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"Maman, qu'est-ce qu'il se passe?": à Los Angeles, des familles traumatisées par les incendies
Alors que les flammes se rapprochaient dangereusement et que de la fumée s'infiltrait dans sa maison de Los Angeles, Zahrah Mihm a tenté de réveiller calmement ses deux enfants au beau milieu de la nuit.
"Il faut qu'on y aille mon chéri. Nous partons pour une chouette aventure", a-t-elle murmuré à Ethan, son garçon de 4 ans, tout en attrapant son bébé de 18 mois, avant de quitter sa maison du quartier d'Altadena.
Le secteur a depuis été totalement dévasté par l'incendie et au moins 17 personnes sont mortes dans cette seule localité.
Un traumatisme pour toutes les familles évacuées, notamment pour celles comptant des enfants en bas âge, dont beaucoup cherchent désormais désespérément des couches, du lait maternisé et des vêtements.
Elles doivent aussi trouver un moyen d'expliquer la catastrophe à leurs enfants qui, sans bien comprendre la gravité de la situation, ont senti l'affolement de leurs parents.
"Quand nous nous sommes réveillés en panique à quatre heures du matin, il tremblait de peur", se souvient Mme Mihm, en parlant de son fils. "Je lui ai demandé: +Tu as froid?+, et il m'a répondu: +Non maman, qu'est-ce qu'il se passe? Pourquoi il y a du feu?+"
La famille Mihm est hébergée chez des amis, après avoir eu du mal à trouver un hôtel.
Pour tenter de préserver son fils, Zahrah lui a présenté le centre de dons, où ils se sont rendus lundi à la recherche de draps propres et de couches, comme "une super fête amusante", pleine de monde, de jouets et de nourriture.
"J'essaie de lui faire oublier ce qui se passe et de lui dire: +Tout va bien. Notre maison a eu un petit bobo, mais on va la réparer. Tout va bien se passer"+, raconte-t-elle, encore chaussée avec les pantoufles qu'elle portait lorsqu'elle a dû en partir précipitamment à cause du feu, la semaine dernière.
- "Traumatisée" -
Situé près d'Arcadia, au nord-est de Los Angeles, le centre a reçu tellement de dons que certains ont dû être refusés. Les produits pour bébé y sont cependant une denrée rare.
"Nous avons désespérément besoin de couches", explique Kellie Krievs, une directrice de la communication de 38 ans, qui s'est portée volontaire pour cette opération improvisée sur le parking d'un hippodrome.
"La première chose que beaucoup de gens demandent, ce sont des couches et du lait maternisé", assure-t-elle.
La santé mentale est un autre sujet de préoccupation.
"Les enfants ne vont pas bien", affirme Chessa Latifi, responsable au sein d'une ONG humanitaire.
"Ils se comportent différemment et sont stressés. Ils savent que leurs amis ont perdu leur maison et que leur école est fermée", explique Mme Latifi, qui encourage les parents à maintenir un semblant de normalité, en organisant par exemple des rencontres avec des amis.
"La ville entière a été traumatisée, que votre maison ait brûlé ou non", ajoute-t-elle.
Heureusement pour la famille Mihm, leur maison n'a été touchée qu'en partie.
Mais ils ne peuvent toujours pas rentrer chez eux: il n'y a pas d'électricité, des lignes électriques pendent dangereusement autour de leur domicile et des soldats de la Garde nationale bouclent la rue.
"Nous allons bien. Nous sommes juste bouleversés, c'est tout", assure Mme Mihm.
M.Schneider--VB