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La Défense, un quartier d'affaires de plus en plus étudiant
Dépeuplée d'une partie de ses salariés, La Défense a débuté sa transformation pour mieux intégrer les étudiants. Car ils sont de plus en plus nombreux dans le quartier d'affaires parisien, où une cinquantaine d'établissements d'enseignement supérieur sont implantés.
Entre une tour de la Société Générale et la salle de concert Paris La Défense Arena, le sigle de l'école de management IESEG s'affiche en grosses lettres.
A côté de l'Arche de la Défense, celui de l'ICN, autre école de management, trône en haut de l'immeuble. Plus loin, ceux de l'ESCE, de l'HIEP, de l'HEP...
Depuis la pandémie de Covid et l'essor du télétravail, les tours qui s'étaient vidées plusieurs mois n'ont jamais vraiment retrouvé tous leurs travailleurs. Mais quelque 70.000 étudiants se mêlent à présent aux salariés et aux cadres.
"Mon objectif est de travailler dans le secteur bancaire, alors je n'ai pas hésité, j'ai tout de suite choisi le campus de La Défense. Pour le CV, Paris, c'est important", sourit Matteo Buonamici, étudiant italien de 24 ans en double diplôme à l'IESEG, rencontré par l'AFP devant l'école.
Depuis plusieurs mois, La Défense affiche clairement sa "volonté de finir sa transformation en lieu de vie et d'activité étudiante", indique Pierre-Yves Guice, directeur général de Paris La Défense. "En réalité, il y a une activité universitaire à La Défense depuis très longtemps, mais ça s'est beaucoup accéléré depuis 10-15 ans", dit-il, dos à la fenêtre d'un bureau au 18e étage d'une des tours.
Profil type de ces nouvelles arrivées: une école privée, souvent de management ou de commerce, généralement installée en province et cherchant à s'implanter dans la capitale.
"C'était La Défense ou rien, parce que les entreprises sont là, et que ça a une signification: c'est le premier centre d'affaires européen", justifie Florence Legros, directrice générale d'ICN Business School, école privée arrivée en 2018 de Nancy.
Implanté à La Défense depuis septembre 2022, le campus Omnes Education (ESCE, HIEP, IFG et INSEC) pointe aussi la proximité avec les entreprises. "Quand les étudiants sont en cours, ils voient les cadres en train de travailler à travers les fenêtres d'en face", assure Christophe Boisseau, directeur général de l'école de commerce ESCE, vantant un "effet de mimétisme" pour ses étudiants.
- "Pas de vie" -
La tour du campus Omnes Education abrite donc les quatre écoles et leurs salles de cours ultra-connectées, une "fun zone" avec bornes d'arcade et table de ping-pong, une "zen zone" avec canapés et jeux d'échecs, une cafétéria au niveau -1, et "deux belles terrasses".
"On est venus pour se rapprocher des entreprises, et pour la visibilité au niveau du recrutement des étudiants et partenaires internationaux", renchérit Caroline Roussel, directrice de l'IESEG, école de management d'origine lilloise installée à La Défense depuis 2008, au côté de Guillaume de Rendinger, directeur délégué chargé du campus de La Défense.
S'installer dans ce quartier favorise "les débouchés pour les étudiants" mais est également bénéfique pour les établissements, avec "un loyer un petit peu moins élevé qu'à Paris", assure Caroline Nachtwey, directrice "bureaux grands projets" de la société de conseil en immobilier d’entreprise CBRE.
Pour les propriétaires des tours, trouver des locataires est plus difficile depuis la pandémie de Covid, et louer à une école se révèle un "bon deal", affirme Mme Nachtwey, car "ce sont des acteurs extrêmement sérieux, avec des engagements longs et la garantie d'avoir des loyers payés rubis sur l'ongle".
Le quartier, lui, doit encore s'adapter.
"Il manque encore des choses pour être un vrai campus et proposer toute la palette d'expériences et de services qu'un étudiant, qu'une école peuvent légitimement rechercher", admet M. Guice. "Les lieux de sport, les offres de restauration, les lieux de détente et le logement sont les quatre sujets que nous souhaitons porter", indique aussi M. de Rendinger.
Pour l'heure, pas de restaurant universitaire, le plus proche étant sur le campus de Nanterre. Pas non plus d'offres de loisirs adaptées au portefeuille étudiant: le soir, quand la dalle se vide de ses travailleurs, peu d'étudiants restent y boire un verre.
Les logements étudiants existent mais sont peu nombreux.
"Je ne voudrais pas habiter à La Défense, même si je pouvais", s'exclame Chloé Gaillard, étudiante à l'ESCE.
"Il n'y a pas de vie ici", souffle Carla Albiges, en quatrième année à l'ESCE, avant de retourner en cours, dans les hauteurs de la tour.
N.Schaad--VB