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Le gouvernement Trump veut arrêter le péage urbain de New York, bataille judiciaire en vue
Le gouvernement américain a ordonné mercredi l'arrêt du tout nouveau péage urbain de New York, qui vise à réduire la pollution et financer le métro, Donald Trump intervenant à nouveau dans sa ville natale, au nom de la "classe ouvrière".
Le péage de 9 dollars en journée pour les automobilistes entrant dans Manhattan a été instauré début janvier après avoir été avalisé in extremis avant l'investiture du nouveau président républicain, qui s'était montré hostile durant sa campagne à cette initiative, une première aux Etats-Unis.
"Je partage les inquiétudes du président à propos des conséquences sur les Américains de la classe ouvrière qui doivent désormais assumer une charge financière supplémentaire dans leur vie quotidienne", a écrit son ministre des Transports, Sean Duffy, dans un courrier à la gouverneure de l'Etat de New York qui avait porté le projet, Kathy Hochul.
"Le programme de péage de l'Etat de New York est une gifle au visage de la classe ouvrière américaine et des propriétaires de petites entreprises", a-t-il encore asséné dans un communiqué, expliquant que son administration allait retirer l'autorisation fédérale à ce "projet pilote".
"Le péage est mort", s'est félicité sur son réseau Truth social le président Trump. "Manhattan et tout New York sont sauvés", a-t-il ajouté, dans une nouvelle intervention depuis le début de son second mandat dans les affaires de la ville.
Ces derniers jours, l'administration Trump a ordonné à la justice de New York de classer l'affaire pour corruption visant le maire de la ville, Eric Adams. Hasard du calendrier, la missive sur le péage intervient le jour-même où l'ancien avocat du président et désormais numéro 2 du ministère de la Justice, Emil Bove, est convoqué par un juge de New York pour expliquer cet ordre hautement inhabituel.
- "On se verra au tribunal" -
Le revirement de l'administration de Donald Trump, climato-sceptique assumé, sur ce sujet sensible au pays de la voiture reine, va désormais faire l'objet d'une bataille devant les tribunaux. De nombreux acteurs, à commencer par la régie du métro new-yorkais (MTA), qui devait bénéficier des revenus du péage, ont immédiatement promis de contester la décision en justice.
"Aujourd'hui, la MTA a déposé des documents auprès d'un tribunal fédéral pour garantir que le programme (...) se poursuivra malgré cette offensive sans fondement", a réagi dans un communiqué le PDG de la MTA, Janno Lieber.
"Il est déconcertant qu'après quatre ans et 4.000 pages d'évaluation environnementale supervisée par le gouvernement fédéral - et à peine trois mois après avoir donné son approbation finale au programme de réduction de la congestion -, le gouvernement prenne un virage à 180 degrés", a-t-il ajouté.
"M. le président, on se verra au tribunal", a également promis dans la foulée le parlementaire démocrate de New York Jerrold Nadler, estimant que Donald Trump n'a "aucune base légale pour arrêter unilatéralement ce programme".
Depuis son entrée en vigueur le 5 janvier, le péage a permis de "réduire drastiquement" les embouteillages et les New-Yorkais "vont au travail plus vite que jamais", a défendu la gouverneure Kathy Hochul, mettant en avant l'enjeu économique pour New York.
Le métro tentaculaire mais vieillissant attend de ce péage qu'il apporte 15 milliards de dollars de retombées, à terme, devant partiellement servir à sa rénovation.
Au moment de son entrée en vigueur, près de 700.000 véhicules circulaient chaque jour, à 11 km/h de moyenne, dans la zone concernée par cette taxe censée également profiter à la lutte contre la pollution atmosphérique.
"La volonté de Donald Trump de tuer la péage à New York est une nouvelle mesure irresponsable et illégale", a dénoncé l'ONG environnementale Evergreen Action. Selon son responsable, Justin Balik, cela fait partie de la volonté du président de "démanteler les politiques climatiques".
A.Ammann--VB