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Israël, sous les critiques, se défend d'être responsable de la pénurie de nourriture à Gaza
Israël s'est défendu mercredi d'être responsable de la pénurie de nourriture dans la bande de Gaza et a accusé le Hamas d'avoir provoqué une crise humanitaire, en réponse aux critiques d'organisations internationales sur "une propagation de la famine" dans le territoire.
Israël fait face à une extrême pression internationale pour mettre fin aux souffrances des plus de deux millions d'habitants du territoire palestinien, soumis à un blocus qui les prive d'une aide humanitaire vitale.
Mercredi, la Défense civile a annoncé la mort de 17 personnes parmi lesquelles une femme enceinte dans des frappes israéliennes, tandis que l'armée a affirmé avoir bombardé des dizaines de "cibles terroristes".
Les Etats-Unis ont par ailleurs annoncé une nouvelle mission de leur émissaire, Steve Witkoff, pour discuter d'un couloir humanitaire.
"C'est la souffrance pour nourrir mes enfants. Je risque ma vie pour leur apporter un sac de farine", a raconté Mohamed Abou Jabal, un déplacé à Beit Lahia, dans le nord de Gaza. "Nous sommes en train de mourir, ayez pitié de nous, nous voulons manger", a-t-il ajouté.
Des dizaines de Palestiniens couraient derrière un camion chargé de sacs de farine, selon des images de l'AFP, avant que des hommes montent à bord et s'emparent de sacs ou se les arrachent.
"Nous dormons l'estomac vide, nous avons faim!", a lancé un autre Palestinien.
Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a affirmé mercredi qu'une "grande proportion" de la population de Gaza "mourait de faim".
Pour la France, le "risque de famine" à Gaza est "le résultat du blocus" imposé par Israël.
- 4.500 camions selon Israël -
Mardi, un hôpital de Gaza a affirmé que 21 enfants étaient morts de malnutrition ou de faim en 72 heures.
"Alors qu'une famine se propage à Gaza, nos collègues et les personnes que nous aidons dépérissent", ont déclaré conjointement une centaine d'ONG parmi lesquelles Médecins sans frontières, Médecins du monde, Caritas, Amnesty international et Oxfam international, en appelant à un cessez-le-feu immédiat et à l'ouverture de passages pour l'aide.
"Juste à l'extérieur de Gaza, dans des entrepôts, et même à l'intérieur, des tonnes de nourriture, d'eau potable, de fournitures médicales, de matériel d'hébergement et de carburant restent inutilisées, les organisations humanitaires étant empêchées d'y accéder ou de les livrer", ont-elles ajouté.
Le gouvernement israélien s'est défendu en affirmant qu'il n'était pas responsable de la pénurie de nourriture.
"A Gaza aujourd'hui, il n'y a pas de famine causée par Israël", a déclaré son porte-parole, David Mencer. "Il s'agit d'une pénurie provoquée par le Hamas", a-t-il ajouté, en accusant le mouvement d'empêcher la distribution et de piller l'aide.
Le Hamas a toujours rejeté de telles accusations.
L'armée israélienne a nié bloquer l'aide humanitaire et affirmé que 950 camions se trouvaient à Gaza et attendaient que les agences internationales distribuent leurs cargaisons.
Le Cogat, un organisme qui dépend du ministère israélien de la Défense, a affirmé que près de 4.500 camions étaient entrés récemment à Gaza, transportant de la farine et des aliments pour bébés et enfants.
Mais, selon lui, "la collecte de l'aide (par les organisations internationales) a baissé de manière significative" depuis un mois.
- Witkoff en Europe -
Dans ce contexte, M. Witkoff se rend cette semaine en Europe et pourrait ensuite aller au Moyen-Orient, selon des responsables américains.
Son objectif est de parvenir à "un nouveau cessez-le-feu, ainsi qu'à un couloir humanitaire pour l'acheminement de l'aide" à Gaza, d'après le département d'Etat.
Lancées début juillet, de nouvelles négociations indirectes entre Israël et le Hamas sur une trêve n'avancent pas. Israël veut chasser le Hamas de Gaza et en prendre le contrôle. Le mouvement palestinien réclame le retrait israélien de Gaza et l'arrêt de la guerre.
L'attaque menée par le Hamas en Israël le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre, a entraîné du côté israélien la mort de 1.219 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de données officielles. Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 49 restent otages à Gaza, dont 27 ont été déclarées mortes par l'armée.
En riposte, Israël a lancé une offensive à Gaza qui a coûté la vie à 59.219 personnes, majoritairement des civils, selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l'ONU.
B.Baumann--VB