-
Allemagne: Jürgen Klopp face au plus grand défi de sa carrière
-
La Bourse de Paris semble décidée à bien finir la semaine
-
Foot: Jürgen Klopp nommé sélectionneur de l'Allemagne
-
Nouvelle attaque de drones ukrainiens contre des entrepôts du géant de l'e-commerce russe
-
Netanyahu promet d'agir "avec fermeté" après des violences meurtrières en Cisjordanie
-
Face au "plus gros feu de la saison", 40.000 personnes évacuent le Cap-Ferret
-
Iryna Terekh, l'architecte de la frappe en profondeur ukrainienne
-
Nouvelle attaque de drones ukrainiens contre des entrepôts du géant d'e-commerce russe
-
Incendies: ordre d'évacuer le Cap-Ferret, plus de 10.000 hectares parcourus dans le Sud-Ouest
-
Inde: discussions annoncées entre le gouvernement et les étudiants frondeurs
-
Incendies: Paris sollicite l'aide européenne, état d'urgence en Espagne
-
Japon: deux morts sur le mont Fuji, une femme de 99 ans secourue
-
Athlétisme: aux championnats de France à Albi, le regard tourné vers l'Euro malgré les absences
-
Dix ans après le meurtre d'une voix critique, les Cambodgiens toujours réduits au silence
-
Andy Burnham installe son Downing Street "du Nord" à Manchester
-
Incendies en Nouvelle-Aquitaine: des dizaines de milliers d'évacués, des renforts aériens attendus
-
Nouvelles frappes américaines en Iran, le pétrole au-dessus des 100 dollars le baril
-
Incendies en Nouvelle-Aquitaine: 29.000 évacués, des renforts aériens attendus
-
Confiance et crédibilité, maitres mots des six candidats dans la course à la tête de l'ONU
-
Le ministère américain de la Justice annule les citations à comparaître de journalistes du New York Times
-
Aux Etats-Unis, les restrictions sur plusieurs peptides en passe d'être levées malgré les inquiétudes
-
Débat télévisé entre les six candidats dans la course à la tête de l'ONU
-
Gironde: 4.800 hectares brûlés et plus de 20.000 évacués, les pompiers défendent "maison par maison"
-
Wall Street plombée par la dégringolade de la tech et les craintes sur l'énergie
-
La médaille Fields couronne quatre jeunes mathématiciens, dont deux Chinois
-
L'Iran et les Etats-Unis se disent déterminés à poursuivre leurs attaques
-
La DJ Barbara Butch va porter plainte contre LFI
-
La Bourse de Paris termine dans le rouge, entre risque géopolitique et résultats
-
Gironde: 3.400 hectares brûlés et plus de 20.000 évacués, l'incendie "contenu"
-
Tour de France: Richard Carapaz remporte la 18e étape au sommet d'Orcières-Merlette
-
Wall Street ouvre en nette baisse, plombée par la chute d'Alphabet et Tesla
-
Moyen-Orient: la BCE temporise face à "l'incertitude", vers une hausse des taux en septembre
-
La circonstance aggravante de racisme retenue dans le meurtre de Crépol
-
Gaza: la sécurité alimentaire s'améliore mais reste fragile, selon l'ONU
-
Gironde: 3.100 hectares brûlés et plus de 20.000 évacués, des habitations menacées
-
La dix-neuvième étape du Tour: la folie en 21 virages
-
La BCE maintient ses taux mais note "l'incertitude" due à la guerre au Moyen-Orient
-
L'UE inflige 890 millions d'euros d'amendes à Google, risquant la colère de Trump
-
La France vient de subir sa 3e vague de chaleur la plus longue jamais mesurée
-
Gironde: 2.400 hectares brûlés, plus de 20.000 évacués et le spectre de 2022
-
EasyJet pique du nez, plombé par le conflit au Moyen-Orient
-
Violents incendies en Europe du Sud, des milliers de personnes évacuées
-
Le marché en plein essor des peptides sous la loupe d'experts aux Etats-Unis
-
Encerclés par les milices, les Soudanais craignent un cycle de guerres sans fin
-
Au sommet des Alpes suisses, une balançoire géante pour attirer les estivants
-
Fronde étudiante en Inde: Modi promet de punir les fraudeurs, les manifestants persistent
-
Franchises médicales : le gouvernement annonce le doublement du plafond
Ukraine: dans les campagnes du front sud, les plus pauvres sèment sous les bombes
Devant la maison de son patron, récemment touchée par un bombardement, Vassili Kouchtch, jure contre ces "enfoirés de Russes" qui détruisent chaque jour un peu plus son village, puis reprend sa pelle : "Je dois travailler. Je n'ai nulle part d'autre où aller."
Mala Tokmachka, à 70 km au sud-est de Zaporijjia et à quelques kilomètres de la ligne invisible séparant les troupes de Moscou des forces de Kiev dans le sud de l'Ukraine, est réveillée chaque nuit par les roquettes russes fendant le ciel, et contemple chaque matin leur funeste contribution.
Depuis peu, la clôture métallique de l'employeur de Vassili fait l'accordéon. Plusieurs fenêtres de ses deux tracteurs hors d'âge, garés dans le jardin, ont implosé. Des gravats jonchent le sol. La petite bombe responsable des dégâts a déposé sa signature, un trou net dans la terre, juste devant la maison.
De l'autre côté de la rue, le toit d'une bâtisse en briques rouges, détruit par un autre projectile, laisse apparaître sa charpente. "La voisine était dans la cuisine. Elle est partie se cacher dans les champs", raconte Vassili. Avant d'ajouter : "Dieu merci, la vache est encore vivante."
Vassili Kouchtch fait partie des quelques centaines d'habitants décidés à rester au village, que des milliers d'autres ont déserté après deux mois de conflit. Les derniers sur place ont en commun d'être les plus pauvres, souvent les plus vieux, et de n'avoir comme richesse que ce que leur rapporte la terre.
Vassili est âgé de 63 ans, mais en parait quinze de plus, avec son visage édenté et passablement ridé. La veste de treillis qu'il porte lui a été "donnée par un gardien de prison." Son ample pantalon "date de l'époque soviétique". Il vit dans un minuscule réduit, qui "tremble" à chaque impact russe.
- "Comme nu" -
"Je suis comme nu, soupire l'ancien chauffeur, qui multiplie depuis trente ans les petits boulots. Je n'ai pas d'argent pour acheter quoi que ce soit."
Puisque personne ne l'attend, ce divorcé, père de cinq enfants dont aucun n'a gardé contact avec lui, aimerait "enterrer vivants" les "Katsapi" - terme péjoratif désignant les Russes. Mais il sait qu'il n'aura aucune chance face à eux avec sa seule pelle, et demeurera donc à Mala Tokmachka.
"Si on ne sème pas les patates, on n'en récoltera aucune. Pareil pour les oignons. Et alors les vaches mourront de faim", s'effraie-t-il, tout en roulant dans du papier journal du tabac qu'il fait lui-même pousser.
Un désastre pour celui dont les parents, nés en 1927, ont connu la grande famine de 1932-33 - connue sous le nom d'Holodomor, et que Kiev qualifie de "génocide" orchestré par Staline - et celle de 1946-47. Ces drames lui ont appris une chose : "On ne peut pas vivre juste d'eau, mais on survit avec du lait."
Olga Touss, qui héberge Vassili, l'accuse d'être "un ivrogne" : "Quand il boit, on ne l'approche pas. Sinon, ça va."
- "Salauds" -
Mais la sexagénaire à robuste carrure, qui a noué ses cheveux sous un fichu pourpre, partage avec lui deux valeurs désormais cardinales dans l'Ukraine rurale: d'abord sa haine des Russes, que cette femme qui a travaillé 20 ans à Moscou qualifie de "salauds", et surtout sa volonté d'ensemencer la terre, car selon un adage local, "quand les fleurs commencent à éclore, tout se termine".
Olga veut croire que la guerre "s'arrêtera bientôt", elle qui n'envisage "même pas une seconde" que les troupes de Moscou puissent prendre Mala Tokmachka, malgré les roquettes grondant au-dessus d'elle.
Un pari que n'ont visiblement pas fait les "riches" ayant fui le village, contrairement aux "pauvres" qui y sont selon elle restés.
Depuis plusieurs jours, l'AFP a pu observer plusieurs convois de moissonneuses-batteuses et autres tracteurs rutilants sur les routes secondaires menant à Zaporijjia, grosse ville du Sud encore sous le contrôle de Kiev.
D'après Youri, un responsable de la défense territoriale de Mala Tokmachka, "c'est pour éviter que ces engins soient pillés par les Russes".
Natalia Bouinitskaïa et son mari Guennady, la petite soixantaine, semblent au-delà de ces considérations. Le couple n'a pu partir car la mère de Natalia, Vera, minuscule bout de femme au crépuscule de sa vie, n'a pas souhaité mourir ailleurs que dans le village où elle est née.
"J'ai peur quand ça tremble trop fort. Du coup, je reste allongée et je regarde la fenêtre", raconte cette femme aux 84 printemps, qui dit ne plus pouvoir marcher, "pas à cause d'une maladie mais du fait de (son) âge".
La vieille dame pense alors à un futur sans guerre, ou à son passé glorieux, quand elle "courait, courait, courait". Sans aucune bombe à éviter.
M.Ouellet--BTB