORIFIC LA BUCUREȘTI
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"Défigurée" par le cyclone Garance, La Réunion face à l'ampleur des dégâts
Arbres arrachés, voitures emportées par les flots, routes et électricité coupées: l'île de La Réunion, "défigurée", selon le préfet, par le cyclone Garance, qui a provoqué la mort de quatre personnes, a pris samedi la mesure des dégâts.
C'est dans l'est et le nord de l'île de l'océan Indien que les conditions cycloniques ont été les plus dévastatrices.
"55 ans que j'habite là, j’ai vécu plusieurs cyclones, je n'ai jamais vu ça". A Bras-Panon (est), le toit de la maison de Krishna Cadivel a ainsi été emporté comme un fétu de paille. "Je suis sûr que ça a soufflé à plus de 200 km/h", glisse ce père de famille de 55 ans.
"Le toit s’est soulevé et a failli voler sur notre maison qui se trouve à l’arrière", décrit de son côté à l'AFP Jimmy Bortel, à propos de la maison de ses parents, à Saint-Benoît. "Mes parents ont pu venir se réfugier chez nous juste à temps (...) Je n’ai jamais eu aussi peur de ma vie."
L'alerte rouge, ordonnant le confinement de la population, a été levée samedi à 10H00 locales (07H00 à Paris). L'aéroport Roland-Garros, à l'est de Saint-Denis (nord), a lui rouvert en fin d'après-midi.
Le bilan "nous montre combien il faut être prudent alors que le danger n'est pas terminé", a souligné vendredi soir le préfet de l'île, Patrice Latron.
Le passage de ce cyclone, "brutal et violent" selon les termes du représentant de l'État, s'est en effet soldé par le décès de quatre personnes.
Une femme a été emportée par les eaux à Saint-Denis et un homme tué, également dans la commune chef-lieu de La Réunion, dans un incendie d'origine électrique. Une femme a elle été ensevelie par une coulée de boue à Trois Bassins, commune de l'ouest de l'île.
La préfecture a annoncé samedi matin le décès d'une quatrième personne, "un homme coincé sous un arbre" à Saint-Denis.
"Nous n’avons plus d’électricité depuis ce moment-là, les lignes à haute tension ont été déterrées par les flots, je ne sais pas quand ça va pouvoir être réparé", déplore Louis Fontaine, 66 ans, habitant de la commune.
Une fois sorti de son lit, le cours d’eau boueux a envahi tout le centre-ville de Saint-Gilles.
- "C'était méchant" -
Samedi en début de soirée à La réunion, quelque 970 personnes étaient réparties dans des centres d'hébergement et 120.000 (37% des foyers) restaient privées d'électricité, selon un point de la préfecture.
Plus de 310.000 habitants sont toujours privés d'eau potable. "Près de 32% des abonnés sont privés d’accès à internet et de téléphonie fixe n’ont pas accès à leurs appareils, ainsi que 35 % des abonnés à la téléphonie mobile", ajoute la préfecture,e précisant qu'ils étaient "respectivement 43 et 47% au plus fort de l’évènement".
"Il va y avoir beaucoup de travaux de remise en état: beaucoup de routes sont encombrées par des branchages, voire par des arbres en travers de la route, des routes sont inondées, des routes sont coupées, emportées, des ponts sont coupés", décrit le préfet de l'île.
Le représentant de l'Etat continue d'appeler à la "prudence" et prévient les plus de 880.000 habitants que compte l'île que le "monde" que "nous redécouvrirons" sera "encore défiguré par Garance".
Pendant le passage du cyclone vendredi, Météo-France a relevé des rafales de vent soufflant à 214 km/h à l'aéroport situé au nord de l'île et de 230 km/h sur le piton Sainte-Rose à l'extrême est. De très fortes pluies orageuses ont également balayé l'île.
Dans un gymnase de Saint-Denis, où sont hébergés des habitants sinistrés, Marie-Pierrette Narsou confie sa peur: "Là c'était méchant, (...) moi ça m'a un peu traumatisée".
Le centre d'accueil se prépare à héberger plus de monde dans les prochaines heures.
- Voitures emportées -
Sur les réseaux sociaux, des vidéos montrent des rues totalement inondées avec parfois des torrents d'eau dévalant les pentes, notamment à Saint-Denis et à Saint-André (est de La Réunion). D'autres vidéos montrent des voitures emportées.
Le ministre des Outre-mer, Manuel Valls, "se rendra sur place dans les prochains jours pour être aux côtés des Réunionnais et pour définir, en concertation avec le préfet et les élus du territoire, les aides nécessaires pour faire face à l'ampleur des dégâts", a fait savoir son entourage samedi.
"Deux vagues de renforts" de pompiers et de personnels de sécurité civile, en provenance de la métropole et de Mayotte, sont attendus ce week-end, a annoncé de son côté sur X Bruno Retailleau, le ministre de l'Intérieur.
Floris Carpaye de la FDSEA, syndicat agricole majoritaire à La Réunion, se désole: "Toutes les filières agricoles ont été impactées, mais le maraîchage est peut être le secteur qui a été le plus touché, les serres ont volé, les plants de légumes ont été noyés, c’est une véritable catastrophe".
T.Zimmermann--VB