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Les "No-G7" déferlent dans les rues de Genève avant le sommet d'Evian
A la veille du G7 à Evian en France, des milliers de personnes manifestaient dimanche à Genève à l'appel de la coalition "No-G7" sous étroite surveillance des forces de l'ordre.
Le cortège, rassemblant sous une forte chaleur une foule bigarrée de plusieurs milliers derrière divers slogans anticapitalistes, propalestiniens, féministes, proclimat ou prokurdes, a pris le départ peu après 15h30 (13h30 GMT) sur les bords du Léman.
Une heure après, les manifestants étaient environ 15.000 selon des journalistes de l'AFP, avec en fin de cortège, une voiture arborant une caricature géante de Donald Trump, de la peinture rouge coulant de ses yeux et de sa bouche.
"Je suis là parce que je ne suis pas content que ce groupe de chefs d'État se réunissent ici pour prendre des décisions qui concernent nous tous", a déclaré à l'AFP Michel, retraité suisse de 69 ans arborant un drapeau palestinien.
Des journalistes de l'AFP ont vu une voiture Tesla brûler, non loin du cortège, et des pompiers tentant d'éteindre l'incendie.
La coalition, qui regroupe environ 200 associations, organisations et syndicats, a appelé à une "riposte internationaliste" aux politiques promues par le G7 et à dénoncer "le fascisme et l'impérialisme".
"Il faut manifester, être là avec les gens, montrer qu'on est présents, pour faire entendre notre voix (...) Il faut dire à toutes les personnes qui sont là en face qu'il faut qu'ils changent, ça va pas, si on continue comme ça, on court à la catastrophe", clame de son côté Lisa, étudiante de 25 ans à Morges, près de Lausanne, en pointant du doigt la rive sud du lac, où est située Evian.
Après avoir rencontré dimanche à Nice le Premier ministre indien Narendra Modi, Emmanuel Macron est attendu dans la soirée à Evian, où le président américain doit arriver lundi.
Les autorités suisses, qui ont autorisé la marche à Genève, ont engagé un important dispositif de forces de l'ordre autour de nombreuses barrières pour contenir tout débordement, et éviter une répétition du fiasco de 2003.
En marge d'un sommet du G8, déjà dans la station thermale française, des groupes violents avaient alors provoqué émeutes, pillages et affrontements avec les forces de l'ordre à Genève et Lausanne, causant des millions de francs de dégâts.
Signe d'un traumatisme encore bien présent dans les esprits genevois, de nombreux commerçants se sont barricadés cette semaine et des plaques de bois aggloméré ornent de nombreuses vitrines dans la ville lacustre, y compris dans des quartiers éloignés du tracé de la manifestation.
De nombreuses manifestations et compétitions sportives ont été annulées et les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) ont même pris des dispositions exceptionnelles pour faire face à un éventuel afflux de blessés, avec notamment des tentes installées devant l'entrée de l'enceinte.
"Je comprends la peur qui est créée par des autorités qui ont fait monter les messages d'anxiété et d'angoisse, (mais) le risque il n'est pas là, le risque c'est les casseurs du G7 qui seront à Evian", assure Laura, 38 ans, du collectif No-G7.
De son côté la police genevoise a annoncé dimanche dans un communiqué avoir saisi, aux abords du parcours de la manifestation, des objets potentiellement dangereux tels que des engins pyrotechniques, des boules de pétanque, des matraques, ou des haches.
- "Il faut se réveiller" -
En 2003, des dizaines de milliers de militants s'étaient retrouvés dans la région, mais cette fois les altermondialistes français ont renoncé à un projet de contre-sommet et à une manifestation dimanche dans la ville frontalière d'Annemasse, refroidis par les conditions d'organisation drastiques imposées par les autorités.
Une rigidité regrettée par les militants suisses, qui ont abrité ce week-end un "contre-sommet" altermondialiste dans des bâtiments associatifs de Genève.
"Message à M. Emmanuel Macron: c'est scandaleux dans votre pays que la liberté des populations soit autant réprimée (...) Le pouvoir de manifester - il faut se réveiller - il est hyper important et en France la population n'est pas libre de manifester dans des bonnes conditions. C'est ça qu'on regrette", a réagi dimanche Laura, des "No-G7".
Le sommet se tient à Evian de lundi à mercredi, mais la plupart des dirigeants arriveront lundi par l'aéroport de Genève avant d'être transférés vers la France.
La Suisse mobilise jusqu'à 4.000 militaires en appui aux forces de police, alors que la France a annoncé près de 16.000 policiers, gendarmes, militaires, pompiers et garde-frontières déployés autour de la ville thermale.
Parmi les mesures de sécurité mises en place côté suisse, figurent un contrôle accru des frontières et la fermeture de 25 des 35 points de passage routiers dès jeudi soir.
E.Burkhard--VB