-
Tirs dans les Yvelines : un mort et plusieurs blessés, Macron dénonce un "attentat terroriste raciste"
-
Tuerie dans les Yvelines : "un attentat à connotation raciste, probablement islamophobe" (maire de Trappes)
-
La tempête Austen poursuit sa route vers le Nord-est, 242.000 foyers sans électricité
-
Yvelines : Macron dénonce un "attentat terroriste raciste" ayant fait un mort et des blessés
-
La Bourse de Paris termine dans le rouge, la dette française attend Moody's
-
Allemagne: Vincent Kompany, l'entraîneur du Bayern, hospitalisé après un malaise
-
Grand Paris Express : le démarrage de la ligne 18 pourrait être reporté à 2027
-
"Une agression": en Colombie, des indigènes en lutte contre le nouveau président de droite
-
Prix des carburants: les transporteurs routiers italiens cessent leur mouvement de grève
-
Mobilisation du 24 octobre : ce qui est prévu
-
Iran : huit pays d'Europe et du Moyen-Orient plaident pour la paix à Istanbul
-
La tempête Austen poursuit sa route vers le nord, 288.600 foyers sans électricité
-
Meghan "bouleversée" par des accusations visant son père pour détention d'images pédocriminelles
-
Violences urbaines: Darmanin demande à la justice d'informer les "employeurs des pilleurs"
-
Le typhon Champi secoue Taïwan
-
Iran : huit hauts diplomates d'Europe et du Moyen-Orient à Istanbul
-
Tirs dans les Yvelines : un mort et des blessés, le tireur soupçonné de racisme
-
Venezuela : la précarité des quartiers riches au révélateur des séismes
-
En Inde, des écoles françaises mitonnent l'élite de la gastronomie
-
Macron reçoit les lycéens avant de rendre visite aux forces de l'ordre
-
Le premier long métrage généré par IA en Chine sort en salles
-
Wall Street ouvre en baisse, entre questionnements sur l'IA et hausse du pétrole
-
Sept ans après leur "bromance", Trump toque à nouveau à la porte de Kim
-
"Tout le monde s'en fout" : à l'Assemblée, le spleen budgétaire bat des records
-
Tempêtes météo et tempêtes sociales : perturbations dans les transports publics vendredi et ce week-end
-
Safran s'envole avec son moteur phare Leap et muscle ses usines militaires
-
Deux soldats israéliens tués en Cisjordanie, Netanyahu annonce une opération militaire majeure
-
L'Assemblée rejette à la quasi-unanimité le budget de la "Sécu", qui part au Sénat
-
Meghan "bouleversée" par des accusations visant son père de détention d'images pédocriminelles
-
La championne du monde du marathon Peres Jepchirchir suspendue provisoirement pour dopage
-
Ligue 1 : des chocs en altitude, PSG-OL reporté
-
Macron en première ligne avec les lycéens et les forces de l'ordre
-
Fibre Excellence : pas d'offre de reprise déposée, mais syndicats et région restent confiants
-
Dopage à l'EPO: la championne du monde du marathon Peres Jepchirchir suspendue provisoirement
-
Plombé par la concurrence chinoise, Volvo Cars dans le rouge réduit encore ses effectifs, l'action s'effondre
-
Tempête Austen : 288.600 foyers sans électricité, 23 départements en vigilance orange
-
Netanyahu ordonne le bouclage de la Cisjordanie après une attaque à l'approche des élections en Israël
-
371 livres écrits en 20 mois avec l'IA : l'autrice Coral Hart défend son oeuvre sous une pluie de critiques
-
Ski alpin: le Cirque blanc fait son retour à Sölden
-
Les droits de douane de Trump laissent un goût amer au vin californien
-
Serbie : les "étudiants" veulent bousculer le pouvoir aux législatives anticipées
-
Législatives en Serbie : les étudiants espèrent renverser le parti au pouvoir
-
Fibre Excellence: pas d'offre de reprise déposée mais un repreneur portugais sur les rangs
-
Législatives en Serbie : l'heure de vérité approche pour le mouvement étudiant
-
Mort de Jean-Paul Huchon, figure rocardienne et de l'Île-de-France
-
Netanyahu ordonne le "bouclage" de la Cisjordanie après une attaque, "opérations antiterroristes" en cours
-
"Pas d'électricité, pas de vote": en Afrique du Sud, l'ANC face à la tentation du vote sanction
-
A Kiev, sauts et pirouettes sur glace en dépit des alertes aériennes
-
F1 : Hadjar réalise une "saison extraordinaire", affirme Mekies à l'AFP
-
"Perdu père et mère": en RDC, Ebola fait des centaines d'orphelins
Dix jours après les feux, tristes vendanges dans le vignoble varois
Délicatement, il cueille une grappe de raisin entre les feuilles roussies, et reste un temps muet devant les baies desséchées. C'est le premier jour de vendange à Correns (Var), et la première fois que Christophe Gregori foule sa parcelle depuis l'incendie qui a embrasé la commune.
"Je n'avais pas le courage de revenir. Aujourd'hui encore, quand je roule, j'évite de regarder le paysage", confie le vigneron qui estime avoir perdu 20% de ses 25 hectares de vignes. Certains ceps devront être arrachés, d'autres reverdiront - peut-être - au printemps.
Sur le coteau de tuf calcaire, typique de cette région viticole de Provence, les pieds de grenache sont alignés, certains ne portant plus que la rafle (squelette) des grappes. Là où restent des baies, "on dirait du raisin de Corinthe !", soupire-t-il.
Déclaré "fixé" le 7 août, après 18 jours de lutte, le feu dans le massif du Gros Bessillon a brûlé plus de la moitié de la superficie de Correns, village de moins de mille habitants et le premier de France à s'être converti collectivement au bio il y a 30 ans.
"Il y avait des flammes de plus de 50 mètres de haut, des vents tourbillonnants, c’était apocalyptique", raconte M. Gregori qui a aussi perdu "quasiment tous" ses oliviers.
Seul motif de satisfaction: "la vigne a joué son rôle de pare-feu et protégé le village. Sans elle, tout aurait brûlé", assure-t-il.
- Pas de rouge -
Le jour n'est pas encore levé et les tracteurs aux remorques chargées de raisin circulent avec prudence dans le village médiéval aux ruelles étroites. Ici, on vendange traditionnellement la nuit pour préserver les arômes des rosés et blancs qui font la réputation de Correns.
La cave coopérative a ouvert à 03H00. Chaque benne y déverse ses 4 à 5 tonnes de raisin dans l'égrappoir qui trie rafles et feuilles.
Sur une petite table, s'étalent pain, cochonnailles, fromages et vin. Mais "on est tous un peu noués", confie Christophe Gregori.
"On devait attaquer les vendanges la semaine dernière mais l’ambiance n’y était pas: c’était trop près de l’incendie", explique Fabien Mistre, président de la Cave coopérative, au volant d'une vendangeuse tous feux allumés, en face de collines calcinées.
"Globalement, on n'a pas eu trop de vignes brûlées. Mais restait le risque de goût de fumée, alors on a tout fait analyser et les oenologues nous ont dit que finalement, les taux étaient faibles et qu'on pourrait traiter si besoin, au charbon".
"Par précaution, on vinifiera à part les vignes qui étaient proches du feu", et surtout, "on a décidé de ne pas faire de rouge cette année, la fermentation pelliculaire pouvant apporter un goût de fumée".
Pour les blancs et rosés, le pressage sera aussi "plus léger, ce qui améliorera encore leur qualité", assure-t-il, évoquant "un millésime magnifique" grâce aux pluies de l'hiver et du printemps, suivies d'un fort ensoleillement.
- Evolution "ahurissante" du climat -
Propriétaire du réputé domaine des Aspras, Michaël Latz, 76 ans, n'a pas d'inquiétude sur la qualité de la récolte. "L'incendie a été tellement violent que les fumées ont monté très fort. Les raisins ont baigné très peu de temps dedans", assure cet agronome de formation qui fut maire de Correns pendant 25 ans, et à l'origine de sa conversion en bio.
Néanmoins, "l'ambiance est lourde, empreinte de tristesse. On a vu l’écrin vert dans lequel on vivait partir en fumée. Et cette vendange commence pratiquement 15 jours avant celle de l'an passé, déjà précoce".
"On est dans une évolution du climat ahurissante ! Quand j'avais 20 ans, on ramassait les raisins début octobre. Aujourd'hui, on vendange le 15 août. Ça avance à une vitesse phénoménale et le changement climatique nous impacte d'une manière très violente", insiste-t-il, soulignant la nécessité de "repenser l'aménagement des massifs forestiers et soutenir de nouvelles formes d'agriculture".
Les yeux fixés sur ses chaussures - "la quatrième paire en 16 jours de feu" -, Christophe Gregori ne veut surtout "pas passer pour un pleureur".
A 60 ans, "les coups durs, on connaît. Le gel, la grêle, c’est intégré dans le métier. Mais, avec le feu, on ne sait pas où on va, on ne connaît pas l'impact financier, si les vignes vont repartir".
"C’est la première fois que je commence des vendanges en ayant hâte que ça se termine. Où qu'on regarde, c'est triste à tous les niveaux (...) Les gens de ma génération ne reverront plus leurs paysages".
S.Leonhard--VB