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La défense de l'ex-président brésilien Bolsonaro réclame son acquittement
La défense de Jair Bolsonaro a réclamé mercredi devant la Cour suprême du Brésil l'acquittement de l'ex-président, qui encourt jusqu'à 43 ans de prison pour tentative présumée de coup d'Etat, une affaire au coeur d'une crise avec les Etats-Unis.
"L'acquittement est absolument indispensable pour que nous n'ayons pas notre version de l'affaire Dreyfus", a déclaré l'avocat Paulo Cunha Bueno.
Il faisait référence à la retentissante erreur judiciaire qui a marqué l'histoire de France, dressant un parallèle entre son client, capitaine de l'armée brésilienne à la retraite, et le capitaine juif de l'armée française qui avait été accusé à tort de haute trahison au profit de l'Allemagne.
Le verdict de ce procès historique est attendu la semaine prochaine pour l'ancien chef de l'Etat de 70 ans, au pouvoir de 2019 à 2022, et ses sept co-accusés, parmi lesquels d'anciens ministres et militaires haut gradés.
Lors de la prochaine audience, prévue mardi 9 septembre, les cinq juges vont commencer à voter pour décider de condamner ou d'acquitter les accusés d'ici au vendredi 12.
Le parquet accuse l'ex-président d'extrême droite d'être le chef d'une "organisation criminelle armée" ayant conspiré pour son "maintien autoritaire au pouvoir" quel que soit le résultat de l'élection de 2022, qu'il a finalement perdue face au président actuel de gauche Luiz Inacio Lula da Silva.
- "Exécution publique" -
Déjà inéligible jusqu'en 2030, Jair Bolsonaro clame son innocence et se dit victime d'une "persécution politique", à un peu plus d'un an de la présidentielle de 2026.
Il n'a pas assisté aux audiences cette semaine, car il est "affaibli" en raison des séquelles d'un attentat à l'arme blanche subi en pleine campagne électorale en 2018, selon ses avocats.
Assigné à résidence depuis début août, il porte un bracelet électronique et se voit interdit d'utiliser les réseaux sociaux en raison de soupçons d'entrave à son procès.
Des soupçons liés notamment au lobbying de son fils Eduardo, depuis les Etats-Unis. Ce dernier a mis entre parenthèses son mandat de député pour faire campagne en faveur de son père auprès des autorités américaines.
Dénonçant une "chasse aux sorcières" contre son allié, le président américain Donald Trump a imposé depuis le 6 août une surtaxe punitive de 50% sur une part des exportations brésiliennes.
Eduardo Bolsonaro a qualifié, mercredi sur la plateforme X, le procès de son père d'"exécution publique" ayant pour but d'"exterminer un adversaire politique".
- "Aucune preuve" -
Selon le parquet, le supposé projet putschiste, qui incluait un décret d'état de siège et un plan pour assassiner Lula avant son installation, n'a pas abouti faute de soutien du haut commandement militaire.
M. Bolsonaro "n'a jamais porté atteinte à l'état démocratique de droit", a rétorqué l'avocat Paulo Cunha Bueno.
Pour Celso Vilardi, autre membre de sa défense, "il n'y a aucune preuve qui relie" l'ex-président à ce projet d'assassinat. Pas plus, selon lui, qu'aux émeutes du 8 janvier 2023, quand des milliers de ses sympathisants ont pris d'assaut les lieux de pouvoir à Brasilia, une semaine après l'investiture de Lula.
Dans leur plaidoirie, les avocats ont fustigé les "innombrables contradictions" des témoignages de son ancien aide de camp, Mauro Cid, qui a noué un accord de collaboration avec la justice, dans l'espoir d'une remise de peine.
En cas de condamnation, la défense aura cinq jours pour présenter un recours, a expliqué à l'AFP Thiago Bottino, professeur de droit pénal à la Fondation Getulio Vargas, un pôle universitaire.
Il ne pourra pas être incarcéré avant épuisement des recours.
Mais ses alliés misent surtout sur l'approbation au Parlement d'une amnistie pour lui éviter la prison.
"Forts de plus en plus de soutien, nous allons oeuvrer pour une amnistie générale et sans restriction", a déclaré mardi le sénateur Flavio Bolsonaro, un autre fils de l'ex-président.
"Si cette loi est approuvée, elle sera censurée par Lula ou annulée par la Cour suprême", a affirmé mercredi à l'AFP le député de gauche Lindbergh Farias.
B.Wyler--VB