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Le bilan s'alourdit après le séisme en Afghanistan, plus de 900 morts
Plus de 900 personnes ont péri dans le séisme ayant frappé l'est de l'Afghanistan, où les opérations de secours se poursuivent tandis que les soignants tentent d'aider et de réconforter ceux qui ont tout perdu.
D'une magnitude 6 et suivi d'au moins cinq fortes répliques, le tremblement de terre a touché au coeur de la nuit de dimanche à lundi des zones reculées dans les provinces montagneuses de Nangarhar, Kounar et Laghman.
La quasi-totalité des victimes ont été recensées dans la province de Kounar, a précisé Mohammed Hamad, porte-parole de l'Autorité de gestion des catastrophes, tandis que la province voisine de Nangarhar compte une dizaine de morts.
D'après lui, le bilan, qui fait état également de plus de 3.000 blessés, pourrait encore s'alourdir, alors que les recherches se poursuivent dans les villages montagneux réduits à des tas de décombres.
"Il faut nous aider", plaide Akhlaq, 14 ans, depuis le lit d'hôpital à Jalalabad, chef-lieu de Nangarhar où il a été transporté par hélicoptère. Au moment du séisme, ils étaient dix dans la maison familiale.
"Deux de mes frères, mon oncle et deux de mes neveux sont morts, les quatre autres membres de ma famille sont maintenant sans-abri et n'ont ni nourriture, ni eau", dit-il à l'AFP.
Le chef de l'Autorité de gestion des catastrophes de la province de Kounar, la plus dévastée, Ehsanullah Ehsan, assure que "les opérations ont continué toute la nuit".
- "Devoir d'aider" -
"Grâce à la mobilisation de nos employés et d'habitants venus des districts alentours, les recherches n'ont pas cessé", affirme-t-il à l'AFP, alors que les secours peinent encore à approcher certains villages coupés du monde par des glissements de terrain.
"La priorité est d'aider les blessés, puis nous distribuerons des tentes et des repas chauds aux sans-abris", ajoute M. Ehsan.
Depuis plus de 36 heures, des dizaines d'habitants des villages de Wadir et de Mazar Dara, sur les coteaux verdoyants de Kounar, déblayent à la pelle ou à la main ce qu'il reste des maisons écroulées.
Oubadullah Stouman a accouru à Wadir de son village à la lisière du Pakistan, plus à l'est, pour obtenir des nouvelles de ses proches.
"Ici, les gens sont pauvres, c'est notre devoir de les aider", dit à l'AFP cet Afghan de 26 ans, lui-même sorti brutalement de son sommeil par le séisme, mais dont le village n'a pas été touché.
A Wadir en revanche, "il n'y a plus que des pierres, je ne sais même pas comment décrire cela, c'est très, très dur à voir", lâche-t-il, la gorge nouée.
Partout alentours, après des prières funéraires, des rangées de corps, parfois d'enfants, enveloppés dans un linceul blanc conformément au rite musulman, sont mis en terre.
- Aide internationale -
Des hélicoptères militaires poursuivent leur ballet vers les zones sinistrées, acheminant de l'aide et évacuant morts et blessés.
L'épicentre du tremblement de terre a été localisé à 27 km de Jalalabad, à seulement huit kilomètres de profondeur, ce qui explique le lourd bilan et l'étendue des dégâts.
L'Afghanistan, dont les autorités talibanes ne sont reconnues que par Moscou, est l'un des pays les plus pauvres du globe.
Les agences onusiennes ont toutes lancé des campagnes d'appel au don et un montant initial de cinq millions de dollars a été débloqué du fonds mondial d'intervention d'urgence de l'ONU.
Londres, de son côté, a annoncé débloquer un million de livres pour aider au soutien des familles touchées.
L'Afghanistan est fréquemment frappé par des tremblements de terre, en particulier dans la chaîne montagneuse de l'Hindou Kouch, près de la jonction des plaques tectoniques eurasienne et indienne.
Depuis 1900, le nord-est de ce pays a connu 12 séismes d'une magnitude supérieure à 7, selon Brian Baptie, sismologue au British Geological Survey.
Après leur retour au pouvoir en 2021, les talibans ont été confrontés à un autre séisme d'ampleur: en 2023, dans la région d'Hérat, à l'autre extrémité de l'Afghanistan, à la frontière avec l'Iran, plus de 1.500 personnes avaient été tuées et plus de 63.000 habitations détruites.
Ce tremblement de terre de magnitude 6,3 avait été le plus meurtrier dans ce pays en plus de 25 ans.
F.Fehr--VB