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Etats-Unis: Nikki Haley et les autres, tous derrière et Trump devant
A moins d'un an du début des primaires pour l'élection présidentielle de novembre 2024, Nikki Haley, ex-ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU, multiplie les déplacements sur le terrain pour, comme d'autres outsiders républicains, tenter de grignoter l'énorme avance de Donald Trump dans les sondages.
La récente inculpation - historique - de l'ex-président américain, cerné par les affaires judiciaires, entrouvre la porte à des candidats qui ne manqueront pas de se présenter comme plus modérés et moins imprévisibles que Donald Trump, 76 ans.
Nikki Haley, 51 ans, fille d'immigrés indiens et ancienne gouverneure de Caroline du Sud, a ainsi enchaîné vendredi sa troisième réunion publique en trois jours, dans la modeste mairie de Laconia, petite ville du New Hampshire (nord-est) d'environ 16.000 habitants.
"On m'a toujours sous-estimée, dans tout ce que j'ai entrepris. Et c'est une bénédiction parce que cela me rend combative et cela fait de moi une bosseuse", harangue Haley devant 150 personnes, arborant un sweater "Celle qui ose gagner".
Pourtant, comme la plupart des candidats républicains déclarés (Tim Scott, Asa Hutchinson, Vivek Ramaswamy, Perry Johnson), Haley ne décolle pas dans les sondages, créditée de 1% à 5% selon les enquêtes.
Rien de surprenant pour Sandra LaRose, une employée de bureau rencontrée par l'AFP dans une cafétéria de Manchester (New Hampshire).
Les partisans de Haley et d'autres candidats républicains "voient les choses avec des lunettes teintées en rose", explique cette électrice de Trump de 58 ans. "Mais si vous enlevez ces lunettes, est-ce qu'elle a vraiment ce qu'il faut pour diriger" le pays?"
En l'état, le gouverneur de Floride Ron DeSantis, 44 ans, semble le mieux placé pour défier Donald Trump dans la course à l'investiture du "Grand Old Party".
S'il n'est pas officiellement candidat à la Maison Blanche, cette figure de la droite dure parvient à exister dans le débat public, à la faveur de son combat proclamé contre le "wokisme" - la "bien-pensance" honnie par les conservateurs - ou de son bras de fer avec le géant du divertissement Disney.
Reste que Trump caracole loin devant ses concurrents républicains (de 20 à 46 points de pourcentage selon les sondages), au point que jeudi, lors d'un meeting dans le New Hampshire, il s'est interrogé sur la pertinence de débattre avec eux.
"Pourquoi est-ce qu'on ferait ça ?", s'est-il amusé.
- "Pas assez coriace" ? -
Si tous les outsiders républicains affirment se présenter pour aller jusqu'au bout, certains électeurs comme Sara Mack, 75 ans, pensent qu'ils sont avant tout candidats pour figurer sur le ticket de Trump pour le poste de vice-président.
Leur seul avantage est d'être un peu moins chaotiques que Trump, explique Sara Mack, rencontrée par l'AFP lors de la réunion publique de Trump.
Tout en concédant également à Nikki Haley des compétences en matière de relations internationales, celle-ci "n'est pas assez coriace pour se rendre en Iran, en Corée du Nord, en Chine" et pour rencontrer le président russe Vladimir Poutine, estime la septuagénaire. "Trump l'est."
Haley, qui incarne selon elle "une nouvelle génération" de dirigeants, assure aux habitants de Laconia que les Etats-Unis étaient "respectés" à l'ONU quand elle y représentait les Etats-Unis.
Erica, militaire de 27 ans, a revêtu un T-shirt de campagne de Nikki Haley et veut y croire: il "existe de meilleures alternatives" que Trump et "je ne pense pas qu'il soit impossible" de le battre.
Mais pour Brendan Florio, un vendeur de voitures de Laconia, "ça va être dur pour quiconque se mettra sur son chemin", en référence à Trump.
"Et, poursuit-il, c'est probablement une des raisons pour laquelle DeSantis se retient d'entrer en campagne. Pourquoi voudrait-il se lancer là-dedans s'il n'a aucune chance ?"
L.Dubois--BTB