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Ouganda: le difficile travail d'identification des victimes de l'attaque jihadiste contre un lycée
Des familles dans l'ouest de l'Ouganda attendent toujours lundi les résultats des tests ADN pour identifier des victimes du massacre perpétré par des jihadistes dans un lycée, qui a fait au moins 41 morts, pour la plupart des élèves surpris dans leurs dortoirs.
Les victimes ont été attaquées à coup de machettes, abattues par balles ou brûlées vives vendredi soir dans l'école Lhubiriha à Mpondwe, près de la frontière avec la République démocratique du Congo (RDC). Quinze autres membres de la communauté, dont cinq filles, sont toujours portés disparus.
Des responsables de l'armée et de la police ougandaise ont incriminé des membres des Forces démocratiques alliées (ADF), une milice islamiste qui a prêté allégeance au groupe Etat islamique.
Dix-sept victimes ont été brûlées au-delà de toute reconnaissance possible lorsque les assaillants ont incendié un dortoir, compliquant l'identification des victimes et le décompte des personnes disparues.
"Nous ne sommes pas sûrs que nos enfants soient parmi ceux qui ont été enlevés ou brûlés. Nous sommes affligés, peut-être que le gouvernement nous donnera une réponse bientôt et nous prions", a déclaré à l'AFP Joseph Masika, un tuteur d'un des étudiants portés disparus, après d'éprouvantes visites dans des morgues et des hôpitaux de la région.
"C'est une situation douloureuse qu'aucun parent ne voudrait vivre, mais nous gardons espoir qu'ils soient en vie où qu'ils soient", a-t-il ajouté.
Selon des responsables, parmi les 41 victimes figurent 37 étudiants et quatre autres personnes, dont un agent de sécurité.
- "Sécurité sous contrôle" -
Le président Yoweri Museveni a qualifié dimanche ce massacre d'acte "désespéré, lâche" et promis d'éliminer les responsables de l'assaut sanglant, le pire de ce type perpétré dans le pays depuis des années.
Joe Walusimbi, le commissaire du district de Kesese, où se trouve l'école, a déclaré que la plupart des victimes identifiées avaient été enterrées dimanche, mais que les enterrements se poursuivaient lundi.
"Nous avons presque terminé l'inhumation des morts déjà identifiés et nous attendons les tests ADN de ces étudiants qui ont été brûlés au point d'être méconnaissables", a-t-il déclaré à l'AFP, tout en affirmant, contrairement à certaines publications sur les réseaux sociaux, que les écoles de la zone sont toujours ouvertes: "la situation sécuritaire est sous contrôle".
Le lycée se trouve à moins de deux kilomètres de la frontière avec la RDC, où les ADF sont actives et sont accusées d'avoir tué des milliers de civils depuis les années 1990.
A l'origine des rebelles ougandais majoritairement musulmans, implantés en RDC depuis les années 1990, ils ont prêté allégeance en 2019 à l'EI, qui revendique certaines de leurs actions et les présente comme sa "province d'Afrique centrale" (Iscap en anglais).
L'attaque vendredi contre le lycée Lhubiriha à Mpondwe est la plus meurtrière en Ouganda depuis le double attentat à Kampala en 2010 qui avait fait 76 morts lors d'un raid revendiqué par le groupe islamiste des shebab, basé en Somalie.
F.Müller--BTB