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Salon de l'agriculture: Macron au contact du monde rural et des Français
A la rencontre du monde rural mais aussi de Français inquiets de son projet de réforme des retraites: Emmanuel Macron effectue samedi la traditionnelle visite inaugurale du Salon de l'agriculture, l'occasion d'un contact direct avec les Français après des semaines de relatif retrait.
Tapoter le dos des vaches, déguster du "100% français" et riposter aux interpellations: c'est un rituel présidentiel auquel le chef de l'Etat a choisi de se plier pendant une longue déambulation de plus de 12 heures.
Emmanuel Macron a commencé sa visite par une table ronde avec des professionnels de la pêche. Il a évoqué les années difficiles pour la filière, avec le Brexit, l'envolée des prix des carburants, et assuré de sa "détermination a trouver des solutions".
Il a annoncé un geste sur l'aide sur les carburants qui sera prolongée jusqu'à octobre, selon le secrétaire d'Etat à la Mer, Hervé Berville, qui participait aux discussions.
Puis il a coupé le ruban inaugural et donné le coup d'envoi de cette manifestation qui, depuis 1964, permet aux citadins de découvrir les richesses de l'agriculture française. Le salon est dès samedi ouvert au grand public.
La visite présidentielle avait été très rapide en 2022, au tout début de la guerre en Ukraine, et le salon avait été annulé en 2021 pour cause de Covid.
Emmanuel Macron doit passer toute la journée - près de treize heures en 2020 - au contact des professionnels de l'élevage, des cultures, de la pêche et de l'industrie agro-alimentaire, mais aussi des visiteurs qui affluent dès le premier jour.
Après avoir admiré l'égérie du salon, la vache salers Ovalie, il s'est attardé auprès des éleveurs, s'inquiétant du maintien de leurs revenus et des conditions d'installation des jeunes.
Il a été interrogé sur les accords internationaux et notamment sur le projet d'accord de libre-échange entre l'Union européenne et les pays latino-américains du Mercosur.
"Je veux qu'ils respectent autant que nous l'environnement", a confié le président à ses interlocuteurs qui redoutent le risque d'une concurrence inéquitable. "On est en ruines", lui ont vivement lancé d'autres éleveurs, se plaignant de l'implantation d'antennes-relais de télécoms près de leurs exploitations.
Un an après le déclenchement de la guerre en Ukraine, qui a fait flamber les prix de l'alimentation, et alors qu'une sécheresse chronique s'installe en France, Emmanuel Macron entend insister au cours de cette journée sur la nécessité de "renforcer la souveraineté" alimentaire du pays et de soutenir les agriculteurs face aux défis environnementaux, a indiqué l'Elysée.
- Enjeu de l'eau -
Après la sécheresse historique de l'été, la France pourrait de nouveau connaître de nombreuses restrictions d'eau dès le mois de mars, faute de pluie depuis le tournant de l'hiver.
Dans les allées du salon, le chef de l'Etat veut fixer "un cap" sur les économies d'eau à réaliser "collectivement", un enjeu crucial pour le monde agricole, selon l'Elysée.
Cela implique "une meilleure irrigation", des "variétés plus résistantes à la sécheresse" et le recyclage d'eaux usées, un domaine dans lequel la France accuse un gros retard par rapport à ses voisins.
Il devrait aussi évoquer la construction de réserves d'eau pour les agriculteurs, selon le ministre de l'Agriculture Marc Fesneau, un sujet qui hérisse les écologistes.
- "Pauvre con" -
La présidente de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA, majoritaire), Christiane Lambert, réclame pour sa part moins de contraintes environnementales et préconise l'instauration d'un chèque alimentaire pour les plus démunis afin de compenser l'envolée des prix.
Si Jacques Chirac, le président dont le nom est le plus associé au Salon, se vantait de savoir "tâter le cul des vaches" et voyait dans les salers des "chefs d'œuvre", Emmanuel Macron se veut moins lyrique sur le sujet. En 2018, il fustigeait même ceux qui se contentent de "tapoter les vaches".
Sa visite sera néanmoins scrutée de près, le rituel le cédant souvent à l'imprévisible. Il pourrait notamment être interpellé sur l'impopulaire réforme des retraites, qui a donné lieu à des débats houleux à l'Assemblée nationale et sera examinée à partir de mardi prochain au Sénat, et sur la flambée des prix.
En 2008, Nicolas Sarkozy, pris de court, avait lancé son célèbre "Casse-toi, pauvre con !" à un visiteur qui refusait de lui serrer la main.
J.Fankhauser--BTB