-
Ethiopie: l'armée fédérale est entrée dans Mekele, capitale du Tigré, selon une source humanitaire
-
Dans l'Eure, des milliers de personnes manifestent contre l'usage des pesticides
-
Espagne : manifestations monstres pour le logement, après le rejet des mesures du gouvernement
-
Les Houthis accusent Ryad de pilonner Sanaa, qu'ils contrôlent, incendie sur un site saoudien d'Aramco
-
Mode/Paris : Allure légère pour contexte lourd chez Hermès
-
Equipe de France : Jacquet le bienheureux
-
Brésil : Lula et Flavio Bolsonaro bouclent leur campagne avant un scrutin serré
-
Des milliers de personnes manifestent contre l'usage des pesticides dans l'Eure
-
Equipe de France : Dembélé, le débat relancé
-
Espagne : après le rejet des mesures du gouvernement, des manifestations monstres pour le droit au logement
-
La Russie appelle les diplomates et étrangers à quitter Kiev, ciblée à répétition
-
La Corée du Nord affirme avoir lancé un missile balistique utilisant l'IA
-
Fortes explosions entendues dans la capitale yéménite, aux mains des combattants Houthis
-
GP de Bahreïn en Malaisie: Verstappen (Red Bull) s'élancera juste devant Hamilton (Ferrari)
-
Ethiopie: les forces tigréennes quittent Mekele, capitale du Tigré
-
Fin de quinquennat lugubre pour la Macronie
-
Vol flydubai: l'enquête établit un "acte terroriste"
-
Cancer du sein avant 40 ans: plus agressif, plus toxique et une vie sociale bouleversée
-
La responsabilité climatique des pétroliers devant la Cour suprême
-
Changement climatique : en Belgique, un tapis vert sur les canaux de Gand
-
Venezuela: lumière dans le ciel pour les morts, 100 jours après le double-séisme
-
La Bulgarie accueille les restes attribués au tsar Samouil
-
Législatives en Lettonie, entre menace russe et coût de la vie
-
Ligue des nations: Olise, le sauveur des Bleus
-
Ligue des nations: premier accroc pour les Bleus de Zidane
-
Affaire Cornell: la gouverneure de New York veut changer la loi sur les victimes de viol en état d'ébriété
-
Wall Street termine en hausse, l'emploi plaide pour un statu quo de la Fed
Des autochtones colombiens en "médecins" au chevet du Rhône
"Munkulaxka": le lieu qu'il faut laisser croître. C'est ainsi que les Kogis, peuple autochtone millénaire de Colombie, ont nommé la confluence du Rhône et de l'Ain, à l'issue d'une visite menée avec des scientifiques cette semaine.
A Saint-Maurice-de-Gourdans (Ain), le Rhône est resté incroyablement sauvage: ses eaux vives céladon et ses abords couverts de roseaux tranchent avec un fleuve largement corseté par des berges artificielles, régulé par des barrages, pollué par les activités industrielles.
Sur la rive empierrée, cinq représentants du peuple Kogi, entièrement vêtus de blanc, sont assis, touchent l'eau et discutent.
Pour ces héritiers de la civilisation pré-colombienne des Tayronas, la confluence de l'Ain et du Rhône, bien que vivace et verdoyante, est un "point rouge": un point de grande vulnérabilité. A l'issue de la matinée, ils recommandent de "laisser vivre" ce qui est un des derniers tronçons du Rhône sauvage.
"En quelques phrases, ils ont réussi à poser presque un diagnostic sur une réalité avérée alors qu'ils n'ont jamais mis les pieds ici. C'est assez stupéfiant", s'étonne Samuel Monnet du syndicat de rivière SR3A et fin connaisseur du lieu.
Le "diagnostic de santé territoriale" des Kogis s'inscrit dans le cadre d'une coopération avec des scientifiques internationaux impulsée en 2009 par un géographe français, Eric Julien, fondateur de l'association Tchendukua qui accompagne le peuple Kogi dans le rachat de ses terres.
C'est elle qui finance le voyage en partenariat avec l'ambassade de France en Colombie mais aussi avec l'Unesco, qui a inscrit les connaissances Kogi au patrimoine mondial et appuie le recours au savoir des peuples autochtones en matière de préservation de l'environnement.
Trois Etats américains appliquent déjà de telles techniques pour mieux préserver les forêts.
- Le poumon du fleuve -
Après un premier voyage en France en 2018, les Kogis ont à nouveau quitté leurs terres de la Sierra Nevada de Santa Marta pour venir ausculter le Rhône, de sa source à son embouchure. Un livre collectif, un film ainsi que des conférences sont prévus pour documenter leur expédition.
Au bord de l'eau, Arregocès Conchacala Zalabata, gouverneur du peuple Kogi, explique parcourir le "corps" du fleuve "comme un médecin". "On a commencé par la tête avec le glacier (en Suisse), on a regardé son coeur (le lac Léman) et maintenant le poumon".
Les rivières qui se jettent dans le Rhône "sont comme des millions de veines" qui l'irriguent. Elles "ont une fonction que nous ne connaissons pas. Ces petites pierres sont des êtres. Elles ont un rôle à jouer", poursuit-il.
"On peut considérer ces images comme poétiques, mais ce qui est intéressant, c'est que je peux les retrouver en tant que géographe", s'enthousiasme Jean-Louis Michelot, qui suit les Kogis pendant leur voyage.
"Si j'en parle de façon technique, l’Ain amène des graviers et ces graviers c'est une respiration de la rivière puisque le Rhône peut en faire des îles, des nouveaux bras, des nouveaux paysages", ajoute l'auteur de l'ouvrage "Sur le Rhône".
- "Hyperspécialisation" -
Les Kogis n'ont pas de mot pour dire "nature", puisqu'elle n'est pas une entité "séparée" de leur propre corps. La terre est un organisme vivant, dont les rivières sont le sang, le vent le souffle, les arbres le système pileux.
Formés depuis leur naissance et pendant 18 ans dans le noir, leurs autorités spirituelles, les Mamos, acquièrent la sensibilité nécessaire pour communiquer avec la "Mère Terre".
"On vit dans un monde d'hyperspécialistes, qui ne regardent que de petits bouts" des problèmes, regrette Jean-Louis Michelot. Eux "ont une vision globale et ça nous fait du bien".
Face aux "dégâts" commis jusqu'ici et aux conséquences globales du réchauffement climatique, "la seule solution c’est de s'unir", plaide Arregocès Conchacala Zalabata, qui voit sa visite comme une main tendue et non comme une leçon.
"La seule chose à faire, c'est protéger les montagnes et la forêt, régénérer les espaces, poursuit-il. On a besoin d'une information de base, solide. Cette information, c'est pas sur internet, elle est dans les terres, dans les rivières, dans l'espace."
F.Wagner--VB