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C'est toujours beau la vie pour Isabelle Aubret, de retour sur scène
Par deux fois Isabelle Aubret avait fait ses adieux au public, mais à 87 ans, l'interprète de "C'est beau la vie" n'a pas résisté à l'envie de retrouver la scène, avec un spectacle biographique mêlant souvenirs et chansons.
"On n'empêche pas un oiseau de chanter", glisse à l'AFP ce pinson inoxydable, figure de la chanson française surnommée "la petite sœur de Ferrat" pour son répertoire qui compte de nombreuses chansons de son ami Jean.
"J'ai une très bonne santé et je compte bien être centenaire! J'aime mon métier passionnément. C'est toute ma vie. Je me suis rendue compte que je ne pouvais pas m'arrêter de chanter pour les gens", confie la chanteuse, lauréate de l'Eurovision en 1962.
En 2016 à l'Olympia puis en 2023 sur ses terres natales du Nord, Isabelle Aubret avait annoncé ses adieux "pour partir en pleine forme, le cœur rempli d'amour", après une carrière à succès démarrée dans les années 1960.
"J'ai fait ces adieux avec la peur du concert de trop, mais je suis en forme. J'ai la chance de garder ma voix et toute mon énergie", constate l'artiste, qui continue de prendre le volant à la fin de ses galas. "La seule chose pour me détendre après la scène", sourit-elle.
En tournée avec ce nouveau spectacle intimiste, conçu "comme une ode à la vie", elle a fait le choix de petites salles dont Romorantin en Sologne le 11 et 12 avril ou Huissignies (Belgique) en septembre.
Elle raconte, debout pendant deux heures et sans pause, ses 75 ans de carrière, depuis son enfance près de Lille, dans une famille très modeste mais heureuse, avec ses dix frères et sœurs.
- "Donner du bonheur" -
Jeune adolescente déjà ouvrière dans une usine textile, Isabelle Aubret remporte plusieurs concours de chant dont celui, décisif, de l'Olympia en 1960. Les producteurs Jacques Canetti et Gérard Meys - qu'elle épousera plus tard - la prennent sous leurs ailes.
Deux ans plus tard, "l'alouette du Nord" remporte le concours de l'Eurovision avec "Un premier amour".
Jean Ferrat, avec qui elle partage les mêmes convictions de gauche, lui offre alors plusieurs tubes dont "C'est beau la vie". Ils évoqueront "un coup de foudre artistique".
Cette chanson s'inscrit comme un hymne à la résilience face aux tragédies: l'artiste elle-même est gravement blessée en 1963 dans un accident de voiture, tout comme lors d'une chute de trapèze pendant le Gala des artistes en 1981.
Elle deviendra aussi la principale interprète de la poésie de Louis Aragon.
Dans son nouveau spectacle, "entre deux chansons souvent a capella, je raconte aussi les rencontres extraordinaires que j'ai faites. Mon tout premier Olympia en présence de mes parents dans une salle comble rien que pour moi, est un souvenir extraordinaire", rembobine-t-elle.
A-t-elle un message pour son public ? "Je lui dis +merci!+. Échangeons jusqu'à la fin, car il n'y a rien de plus joli que le partage, les émotions, les étreintes et même l'argent. Tout seul, on n'est rien!", lance-t-elle.
"Ma source de jouvence, c'est justement l'amour du partage. Donner du bonheur et pouvoir encore le faire, c'est magnifique", estime Isabelle Aubret. Et comme les oiseaux au lever du jour, elle assure chanter tous les matins "quoi qu'il arrive" pendant 90 minutes, nichée dans le studio aménagé à son domicile.
D.Schlegel--VB