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Les conflits dans le monde "renforcent" le lien Moscou-Pékin, selon Poutine
Le président russe Vladimir Poutine a affirmé mercredi que les conflits et menaces dans le monde "renforcent" la relation de son pays avec la Chine, à l'occasion d'un déplacement à Pékin.
"En ce qui concerne l'impact des facteurs externes et des conflits sur le développement des relations russo-chinoises, tous ces facteurs externes sont des menaces communes qui renforcent la coopération entre la Russie et la Chine", a-t-il déclaré.
Vladimir Poutine a ainsi dit "envisager avec optimisme" les "perspectives" de coopération avec son allié chinois, indispensable partenaire pour Moscou à l'heure où les sanctions internationales pèsent sur l'économie russe.
Le dirigeant russe s'exprimait lors d'une conférence de presse, quelques heures après un entretien avec le président chinois Xi Jinping, qui a salué la confiance "croissante" entre Pékin et Moscou.
"La confiance politique mutuelle entre les deux pays est en croissance constante", a-t-il dit à son allié, selon l'agence officielle Chine nouvelle, au moment où les deux hommes affichent leur unité face à l'Occident.
Le dirigeant a appelé les deux pays à "sauvegarder l'équité internationale" et "la justice", selon la même source, soulignant leur "coordination stratégique proche et efficace".
Les deux hommes se sont rencontrés au Palais du peuple, en marge du forum des Nouvelles routes de la soie à Pékin, qui survient alors que le monde a les yeux tournés vers la guerre Israël-Hamas.
- "Confrontation des blocs" -
Lourdement sanctionnée par les Occidentaux en raison de son offensive contre l'Ukraine, la Russie cherche à resserrer ses liens, déjà étroits, avec la Chine, laquelle semble avoir pris l'ascendant dans leurs relations bilatérales.
Vladimir Poutine est l'invité de marque du forum auquel assistent des représentants de quelque 130 pays, principalement du Sud.
C'est son premier déplacement dans une grande puissance mondiale depuis l'invasion de l'Ukraine en février 2022, qui a isolé la Russie sur la scène internationale.
A l'ouverture du forum, Xi Jinping a dénoncé la "la confrontation de blocs". "Nous nous opposons aux sanctions unilatérales, à la coercition économique, au découplage et à la réduction des liens" économiques, a-t-il déclaré.
Dans un contexte de tensions avec Pékin, certains responsables politiques en Europe et aux Etats-Unis prônent un "découplage" avec la Chine, c'est-à-dire de couper tout lien économique avec le géant asiatique, ou du moins de limiter leur dépendance.
Pékin ne va pas s'engager dans "une confrontation idéologique, des jeux géopolitiques ou une confrontation de blocs", a assuré Xi Jinping.
- "Coopération équitable" -
Moscou et Pékin "partagent le désir de coopération équitable dans le monde", a déclaré Vladimir Poutine dans un discours, saluant le "succès" des Nouvelles routes de la soie.
L'ex-Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin, présent au forum en tant qu'envoyé spécial du président Emmanuel Macron, a quitté la salle peu avant le début du discours de M. Poutine, selon des journalistes sur place.
Lors de sa rencontre ensuite avec son "cher ami" Xi Jinping, le président russe a souligné l'importance d'une "coordination étroite sur la politique étrangère" dans "les conditions difficiles actuelles", selon un compte-rendu du Kremlin.
La Chine est le premier partenaire commercial de la Russie, avec des échanges à un niveau record de 190 milliards de dollars l'an dernier. Xi a rappelé mercredi l'objectif de 200 milliards fixé par les deux pays cette année.
Il a aussi défendu les Nouvelles routes de la soie, vaste projet d'infrastructures porté par Pékin dans une centaine de pays, affirmant qu'elles vont "apporter un nouvel élan à l'économie mondiale".
- L'ombre de la guerre -
Ce forum à Pékin survient en pleine guerre entre Israël et le Hamas.
Vladimir Poutine a qualifié mercredi de "tragédie" la frappe qui a tué la veille des centaines de personnes dans un hôpital de Gaza, tandis que la Chine s'est dite "choquée" et a condamné "vigoureusement" le tir.
Présent à Pékin, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a estimé mercredi que l'attaque du Hamas contre Israël ne pouvait "justifier la punition collective des Palestiniens" de Gaza.
R.Flueckiger--VB