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Modi cherche à échapper aux foudres commerciales de Trump
Le Premier ministre indien, Narendra Modi, après sa relation d'amitié très démonstrative avec Donald Trump pendant son premier mandat, tentera jeudi d'échapper aux foudres commerciales du président américain à l'occasion d'une visite à la Maison Blanche.
"Traditionnellement, l'Inde est le pays qui a les plus hauts droits de douane", a déploré le milliardaire républicain avant la rencontre, "nous allons en parler".
Donald Trump a dévoilé jeudi un plan visant à mettre en place, à terme, des droits de douane "réciproques" et imposer aux produits qui arrivent aux Etats-Unis le même niveau de taxes que ce que le pays d'origine fait peser sur les produits américains.
Reste à voir si la "relation naturellement chaleureuse" entre les deux hommes, comme l'a décrite un haut responsable américain jeudi, suffira à protéger les exportations indiennes vers les Etats-Unis.
Sans entrer dans le détail des annonces attendues, le responsable américain déjà cité a fait état de "discussions sur de nouvelles commandes militaires" et sur des achats d'énergie américaine par l'Inde.
- Musk, Modi et les enfants -
Fait rare, Narendra Modi participera à une conférence de presse conjointe avec Donald Trump à 17H10 locales (22H10 GMT).
Il s'est déjà entretenu avec le milliardaire de la technologie Elon Musk, dont les efforts agressifs en tant que bras droit de Donald Trump pour remanier la bureaucratie fédérale ont suscité de vives critiques.
Le président américain, interrogé sur le sujet, n'a pas dit si l'homme le plus riche du monde avait rencontré Narendra Modi en tant que représentant du gouvernement américain ou à titre privé en tant qu'entrepreneur, à l'heure où les activités d'Elon Musk éveillent des soupçons de conflit d'intérêt.
"Ma rencontre avec Elon Musk à Washington DC a été excellente", a écrit jeudi le Premier ministre indien dans un post sur X assorti de photos de la réunion.
Sur l'un des clichés, les deux hommes se serrent la main devant des drapeaux américain et indien, dans un geste qui évoque une rencontre diplomatique officielle.
Sur une autre photographie, l'on voit Narendra Modi et Elon Musk, avec d'un côté la délégation indienne, et face à elle trois jeunes enfants assis sur des chaises, dont le petit "X", le fils du multimilliardaire, qui avait déjà suscité un vif intérêt médiatique en accompagnant son père mardi soir lors d'une apparition dans le Bureau ovale.
"Nous avons discuté de divers sujets (...) comme l'espace, la mobilité, la technologie et l'innovation. J'ai parlé des efforts de l'Inde en matière de réforme", a commenté Narendra Modi.
- Gages de bonne volonté -
Les Etats-Unis ont accusé en 2024 un déficit de 45,6 milliards de dollars dans les échanges de biens avec l'Inde, en hausse par rapport à 2023, selon le gouvernement américain.
Le commerce et les droits de douane, les relations avec la Russie ou l'immigration apparaissent comme autant de sources potentielles de tensions bilatérales.
Mais l'Inde a déjà donné des gages de bonne volonté.
New Delhi a par exemple accepté le rapatriement de 110 migrants expulsés par les Etats-Unis, à bord d'un avion militaire américain.
Les deux dirigeants discuteront également du renforcement du groupe dit "Quad", une alliance en matière de sécurité dans la région Asie-Pacifique, qui inclut également le Japon et l'Australie. L'Inde doit accueillir dans le courant de l'année les dirigeants de ce groupe, considéré comme un contrepoids au renforcement militaire de la Chine.
A grands renforts d'accolades, d'effusions et de compliments publics, Narendra Modi et Donald Trump ont mis en scène leur complicité pendant le premier mandat du milliardaire américain à la Maison Blanche, de 2017 à 2021.
La presse américaine avait alors parlé de "bromance", contraction entre "brother" (frère) et "romance".
Le dirigeant indien avait en particulier accueilli un Donald Trump visiblement réjoui pour une visite d'Etat en 2020, durant laquelle il avait participé à un grand rassemblement dans l'Etat natal de Narendra Modi, le Gujarat.
A.Ruegg--VB